Se réveiller sans avoir mal à la tête, c’est bien dis donc.
Manu va me chercher un café et des onigiris de petit-déjeuner. On range le bazar, on se lave les dents, on se douche, on est content, tout ça dans le désordre.
On va se diriger vers la mer, vers Noto aujourd’hui. On y passe deux nuits. J’espère aller me baigner. Je ne sais pas si on peut se faire manger par un requin. J’avoue que si je dois choisir, je préfère ça à l’ours. C’est plus propre.
Alors, les habitués savent, je vais souvent faire un tour avant de partir sur le site Atlas Obscura. On fait rarement tout ce que je trouve comme idioties à voir sur la route, et c’est moins évident de faire des détours au Japon qu’aux US.
Mais là j’ai répété un truc pas loin. Hanibe Cave. Ça dit qu’il y a des grosses statues. À priori, Je suis pas excitée à fond, mais Manu dit « Allez, on tente ? », d’un air pas convaincu, je dis « Meh… »
Mignonne petite route, on arrive sur un parking et devant nous : Une tête de bouddha géante. Si son corps est enterré en dessous, il doit avoir des super gros pieds.
On paye, c’est genre 3 balles.
On est en bas de ce que je pense être une montagne. Dans ce jardins, des… je cherche le mot… truc alignés, tous les mêmes, certains ont des offrandes. Dans ce jardin géant, des statues, d’hommes, d’animaux.
On entre dans une petite maison, et dedans, des centaines de petites statuettes vertes, avec des numéros. Un peu partout, des jouets, des habits pour enfants.
Je suppute la signification de tout ceci, mais je demande à internet pour vérifier, parce que j’espère avoir tort.
Oui, ce sont des statuettes pour des bébés morts, avortement, grossesses terminée trop tôt, ou décès peu après la naissance.
Ce sont des Mizuko Jizō.
Internet dit :
Protection céleste : Jizō cache les âmes des petits enfants dans les replis de son grand manteau pour les protéger des démons dans l’au-delà.
Accompagnement : Il sert de guide compatissant pour apaiser la douleur des parents en deuil.
Souvenirs et offrandes : Les statues portent souvent des petits bavoirs (kesa) et des bonnets en laine de couleur rouge, une couleur censée repousser les démons et la maladie.
Et des « chapelles » du genre (pareil je sais pas comment appelé ça) il y en a deux sur notre routée visite. Ce sont des milliers de statuettes et autant de chagrins.
Je continue de grimper, en laissant les statuettes derrière moi, j’ai l’alibi de la cheville pour chialer un peu.
Oui parce que ça grimpe encore. C’est notre truc en fait, grimper.
On arrive devant l’entrée d’une caverne. Au début, c’est encore bouddha, la paix, l’harmonie tout ça. Quand soudain, pour de vrai : les Enfers. On a ce qu’on mérite il parait.
Les statues s’enchainent toutes plues terrifiantes les unes que les autres. Des démons, des yeux arrachés, le jugement final (je sais pas comment on dit dans la religion qui nous entoure).
La caverne est humide. Je touche le plafond, et une sorte de moisissure s’agripper à mes doigts. Il y a quelques fougères qui s’agglutinent sur certaines statues. L’éclairage se fait parfois manger par ce mélange de plantes et de viscosité.
C’est assez bas, il faut parfois se courber pour avancer. C’est une ancienne carrière de pierre réhabilitée en musée d’art brut.
Les statues sont installées dans des alcôves, elles nous attendent dans les ombres de chaque couloir, de chaque virage.
À un moment, une famille nous dépasse avec des enfants petits. Je pense qu’ils ne sont pas déçus du voyage (on vient de passer une statue d’un homme qui tient son énorme pénis avec un air de souffrance. La symbolique est bien mais pas très kids friendly).
On se promène entre l’horreur et l’amour des autres. C’est très curieux, et très réussi. Des scènes de tortures, un démon qui broient des gens avec une roue dentée, un repas d’yeux et d’oreilles semblent réjouir de laids convives,
une femme qui vient d’accoucher condamnée à manger son enfant et à le remettre au monde en boucle pour le re bouffer, des membres arrachés, de la colère dans les regards, de la douleur dans d’autres.
Je vous mets une salve de photos de nos amis de cette étrange matinée à la fin de ce post.
On ressort par un petit passage en haut de quelques marches. On croie un crapaud et on redescend vers le grand bouddha. Des marches en pierre, inégales. Ce lieu est incroyable.
(Je ne vais pas vous coller toute l’histoire, mais ça s’appelle Hanibe caves, si vous voulez en savoir plus)
Bien joué Manu, c’était bien d’écouter cet élan d’impulsion de « Oh allez, c’est pas loin. »
On se remet en route vers une autre destination surprenante : l’espace.
Oui, car il y a un musée des fusées et des UFO sur la route. Wouhou !
Le musée est en forme de soucoupe volante. Je trépigne. Partout, les panneaux de signalisations ont été customisés avec des extraterrestres, je suis si réjouie.
À l’entrée de l’immense salle, ça démarre par des portraits de scientifiques de la Nasa, qui sortant de MIT et autres grandes écoles. On voit bien que c’est pour dire « Hé, c’est sérieux ici, même si on a mis des aliens dans les toilettes »
L’expo, ce sont des tas de fusées, satellites, capsules de l’espace, astronefs, avec des mannequins moches en combinaisons spatiales. Y’a des topos sur toutes, les réussites, les échecs. Des objets, vêtements avec des étiquettes pour dire que ce sont les vrais de vrais, qui sont allés dans l’espace et tout.
Est exposé aussi le disque qui a été envoyé dans l’espace, avec des photos, de la musique, des sons terrestres. C’est marrant d’écouter et regarder ce que des gens très importants ont choisi de partager avec les habitants de l’espace. C’est le Voyager Golden Record.
Quand on regarde les véhicules, on dirait vraiment des faux trucs construits par un zinzin dans le fond de son jardin. Qu’il a foutu du papier d’alu partout pour faire stylé et que clairement le truc va prendre feu à la minute où il va dépasser le premier nuage. Je ne comprends pas comment les astronautes ont pu monter dans ce engins sans se dire que ça serait leur cercueil bien plus que le lieu de leur triomphe.
Mais c’est super, tout ça. Je dévalise le gift shop. I WANT TO BELIEVE !
Allez ou, on se remet en route pour notre Airbnb du soir. Petit stop pour acheter du saké, puis du diner sur supermarché.
On est à Noto, on loge dans une vieille maison qui a résisté au séisme de 2024. C’est une petite dame mignonne qui nous accueille. Elle aussi, elle court un peu partout et parle vite vite pour nous montrer les trucs de la maison. Pareil on se pige pas super, mais on rigole beaucoup. Bien que là, le vocabulaire du quotidien fait sens pour Manu. Il est un peu content. Car il faut bien le dire, quand il essaye de dire des trucs en japonais, les gens répondent vite vite et font peu d’efforts pour que ce soit compréhensible.
On va faire un tour à la plage pour regarder le coucher de soleil. Parce qu’on est comme ça. On est surtout un peu con, parce qu’on est sur la côte est. Voilà. Alors on regarde la mer qui ne se couche pas du tout, et je trempe mes pieds, elle est bonne.
Après, on a été attaqué par un calamar géant. Mais ça va, on a pu se sauver.
On renter, on mange, et dodo un peu.






















































































































Euh c’est pas plutôt le pays du soleil levant🤣🤣🤣
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Comme quoi, on peut pas tout avoir 😀
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