Jour 11 – Le jour des des huitres (De Kurobe à Niigita)
On se lève. On se bouscule pas (j’ai déjà dû écrire ça 45 fois sur ce blog je pense).
On a 200 bornes à faire, mais on essaye d’éviter les autoroutes parce que l’année dernière, ça avait été la mauvaise surprise de fin de voyage (aha : 350 euros de péages).
Mais avant ça, on passe au fish market, j’ai faim et ma gueule de bois n’aide pas (oui, jugez moi, j’irais en Enfer, super). Je me promène dans les étales. Il y a tant de mystères intrigants, mais j’opte pour le fastoche. Y’a un genre de bol, avec du crabe, du riz, et des pinces de crabe. Trop bien. Banco.
C’est 1080 yens (5,87 euros). Et allez. Je m’assoie à une table façon pique-nique avec des gens. En face de moi se pose un monsieur qui a dans son assiette la plus grosse huitre que j’ai jamais vue de ma vie. Il met un peu de sauce soja et gobe ça à la cool, comme si c’était une huître classique. C’est un peu comme gober une côte de boeuf. Je suis intriguée, j’ai envie, mais je me dégonfle parce que je sais pas comment demander.
Je mange mon truc, c’est si bon que je me dis qu’au lieu de manger un truc frit dans un konbini, je me reprends un bol crabe à emporter.
Je rajoute à mon panier un truc dans un emballage (j’ai vu des gens en manger) et un petit plateau de sashimi. YOUPI.
Youpi mais j’ai une infection urinaire (oui oui, je suis en très mauvais état, et je fais aussi une allergie au soleil. Manu va ptêt fini par m’abandonner sur une plage d’ici peu).
On démarre un périple qui aurait pu être celui de la maison qui rend fou des 12 travaux d’Asterix. On démarre par un drugstore. (Ils ont plein de magasins du genre : pharmacie, beauté, qui ressemble à un gros Franprix).
Mais aujourd’hui c’est férié, alors pas de pharmacien, et le médicament que est censé marcher, il faut une ordonnance. Elle nous envoie à une clinique. On arrive dans le batiment. Y’a personne. On attend. Ah si. En fait, c’’est pas la clinique, c’est la pharmacie de la clinique. Ok ok. On bascule dans un autre batiment, la dame de l’accueil lit mon traducteur, s’en va, revient, repart, elle a un potin, elle me montre un truc en japonais. Pour finalement nous accompagner sur le parking et nous montrer avec ses bras le chemin de l’hôpital….
Accueil de l’hôpital, un monsieur mou. Et là, la conversation par traducteur interposé surréaliste.
Je me mets rarement en colère dans le vrai monde. Mais là je vous jure, je bouillais, comme mes reins un peu. Les questions sont absurdes, il met un temps fou pour tout. RHAAAA.
On capitule face à tant de non-aide. On tente une clinique « pour femme », on sait jamais, sauf que c’est férié alors c’est fermé.
Tant pis je vais boire beaucoup d’eau et croiser les doigts pour trouver une solution demain.
Après ça, on enquille la route. La montagne dense à droite, la mer à gauche. On longe les dégradés de bleus et de verts. Et je somnole encore et beaucoup.
Les milans noirs sont un peu partout, quel chic animal.
Manu voit un parking avec des tas de gens, c’est peut-être une plage où se baigner (parce qu’on fait, y’en a pas des tas des plages à maillots de bain). Y’a un gros bâtiment, et derrière, une pelouse, la mer en contrebas et tout le monde mange.
On rentre dedans, y’a un supermarché, des vendeur de tas de trucs, un petit restau.
La traversée de ce mini centre commercial nous mène de l’autre coté de cet immeuble, où dans une cours, on voit PLEIN de poissonniers qui vendent des trucs à emporter.
LE truc, c’est la bassine de crabe que le gens mangent avec des gros ciseaux. Ça fait trop envie mais j’ai mon en cas de ce matin déjà. Pour une fois que je prévois…
Mais y’a des snacks à tester. Dont : LES GROSSES HUITRES
Manu se prend un genre de poisson frit et on va s’installer dans l’herbe.
On a les trucs achetés de ce matin + nos trouvailles. Festin !
Oh ! Et Manu m’a pris un ormeau grillé. Délicieux ! J’ai gardé la coquille (faut que je pense à finir de la laver, elle est présentement dans mon sac à main ^^)
Ces grosses huitres sont… si grosses. La poissonnière a mis un genre de vinaigre dessus. Et pour les manger (j’en ai pris deux, yolo), l’outil confié, c’est : un cure dent. Audacieux. Mais ok.
Je pique, et je fais glisser le bordel vers mon visage. Je croque. Oh wow. Moi qui aime les petits huitres à gober, là faut mordre, faut entamer. C’est laiteux.
Là je me dis que si la légende urbaine dit que les huitres soignent la gueule de bois, après avoir mangé ces deux-là, je répare toutes mes gueules de bois passées, et toutes celles à venir et celles de ta mère. Tant d’iode !
C’est bon, mais c’est « beaucoup ». Le lait d’huitre colle à ma bouche (oui oui allez, ayez des pensées sales, bande de coquinous). Faut mâcher. Qui a déjà marcher des huitres ? Il y a une texture autre, une densité, des couches.
Je répète : c’est bon. Mais c’est « oh wow ».
Manu pendant ce temps, mange son truc frit. C’est un peu le jeu des mille euros. Mais qu’est-ce donc ? Poisson ? Crabe ? Mmm ?
Je regarde son intérieur de panure et je dois lui annoncer : « Manu, ce sont des grosses huitres frites ». Le voilà tout déconcerté dis donc. Mais hé, tout ce qui est frit est délicieux. On termine nos repas balnéaire sympa et on poursuit la lancée vers le Airbnb du soir.
Pauses plages, konbini, boisson, infection urinaire, classique.
Le paysage est étonnant, c’est très en travaux, abandonné, vieillot, abimé. On traverse plein de petites villes où les magasins sont tout pétés. Des maisons recouvertes de végétations. Ici, les plantes gagnent sur tout. Ici, la nature ne reprend pas ses droits, elle les a jamais perdu.
On fait un stop dans un magasin « 2nd street » c’est du seconde main, et je trouve un sac à dos de randonnée pour ramener des trucs (on a droit à deux bagages de 23kgs chacun au retour). 18 balles : un affaire ma bonne dame.
On roule le long des rizières, la maison dans laquelle on dort ce soir a l’air pas mal. C’était super pas cher (51 euros). Probablement parce que très excentrée je sais pas. J’ai un peu hâte.
Quand on arrive. C’est au delà de toutes nos espérances. La maison est traditionnelle, immense, avec un jardin joli. On est seuls et on a accès a tout le RDC. Je vous fais voir (j’ai mis le jardin à la fin de la vidéo)
Je préviens le proprio par mail qu’on est arrivé. Il déboule en scooter et nous explique toute la maison à toute vitesse. C’est comme si Flash te faisait visiter un appartement. Il parle vite, a des gestes bref, efficaces, courts. Aussitôt arrivé, aussitôt reparti.
On se dit qu’on va profiter de la maison. On va au supermarché, on choppe du boeuf wagyu (oui bah oui maintenant, on est snob, on mange du wagyu le mardi soir). Petite salade de patates japonaise, des pickles, du kimchi, youpi. Et on a une bouteille de saké délicieuse achetée à Kurobe.
Gueuleton génial, il commence à être tard. On capitule face à la nuit.

































