Parfois on se souvient qu’on est en vacances et que à bas les cadences infernales.
Je suis me réveillées aux aurores de 4h30, alors je me recouche un peu.
On traine gentiment, je termine d’écrire la veille, et on se met en route pour aller déjeuner. <<
J’ai cherché les restaus autour. On n’est pas vraiment dans une zone touristique. Il y a la mer, certes, mais on voit surtout des bateau de pêche, et pas de plage avec des marchands de glace. C’est très bien comme ça.
On s’est dit qu’on irait se baigner aujourd’hui.
Retrouver la mer, c’est le meilleur moment de l’année.
Mais d’abord déjeuner. J’ai bu un café et moi je fonctionne pas génial sans avoir mangé.
On explore les routes aux alentours de Noto pour trouver le restaurant choisi. Je voulais initialement manger des sushis, mais parfois, il faut savoir se laisser convaincre par quelques avis Google et faire le constat que y’a pas de restau de sushis ouvert le dimanche midi dans les parages.
Un petit restau qui fait du boeuf, parait-il foufou.
On a un peu de mal à trouver, c’est une maison, sans enseigne vraiment. Heureusement qu’il y a des photos pour comparer la vraie vie et internet. Sinon on serait rentré chez des gens et ça aurait été bizarre de manger chez eux.
Un vieux monsieur nous accueille en souriant, il nous installe. Le décor est désuet. Y’a pas mal de trucs thématisés « chat ». D’ailleurs il nous montre très vite son t-shirt avec un chat. C’est son chat.
Il nous montre la carte. Quand c’est écrit à la main, c’est toujours un peu compliqué. MAIS, il dit NOTO GYUUNIKU (Manu reconnaît boeuf et moi je reconnais le combo. C’est ce dont il était question sur le web mondial. Le boeuf de Noto.
Voici de quoi il s’agit :
Noto gyu) est une viande de bœuf wagyu rare et prestigieuse produite dans la préfecture d’Ishikawa. Issu de bovins noirs japonais rigoureusement sélectionnés, il se distingue par une texture extrêmement tendre, une saveur délicate et une teneur élevée en acide oléique qui lui confère un goût subtil et un fondant unique en bouche.
Le monsieur est tout seul pour gérer son affaire Il y a une seule autre table, mais ils sont déjà servis.
Il allume des chauffes-plats, un chacun, et il repart pour revenir aussi sec avec une volée de bols. Une salade avec une vinaigrette aux myrtilles, de la patate douce, une soupe miso, des pickles de concombre, du riz. Puis l’attraction finale, une poêle avec dedans des légumes, des petites patates, et LA VIANDE.
Elle ne termine pas de cuire, oh non, elle est subtilement tenue au chaud.
Le monsieur amorce une conversation, nous montre un menu de restaurant français en français, tente quelques mots, c’est bien lancé pour être rigolo, mais là, la porte du restaurant s’ouvre, et je perçois le soupir résigné. Il avait envie qu’on discute, mais le devoir l’appelle. Je suis un peu dég aussi.
Mais tournons-nous vers LA VIANDE. Déjà, au toucher. Il se passe un truc au bout de la baguette. On sait. On sent que ça va être dingue.
Après la première bouchée, on s’est beaucoup interrogé sur comment décrire la sensation de cette magique barbaque, sous la dent, sur la langue, à mâcher.
D’ailleurs, faut-il vraiment mâcher ? La tendresse, voilà ce que c’est. C’est un câlin qui épouse les papilles. Ce sont toutes les madeleines de Proust de l’univers passées au shaker du bonheur.
On réduit notre conversation à très peu de mots et beaucoup de « mmmmm » /« ohlalala ». C’est ça aussi l’amour, c’est ne pas mâcher de la viande en regardant dans la même direction.
On dit merci, on sourit de contentement. On dit (enfin Manu dit) à quel point c’était bon. (Pour info, le paradis viandesque nous a couté 40 balles en tout).
Après ça, on se dit qu’aller se baigner, c’est super.
Mais la mer a décidé que non. Il y a comme une hostilité dans la couleur de l’eau et les vagues qui menacent. Tant pis. On abdique, et on va dans un onsen pas loin.
Le cadre est pas foufou, les deux bains sont tout petits (un dehors, un dedans), mais du côté femmes, j’ai un trio de petites mamies copines, qui se lavent pendant une heure, font un mini plouf de 3 minutes et repartent joyeusement après s’être aidées à se sécher, se mettre de la crème et tout le bazar.
Moi je traine dans l’eau. La source est salée. Même si ce n’est pas profond, je flotte un peu.
La sensation est bien parce que je me sens lourdingue est dégeulasse. Y’a beaucoup de miroir dans les consens, pour se regarder se laver. Je gère mal cette personne que je ne reconnais que peu.
Y’a une balance, je me pèse, j’ai pas pris (mais j’ai pas perdu, c’est bien la peine d’escalader des montagnes et de faire de LA RANDO. PFFFFF).
On s’aventure un peu plus loin sur une autre plage. Là pour le coup, c’est curieux, y’a des tas de gens, qui font la queue pour faire une photo devant la mer sous une arche de l’amour vaguement Pokemon. On lève un peu les yeux au ciel et on fait demi tour.
On rentre, à bas les cadences infernales, tout ça.
On tombe sur notre hôtesse petite mamie quand on arrive devant la maison. (En fait je pense qu’elle nous guettait, elle habite la maison en face ^^).
Elle nous a fait des origamis, avec la traduction de ce que c’est en français. Elle a tout mis dans une boite. Une grue, une grenouille, un chat, Rhololo. C’est si gentil.
J’ai trouvé un restau de sushi qui semble être super. Y’a un peu de route, mais ça a vraiment l’air super.
C’est aussi fermé que ça avait l’air super.
J’en trouve un autre dans la même ville. Il est 19h30, fermeture annoncée sur internet à 20h45, ça vaaaa.
Ça va, on se fait refouler, le restau est plein, un monsieur pas aimable nous un croix avec les bras pour dire closed.
MAIS EUH !!!
L’heure tourne, c’est qu’il est tard à 19h50. Aucun supermarché ouvert.
Je trouve un ultime restau.
Oh, de la lumière ! Un sourire ! Un jeune homme nous assoie, nous donne un menu.
Quand je ne sais pas, j’écris dans mon traducteur « Votre recommandation ? » En général, ça marche (souvenons-nous des poissons entiers).
Il y a des barbecues sur la table. Le cuistot nous montre une ligne sur le menu, avec le traducteur on a vu que c’était du boeuf de Noto. ALLEZ LÀÀÀÀÀ
Le chef nous amène une assiette de viande, le barbecue est allumé.
Il nous fait signe de manger.
Mais… et les légumes ? Le riz ? Mais..?
Faut commander à part ? On attend ?
On se sent un peu con là.
Comme aucune verdure n’arrive, et ajoute à la commande du riz, une salade et du kimchi. ET BIM.
Bon bah, vous pouvez relire ce midi pour l’effet viande, c’est maboule. Tout est bon.
En fait, aujourd’hui, on a mangé ^^
On rentre à la cool, on saké. Et puis hé, elle est finie la journée.
Les photos sont dans le désordre, je sais pas pourquoi



































