Il est temps de dire au revoir à la vieille maison de Sonoko. Et surtout de dire au revoir à Sonoko, la mamie aux origamis mignons. On range tout, on mange nos sandwichs achetés la veille, c’est bon dis donc.
Sonoko est Manu discutent en japonais. Elle prend le temps pour les mots, elle laisse le temps à Manu de réfléchir aux siens. Elle nous demande où on va, où est-ce qu’on est allé. Je lui montre ma carte, elle fait beaucoup de Ooooh approbatifs. Elle veut faire une photo. Je demande un selfie, elle nous prend en photo plein de fois. On se marre en se disant des trucs en français anglais japonais. Mais Manu est fier, ça se voit. Elle lui dit que son japonais est super, elle est impressionnée par le petit mot que Manu a écrit en hiragana. On se salue, on se dit au revoir, plein de fois. Elle nous regardant partir comme une grand-mère qui dit au revoir à ses petits enfants à la fin des vacances d’été. Enfin, moi, ça m’a fait penser à ça.

On prend la route, on cherche de l’essence, la panique commence à grimper. On frôle la panne.
Mais ça va, un monsieur devant le Family Mart avec très peu de dents nous indique un chemin. Quand Manu lui montre l’urgence avec ce ce qu’il reste d’essence, le monsieur se fout bien de sa gueule. ^^
À la station, la gentillesse du pompiste. Ce sourire accueillant, le service si sympa.,On est même un peu gênés quand il passe un chiffon doux sur toutes nos vitres. Ici, on ne donne pas de pourboire. C’est du service et c’est tout.Il parle un peu anglais, s’excuse de ne pas mieux le parler. On n’a de cesse de lui dire que c’est super. Décidément, les gens sont gentils.
On a oublié la glacière, alors on fait demi tour et on refait une salve de au revoir à Sonoko qui rit beaucoup de notre oubli idiot. Dans son dernier message avant notre demi tour, elle me proposait même de nous l’envoyer. Une sacoche isotherme de chez Daiso payé 3euros. ^^ Choubidou je vous dis.
Puis c’est la route, c’est un peu longuet et je m’endors. Je plains un peu Manu qui m’écoute ronfler par dessus du livre audio de l’Assassin Royal.
On dort près de la mer. Ça fait du bien d’être encore près de la mer.
Nos hôtes, un couple jeune, je dirais la trentaine, nous explique les règles de la maison. On s’installe et on va se balader à pied. On est à Kurobe. Dans la ville y’a des sources à dispo pour boire de l’eau. Et il faut bien l’admettre : cette eau est bonne. On va marcher le long de la plage en attendant le coucher de soleil.
CAR OUI : NOUS SOMMES DU BON CÔTÉ MOHAHAHAHAHA.
Le soleil tombe d’abord dans une soupe de nuage, et petit à petit, il plonge dans la mer.
On étudie les brises-lames en se disant que ça doit être curieux d’être dans un pays où les catastrophes naturelles peuvent tout te prendre à n’importe quel moment.
Mais le moment important de ce voyage approche. Mes (nos) premiers sushis, pour de vrai.
On a traversé une route un peu vite un peu plus tôt et ma cheville me dit bien d’aller me faire bouillir le cul (pardon belle-maman Denise, je dis des gros mots).
Je mets une bande autocollante de ketoprofène, et je remets mon attelle. Je clopine joyeusement et douloureusement vers le lieu merveilleux : TOMI SUSHI.
Tout petit restau, on nous dit d’aller au comptoir (en même temps, y’a qu’un comptoir ^^).
Un seul autre client. On se dépatouille avec la carte. Je finis par dire « Votre recommandation ? » Il nous montre ses barquettes de poisson, dit leur nom, on en pige pas mal mine de rien. Ohlala tant de promesses.
Il nous prépare un plateau chacun. Je le regarde jouer du couteau, du wasabi, du riz. Le geste précis. Le génial qui s’installe. Ohlala j’ai hâte.
Je relis comment les manger pour ne pas tout gâcher. Avec les doigts ou les baguettes, attraper le sushi complet et effleurer la sauce soja avec le côté poisson. Ne pas faire tomber le riz dans un trop plein de sauce, tout manger d’un coup.
OK.
On procède.
Je fonds d’amour pour tant de perfection. La mer et les rizières.

On a commandé un peu de sake. Il nous en offre un grand verre en plus.
On recommande d’autres sushis. Il nous offre des makis au wasabi, et nous montre que ça va chatouiller le nez. J’adore cette sensation qui fait faire une drôle de tête à la moutarde.
On dit merci bravo, super génial. J’ai mal à la gueule d’avoir autant souri de joie.
Chaque poisson a été une découverte ou une redécouverte. Tout en mieux.
On dit merci merci, on paye. Il était beau en plus, le maître sushi.

Quand on rentre nos hôtes sont là. Manu fait Manu et propose l’apéro. Il sort les bouteilles de sake achetées ce matin sur la route. On boit, on rit (moi moins ce matin, je suis patraque. Une pause consommation s’impose). On parle bouffe, de ce qu’on aime au Japon, de voyage, des touristes, de musique. Quelle soirée super. On compare ce qu’on aime et ce qu’on aime pas, et Yoshi (lui) sort du nato du frigo. Il touille l’affaire vigoureusement avec des baguettes. C’est du soja fermenté. Ça fait des fils gluants. Elle, Nozomo déteste et fait la grimace. Elle nous regarde avec appréhension goûter le truc. Manu déteste, je trouve ça super. Oui c’est fermenté. ^^ Mais c’est bon !
Les bouteilles terminées, il est temps de se dire bonne nuit. Seul point noir, il fait très chaud. Pas de clim, juste deux ventilos qui font un raffut de tous les diables. Mais le sake aidant on s’endort vite fait bien fait.
Bonne nrrrrrzzzzz.

























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