Jour 4 – Sweet Tuesday Morning

Mardi, roadtrip, here we come !

Ce matin, on fait la remballe. Faut ranger le bazar qu’on a réussi à mettre en 2 jours. Le talent.

Je cherche une idée de petit déjeuner que Manu peut aller chasser-fourrer et je trouve cette géniale idée sur internet : Un tamago sando (sandwich à l’oeuf) et tu rajoutes un Famichiki dedans. ALLEZ LÀÀÀÀÀÀ.

Le Famichiki (oui, je copie colle, et alors?), c’est du poulet désossé pané et frit. Ok, ça doit être gras. Je demande à internet. 252 calories. ÇA VA.

Et puis finalement, j’ai mangé un demi sandwich et un demi Famichiki, d’après les calculs, ça fait 16 calories. Bravo Bylline.

On se met en route pour le truc de location de voiture. Je déteste autant que d’aller à l’aéroport. Je me dis toujours qu’il va arriver un truc, ie vis les accidents futurs et c’est la panique.

Mais allez, on a une voiture comme je rêve d’avoir si j’avais le permis, (mais y’en a pas en France de ces modèles là :/ )
Appelons-les les voitures à gros nez. Ce sont mes préférées.

Allez go. Manu tendu. La conduite à gauche, c’est pas tout à fait comme le vélo. Il faut d’abord dire quelques (…) gros mots, mettre ses essuie-glace à la place des clignotants, attraper sa ceinture, mais en fait c’est de l’autre côté. C’est tout un truc. (Je critique pas, j’ai pas le permis)(si seulement on avait des voitures à gros nez). 


Quand j’ai préparé le trajet, on a vu que que le onsen qu’on avait préféré l’année dernière est sur la route. Wouhou !

Je récapitule pour ceux qui ne savent pas ce que c’est : Un onsen est un bain thermal japonais alimenté par une source chaude naturelle d’origine volcanique. (Oui j’ai googlé parce que j’ai bu du saké) (Haaaaan, j’ai spoilé la fin. JAMAIS vous n’auriez deviné qu’on a bu du saké le soir). Pff, je suis une moins que rien. Pardon.

Sortir de Tokyo fait dire tout un tas de nouveaux gros mots. C’est long un peu, mais on finit par retrouver les montagnes brocolis, les tunnels, et les panneaux gentils.
Oui, car sur les routes, on t’engueule pas fort, on te dit avec des images mignonnes ce qu’il faut faire. J’aime bien.

Stop dans une aire, pour manger et manger. On prend un truc intrigant, une crème banane chocolat énorme qu’on dit qu’on se partage. Ça a l’air super dégueu, mais marrant. En fait, c’est super délicieux. On se partage ça comme si c’était la dernière pipe à crack de la soirée. Un croque pour toi, ujn croque pour moi. Je vous jure, ce truc est fou. Dans la crêpe, un genre de chantilly, mais en version bon (parce que c’est pas ouf la chantilly. Le nom est marrant,  mais c’est naze à manger), et puis de la banane et des pointes de chocolats je sais pas quoi. On se passe la crêpe comme si on était dans un club échangiste de crêpes. « Hééé t’as pris deux croques » « Naaaaan, c’est toi ». Génial. Bravo le Japon.

(ok, là on dirait que c’est nul mais c’est ouf)

Allez, on repart, on arrive au Onsen. Notre Onsen préféré du voyage de l’année dernière. C’était le tout premier. On comprenait rien de ce qu’il fallait faire. Cet endroit qui touche le ciel est si beau.

Alors pour ceux qui ont lu l’année dernière, souvenez-vous : les faces à faces avec moi même, ce n’est pas vraiment ce que j’adore.


On arrive dans cet endroit merveilleux en haut de la montagne en face d’autres montagnes. J’ai hâte et je redoute.
On n’est bien plus assuré dans nos actions. Genre on est les cool kids qui savent comment ça marche. Comme des champions, on commande des serviettes de toilettes dans la machine à tickets, (ici, tu peux commander beaucoup de trucs via des machines à boutons).
On se sépare, chacun de notre coté, lui chez les hommes, moi chez les femmes. Je suis comme un coq en pâte à la maison.
Je vais faire ma toilette dans les espaces communs.
Nous sommes toutes nues, sans questions, sans âges et plein à la fois.
C’est une grande pièce, avec des tas de douche basse.
Devant chaque douche, un petit tabouret et une bassine.
On se lave assises.

Pour l’instant, je me concentre sur « me laver ». C’est facile ça. Pas besoin de réfléchir. Je montre au Japon qu’on sait se récurer en Europe, il ne sera pas dit que je vais entretenir la réputation des français sales. Frotte, frotte, frotte.

Je sors. Les bains sont a flanc de montagne, il y a deux « étages » (paliers ? Je sais pas comment expliquer).

Je vous mets le lien, si jamais un jour : https://www.hottarakashi-onsen.com/ 

En face de moi, des corolles de nuages danse au dessus des montagnes. Sur la droite, le Mont Fuji se fait encercler doucement. Je suis dans l’eau chaude, j’essaye de sortir de mes angoisses. Ce n’est pas inintéressant, parce que je réalise que j’y patauge un peu tout le temps en ce moment. Alors c’est moins brutal, elles me font moins l’effet saisissant de « Hé, mais vous étiez là depuis le début ! »
Je les laisse flotter dans l’eau chaude avec moi, je les trie par taille, j’essaye de les noyer.
Je regarde la beauté de Fujisan. Il me fait penser à Morla, la tortue dans l’Histoire sans fin. Je l’imagine avec une grosse voix de Père Noël qui a des solutions incompréhensibles aux soucis du monde. Il s’en fout Fujisan, il est indestructible. Alors qu’en ce moment, j’ai la sensation d’être actrice de mes propres échecs. J’appréhende la rentrée, où va falloir se ressaisir, travailler, rempiler dans cette course du tous les jours. La vie est belle en vrai. J’ai la chance d’aimer et d’être aimée en quantité, et y’a que ça qui est bien. Faut que je répare le reste. Aimer aller au travail, écrire, tout ça quoi. Facile ?
Ça marche super cette détente au paradis dis donc. ^^

Je finis par somnoler, en faisant mouvements doux avec ma cheville qui me trahit beaucoup trop ces derniers jours. J’écoute mon épaule qui me gueule de trouver une solution. Je vieillis on dirait. Je déteste ça. Tiens noie toi aussi, angoisse de vieillir et de la mort.

Ce paysage me secoue, j’avoue. Je me demande pourquoi on ne pourrait pas vivre là, à regarder des nuages embrasser des montagnes, plutôt que de regarder le monde s’effondrer.
Ah oui dis donc, ça marche super la détente. Vivement le prochain 😀

Je retrouve Manu, tout heureux et détendu pour de vrai. Il est meilleur que moi en onsen, c’est certain.

On reprend la route, notre Airbnb du soir nous attend. 

OK, on peut RIEN faire.

J’ai réservé un genre de cabane en bois.

Sur la route, la nuit tombe, on est un peu en retard. La dame nous attend. À la seconde où on arrive, elle se met à courir devant nous sur la route, pour nous montrer où se garer « Non mais ne courez pas madame ! Ohalala… » Elle fait des grands gestes pour dire à Manu comment et où se garer. Elle parle vite, elle court. Elle a pas dû aller au onsen, je sais pas trop. Elle est choubidou, mais elle a beaucoup d’énergie dis donc.

Elle nous emmène pour les formalités paperasseries, nous offre un thé. C’est très curieux, elle est à la fois dans une urgence étrange, mais elle prend le temps de tout. Elle parle un peu anglais, ça facilite un chouïa. Pas de douche, toilettes en extérieur (mais toilettes japonaises hein, avec jet d’eau et compagnie. On ne plaisant pas avec les chiottes ici). Petite terrasse en bois. C’est mignon comme tout, même si on voit bof dans la nuit. On dit bonne nuit et je réserve une activité étonnante pour demain matin. Hihi.

Il est pas loin de 20h et faut trouver le diner.
On tente le supermarché, qui ferme dans 6 minutes. 3 mn montre en main, on choppe des bêtises à manger et une bouteille de saké. 

On passe au konbini (7 Eleven) pour un petit dessert et on rentre manger sur la petite terrasse dans la nuit fraiche.

Le lit est immense, le saké aidant, je m’endors comme un vieux komodaru. 

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