Jour 6 – Le jour de la grosse marche

J’ai tellement bu hier que je me souviens à peine de la journée…

Ah si, attendez.

Je me suis réveillée à 4h avec un mal de tête pas foufou. Apprend-on des ses erreurs ? Non, preuve en est, ce matin ou je suis à deux doigts de commander une guillotine pour régler mon soucis de migraine de gueule de bois. Mais bref.

Quand on se lève, on a un plan. Ouais. On va aller marcher, voir un temple,

Hanako, qui nous héberge me met un patch sur ma cheville, pour aider la douleur. On va beaucoup marcher je crois.

On se met en route, on va marcher, aller voir un temple.

Cet endroit s’appelle Togakushi Shrine. On grimpe un peu plus dans la montagne pour accéder au parking, et on se met en route. Car attention, on réalise qu’on va faire un genre de RANDONNÉE.
On a failli faire demi tour quand on a réalisé qu’on allait faire une RANDO. On n’est pas dans un film de Franck Dubosc non plus hé ho non mais hé.
Mais bon, il parait que c’est beau, alors ok, va pour la r****

C’est un long chemin dans la forêt. On passe sous un autel géant (je crois que c’est ça ou alors une porte, ou alors je sais pas, un truc religieux un peu classe). La végétation a envahi le haut de la structure, et deux satues-gardiens nous toise avec un mépris sympa.

On démarre la marche dans l’allée des cèdres. La lumière est dingue. Le soleil qui passe entre les feuilles créé des ombres dansantes. Petit à petit, ça commence à grimper. Petit à petit, les marches s’accumulent. Petit à petit me cheville me dit d’aller me faire bouillir le cul. Mais tant pis. ON RANDONNE MERDE.

Les marches de pierre sont inégales, ça grimpe fort et haut. On n’est pas les seuls à souffrir. On grimpe en croisant des gens qui redescendent et qui nous regardent avec compassion.

C’est magique en vrai, hors du temps. Même si on dit beaucoup de gros mots de souffrance, on fait la constat de la beauté de l’endroit.

On arrive au temple, rien de foufou. Et y’a un panneau qui dit qu’on ne peut pas faire de photo. Je crois que je suis la seule à respecter le truc alors que je suis aussi la seule à ne croire en rien. Mais hé, j’aime pas froisser.

Il fait chaud, on a mal, mais on est fier, un peu comme si on avait gagné un match de foot. Enfin j’imagine que ça fait ça.

Manu sort le carnet à tampon de temples, et procède. (Oui c’est payant)

On fait demi tour pour redescendre la montagne sans cheval. Et là, ça se gâte. Si la montée a tiré dur sur la corde chevillesque. La descente m’achève. Chaque marche est un coup de poignard. Trahison corporelle. Mais il faut rentrer, sinon ça veut dire mourir dans cette forêt, sans avoir mangé des soba. Et ça, c’est hors de question.

Après ça, on va voir un point d’eau, où les montagnes se reflètent dedans.
Aloooors. Ok pas mal, mais si vous venez dans le coin, c’est dispensable.

Par contre, on est pour de vrai au pays des soba. Ces jolies nouilles de sarrasin qu’on peut manger chaude ou froide.
Hanako nous a donné un liste de restau. Pour certains, faut se pointer à 5h du matin pour noter son nom et réserver sa place.
Elle nous a dit que les autres sont aussi bon, et que ça sert à rien de se mettre la rate au court bouillon.
On arrive, peu d’attente, on s’installe, je prends froid, Manu chaud. Et avec y’a des tempuras. MmmmmMmmmm.

Le mode d’emploi est facile. J’ai un bouillon froid assaisonnable. Wasabi, cébette, radis râpé. Ensuite, faut tremper les nouilles et manger. C’est simple le bonheur. À la fin, il y a un théière de bouillon mystère, pour rajouter dans la mixture initial et en faire une soupe.
C’est si bon, si merveilleux.

Après ça, on part pour Nagano. On va visiter le musée Hokusai. Sauf que : ils sont en train de refaire les salles, alors il reste une pièce. C’est annoncé mais c’est quand même une petite pièce, avec deux chariots décorés. C’est beau mais c’est bref. Alors on se rattraper dans la boutique de souvenirs. Ça doit être beau en vrai. Petit chagrin, mais hé, c’est comme ça.


On se balade un peu dans la quartier, on trouve une boutique de saké. Autre ambiance. La jeune vendeuse a l’air saoulée par défaut. C’est très curieux. La dégustation est payante, elle nous donne des papiers en anglais pour expliquer. Ce n’est pas un excellent moment mais on choppe une bouteille bonne quand même. Ça lui apprendra tiens.

On part en quête d’un endroit pour faire du shopping. Je fais bref, on a rien trouvé, on a ensuite galéré pour trouver un supermarché et faire des courses de diner, c’était long et chiant comme une messe.

Quand on rentre à la maison. Il y a d’autres guests. Une famille avec deux enfants, et un jeune homme. Au début on a cru que c’était la même famille, mais en fait non. Le jeune est dans la marine japonaise. Il est en vacances. Et la famille aussi. On déboule avec nos courses, et ils sont en train de manger. On est convié à mangé avec eux. On laisse tomber nos courses.
Manu sort du saké, Hanako sort une bouteille géante, on boit, on rit, on joue avec les enfants (6 et 8 ans). Manu fait son duolingo avec leur aide, on fait des dessins débiles sur une feuille, on leur apprend des mots en français, je fais un bras de fer avec le plus petit. Il gagne, forcément. C’est si joyeux et sympa. On boit bcp (la grande bouteille est très grande quand même). On rit beaucoup. Les mômes sont si choubidou. Ils relancent Manu toutes les 10 secondes pour de nouvelles bêtises. On se raconte un peu qui on est, ils nous invitent venir chez eux si on passe dans le coin.
Ce sont les meilleurs moments des voyages. Ces rencontres. Ces échanges, cette joie d’être ensemble, de partager. Même si j’avoue, j’aurais voulu pouvoir offrir aussi, faire à manger, mais là j’ai qu’une salade de patates sous vide en stock.

Le papa s’endort, la brosse à dent dans la bouche (on a beaucoup bu je vous dis) et moi, je vais me coucher mais je ne sais plus trop comment. (On a beaucoup bu, je l’ai dit ?). 

J’ai le coeur gonflé de tendresse, et ça fait du bien.

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