On se réveille dans la grande maison belle, et avant de frapper la route Jaques, Manu me propose d’aller à Niigita, la grande ville à coté.
Au Japon, il y a des grandes rues couvertes et commerçantes avec tout un tas de magasins. Niigita en possède une.
L’année dernière, on avait fait des super trouvailles, alors l’idée semble bonne.
Mais avant ça, mission number one : repartir en quête du médicament magique.
Ça a failli mal commencer, avec la même saucisse que la veille « Ah non pas possible, faut une prescription, on n’a pas de pharmacien, bla-bla » (mais en version sympa en vrai)
Une jeune personne me donne un autre nom de magasin/drugstore.
Je me pointe, déjà lassée par l’échec à venir. Mais oh ! Un pharmacien ! Coiffé comme Doc dans retour vers le futur ! Il a une voix douce et trop sympa ! Il me montre un panier plein de médicaments ! Je peux choisir ! C’est bizarre ! Mais c’est pas grave ! Je vais aller mieux !
J’en profite pour demander de la crème pour mon allergie au soleil. Il a ça aussi en magasin. Rhololo. Génial.
Niigita :
On démarre la balade, je choppe un matcha délicieux, mais après j’ai envie de faire pipi (infection, tout ça). On marche un peu vite. On trouve la rue couverte, il y a effectivement des magasins, mais y’a pas foule.
Explication rapidement trouvée. C’est mercredi, et c’est le jour de fermeture. Boooooon baan tant pis.
On quand même un petit tour, histoire de trouver à manger et des toilettes pas forcément dans cet ordre là.
Onigiri sashimi, c’est surement un sacrilège, mais tant pis.
Allez, c’est parti, la route est longue aujourd’hui.
Comme d’habitude, tout est ponctué de konbinis, de pause clopes (mais pas trop pas trop) pour Manu et de recherche de cartes pokemons. On a du mal à les attraper toutes. Y’en a quasi nulle part, et les achats limités à 3 paquets par personne. C’est pas à ce rythme qu’on va remplir nos valises de 23kgs.
On tombe sur une aire où de grosses statues d’une bestiole rouge mystérieuse trônent un peu partout.
Dans la boutique, des tas de trucs avec l’animal, même les gachapons, la bouffe, tout. Y’a des chips de cheval aussi, j’en achète, parce que pourquoi pas, même si ça n’a rien à voir
Mais la bestiole rouge, c’est un boeuf.
Histoire de l’Akabeko (internet) @ :
akabeko (赤べこ) signifie littéralement « vache rouge » en japonais (aka pour rouge et beko pour vache dans le dialecte d’Aizu). C’est une figurine traditionnelle en papier mâché originaire de la région d’Aizu (préfecture de Fukushima), célèbre pour sa tête montée sur ressort qui oscille au moindre mouvement.
Origine et Légende
- La construction du temple : Au IXe siècle, lors de la construction du temple Enzō-ji, une véritable vache rouge serait apparue pour aider les ouvriers à transporter de lourdes charges.
- L’hommage : L’animal serait resté dévoué au site jusqu’à la fin, inspirant le respect et devenant le symbole d’une profonde dévotion spirituelle.
Symbolisme et Vertus
- Porte-bonheur de santé : Elle est traditionnellement offerte pour protéger les enfants contre les maladies, en particulier la variole et les épidémies, la couleur rouge étant associée dans les croyances populaires à la protection contre le mal.
- Résilience et courage : En raison de son histoire liée aux efforts de reconstruction et aux épreuves traversées par la région, l’akabeko incarne la force, la persévérance et la capacité à se relever face à l’adversité.
Après ce « Voyageons en apprenant « , on regarde l’heure.
OH BON SANG ! ÇA VA ÊTRE L’HEURE DE FERMETURE DES BRASSERIES DE SAKE ! OHLALALA COMMENT ON VA FAIRE ?
Y’en a une à 450m. Vraiment, Japon, t’assures (pas toujours en infection urinaire, mais carrément en saké).
Petite boutique mignonne. Un monsieur adorable nous accueille. Et il parle anglais incroyablement super. Sa brasserie a 200 ans. Il est la 15ème génération.
Il nous raconte qu’ici, en hiver, il fait très froid, il peut y avoir 2m de neige. C’était pour nous dire que quand il fait froid, brasser du saké, c’est très bien ^^
Il nous parle du riz, c’est un producteur de la région, et l’eau est délicieuse ici. C’est un joyeux combo.

Il propose qu’on goûte. Manu est toujours l’unique conducteur, alors encore une fois, je me dévoue. Rhalala.
MmmMmmmmm ! C’est bon délicieux. Deux bouteilles, merci bisous. On cause encore un peu, on lui raconte le salon du saké à paris. On explique qu’en France, les gens connaissent mal, mais qu’avec d’autres amis, c’est notre mission de faire découvrir. Le monsieur nous trouve super et nous remercie de propager la bonne parole. Il nous accompagne dehors pour dire au revoir.
On arrive dans la région de notre logement du soir. On dort dans un ryokan (en vrai, un ryokan, c’est une auberge traditionnelle, mais là, c’est quand même plutôt un hôtel, mais y’a un onsen, et un diner ryokan).
Le GPS change soudainement d’itinéraire. Manu dit « Oh t’as vu, ça a changé d’itinéraire. » Comme j’ai une confiance aveugle en Google Maps, je dis « Boh, ok ».
Ça fait des lacets de montagne. De la verdure pousse entre les interstices de route fendue. Peu de passage…
On grimpe et on perd tout signal. Il faut quitter la route principale et tourner à droite, mais la route est barrée. De plus, cette route annoncée, c’est plutôt un chemin qui descend raide à flanc de montagne. De plus, à l’entrée de cette route, un panneau avec un ours pas content dit qu’ici les ours sont pas contents. OK OK. Je tente de remettre l’adresse du ryokan. Mais ça capte pas. Mais alors, pas du tout. Je refresh mon absence de réseau fébrilement. Il faut prendre une décision, On avance ou on demi tour ?
On avance (j’étais mitigée).
La route est jalonnée de panneau d’ours. Ils ont même pris la peine de traduire en anglais. Pourtant. oO
On est passé de l’autre coté de la montagne, ça descend sinueux. On guette les mouvement d’agressive bears au cas où. C’est long la route quand elle est fébrile.

Quand soudain, le signal revient !
Mine de rien, ça aura pris presque deux heures cette affaire.
On arrive dans un petit village étonnant. Des grands immeubles construits dans la montagne. Une rivière coule au milieu. Tout est étroit, et surtout, à part deux trois endroits, c’est très pourris, très vide, très tout pété.
Mais notre hôtel est un peu chic.
On est au 7ème étage. C’est très étrange car en face de la porte de notre chambre, on a vue sur les immeubles pourris et la fenêtre de notre chambre donne sur la forêt sauvage.
La chambre est grande, on pose nos affaires.
Manu descend fumer et m’envoie un message depuis le RDC « il y a un verre d’accueil ». Un mini verre de sake, c’est gentil. Ensuite, on va au restau, c’est 19H30.
On arrive, on tend notre petit bon pour le repas. Un jeune homme nous emmène dans une alcôve, on a une table pour nous tout seule. Nous attendent des Bento, avec du poisson crus, et de quoi faire un genre de fondue. On nous montre. Faut tout mettre dans le bouillon au lait. Poulet, légumes, champignons, tofu.
Il y a une tablette pour commencer à boire. Je choisis la dégustation de trois sakés. Une jeune fille oui amène un plateau avec trois verres, et me tend des papiers avec des QR code. Elle nous fait des grands gestes pour nous inviter à aller dans la salle principale, ou il y a le buffet.
Oui parce que en plus de nos élégants plats, on a accès au buffet.
Un monsieur nous guide, il y a des DISTRIBUTEURS DE SAKE. Faut scanner le QR code, appuyer sur un bouton, et youpi, verre rempli. C’est du génie.
Le monsieur qui m’a aidé à remplir mes verres me tend sa main, alors je la serre. Sauf qu’il voulait juste récupérer le papier du QR code. Je me rends compte de mon erreur. Il rit nerveusement, moi aussi. Et après je n’ose plus sortir dans la pièce du buffet. Non mais n’importe quoi Sibylline.

On mange (un peu trop). Et ensuite, direction le onsen.
Côté femme, presque personne. Je me lave consciencieusement. Il y a un bain dans la pièce des douches, mais je vois un escalier qui descend…
La rivière est juste là. La forêt aussi. Et oui, là aussi il y a un bain. Sur la gauche, une courte cascade vrombit. Je me plonge dans l’eau chaude du onsen, et je me perds dans ce cadre magique. Quelle chance d’être là.
Manu est redescendu un peu plus tard, il n’y avait personne, alors il a truandé, et il a filmé pour montrer comme c’est beau.
Il m’a fait vérifier 10 fois qu’on ne le voit pas à poil dans un reflet. Je ne lui ai pas dit que si.
Haha, c’est pas vrai.
Et là, c’était déjà la nuit, alors on dort.
C’est pénible, les photos se sont encore mises dans le désordre


































