On se réveille tôt, et on profite une dernière fois du onsen. Pile quand je commence à apprivoiser le « être toute seule » en ne faisant rien. C’est l’ouverture, il est 7h, il y a deux femmes, puis une, puis que moi. Je profite pour passer de bain en bain.
Ça fait un bien fou. 45 minutes plus tard, on se retrouve avec Manu pour le petit déjeuner.
C’est le deuxième vrai petit déj du voyage, et c’est bien sympa. Un café, une saucisse, un œuf, un bouillon de légumes, de fruits, et un étrange yaourt à la texture déconcertante.
Quand on dit au revoir, une nouvelle dame nous dit au revoir, mais elle est interrompue par une cliente. On s’éclipse doucement. Et le temps de charger la voiture, elle court nous dire au revoir, nous montre un texte sur son téléphone traducteur. Elle nous dit que son fils a fait ses études de chef en France, que c’était pendant le Covid et que c’était difficile, et qu’elle aimerait beaucoup venir en France.
Je me dis que la France doit être un pays assez violent et sale pour beaucoup de japonais.
Déjà, on se lave pas les fesses aux toilettes (je réitère, c’est absurde). Personne ne respecte les files d’attente. Car quel confort de pouvoir rentrer calmement dans le métro, les uns derrière les autres.
On reprend la route pour la dernière fois. On doit rendre la voiture. En arrivant, la pas méga bonne nouvelle, ce sont les péages et leurs tarifs. On avait une carte intégrée, qui fait qu’on passe automatiquement. Parfois ça s’affiche, parfois non.
On a fait 3700 bornes, on a parfois emprunté des petites routes, mais c’est vrai que compte tenu de la vitesse à respecter, on a parfois-souvent préféré les autoroutes. 350 balles. Gasp. Rien n’est cher ici sauf les péages.
J’avoue, je suis un peu saoulée. Je n’avais pas complètement prévu cette dépense pas du tout amusante.
(Je rêve de m’acheter un blouson Godzilla, mais c’est un peu cher, genre un poil moins que des péages, mais quand même. J’hésitais encore un tout petit peu, je me disais que manger des nouilles à la rentrée, ça irait bien, et que je pourrais vendre un organe. tant pis)
En voiture, l’appartement est à 30 minutes de voitures. J’ai eu une idée de génie : on pose les valises et on rend la voiture ensuite.
Quand on monte dans le métro après avoir rendu l’engin pour aller vadrouiller, on est assez heureux de ne rien avoir à porter. On sait que mercredi matin, on n’y coupera pas.
On va se balader dans des quartiers conseillés par Seb. C’est le pays de la fripe. Il y a tellement de choses !!!
On en oublie de manger. Il fait chaud (j’ai l’impression que ça fait longtemps que je n’en ai pas parlé ^^).
On retrouve cette chaleur écrasante propre à la ville. L’air ne circule pas. C’est comme avoir un couvercle de chaud sur la tête. Manu touche ma tête et me dit « tes cheveux sont bouillants ». C’est vrai, je le sens.
On trouve un petit livre sur les yokaïs. Car on a essayé de trouver des podcasts qui en parlent, et ce n’était pas foufou. Une page par créature, c’est très rigolo.
Après toute cette tranquillité de la campagne, la foule tokyoïte fait comme du piment dans yeux. Pourtant quelle ville folle et variée.
Globalement, on va se balader, on shopping et après pus de 15 bornes à marcher sous la canicule, on rentre dans la soirée pour manger et se reposer. Je trouve un endroit de ramen à côté, on va tester. C’est tout petit, 10 places max. C’est tenu par des jeunes, dont un qui parle anglais. Il nous montre comment commander sur la machine et on s’assoit. Un bouillon poulet/sardine je crois bien. Du yuzu à rajouter ensuite, et une petite huile de champignons. C’est formidable.
On rentre, on boit ce qu’il nous reste de saké.
Le lendemain, on a quelques missions, dont certains à Asukasa. C’est touristique, c’est bourré de monde, mais l’avantage : les trucs à touristes sont centralisés.
On des petites listes mentales de ce qu’on voudrait. Je veux un noren, un rideau avec un dessin beau. Manu veut aller voir les couteaux, et il y a une marque qu’il aime beaucoup : les Musashi.
On tente un restau pour déj. On voulait tester un omurice. Je cherche « omurice near me », ça file une adresse, on y va. On réserve, pour 30 minutes après. Et quand on s’assoit, on réalise en lisant la carte que y’a pas du tout cet article. Flûte. Alors on fait ce qu’on n’a jamais fait. On ment, pas très courageusement. On prétexte une urgence, et on s’en va. C’est un de nos derniers repas, et on n’a pas trop eu envie de manger des spaghettis.
On choppe un sandwich de street food galette de riz grille et bœuf wagyu, on regrette moins de s’être sauvés, ça valait le coup.
On se balade, on touriste 100%. On doit retrouver Anne et Thomas un peu plus tard, pour diner. Les gens viennent dans ce quartier pour louer des kimonos et se faire prendre en photo. Des photographes suivent des couples, des groupes, tout le monde pose avec un professionnalisme déconcertant. On est perplexe. Autant, se déguiser en cowboy 10 minutes pour faire une photo dans une ambiance saloon, ça me fait rigoler, autant là, je ne sais pas… y’a un truc qui me chiffonne, mais je ne saurais dire quoi.
Et beh, c’est pas banal, mais on tombe sur Anne et Thomas dans Asakusa, au milieu des millions de personnes. On termine nos balades respectives et on se trouve pour faire un tour dans la rue des fournisseurs pour la cuisine. Heureusement que je découvre cet endroit à la fin, quand mes valises sont pleines et que j’ai dépensé tous mes sous. C’est le paradis du bol et de la casserole. La foire aux ustensiles de cuisine. Ohlala, c’est mieux qu’un sex-shop.
Anne m’emmène boire un matcha latte, les gars vont dans un autre pays du couteau.
Thomas file voir Gundam et les Pokémon. On embarque Anne dans un truc de saké trouvé au pif. Encore une fois, c’est en haut d’un immeuble, avec pas d’ascenseur. Ça se mérite ma bonne dame. On commande, le saké est super, et il y a les verres dans le truc carré en bois : le masu. La gentille jeune femme remplit, ça déborde, ça coule dans le masu, et le masu déborde presque aussi : youpi.
On a décidé qu’ensuite on se refaisait un sushi-tapis. Parce que faire des piles de petites assiettes en mangeant très bon, c’est une bonne conclusion. On mange on boit on rit.
C’est le dernier soir. C’est un moment étrange, on fait les valises, c’est un casse-tête. On pèse, on transfert, on vide on repèse.
Ça me fait l’effet de ranger le voyage dans des grosse boite qui roulent. Je n’aime pas la fin de l’été. Je suis tendue.
Matin : go aéroport.
En arrivant, c’est la foire à la saucisse des valises. La dame pèse. Nos valises soutes sont OK. 22,2 kgs chacune ! À trois fois rien près. On est en dessous des 23kgs.
Sauf que : Les bagages cabines de chacun doivent faire EN TOUT 10kgs. Soit mon sac à dos + ma valise. Idem pour la valise de Manu et son sac.
Il faut transférer. À quatre pattes devant les comptoirs de TWAY, je transvase mon bagage cabine et mon sac à dos dans ma valise soute. Tout était si bien rangé. Je sue de stress. C’est affreux, en plus les gens dans la file d’attente n’ont rien d’autre à faire que de me regarder ranger des gashapon par dizaines.
En gros : on peut dépasser du poids de la valise en soute, c’est facturable (de lapin), mais pas les 10kgs du bagage cabine.
Je trouve ça merdique comme système. Ils pourraient faire une pesée globale et facturer l’excédent. Là, ce sont les porteurs des valises de soutes qui se retrouvent à bouger des valises en surpoids, alors que j’aurais pu porter moi-même mon merdier qui termine dans le même avion. C’est absurde. (Ça fait un peu moins de 40 euros. Je m’étais préparé à bien pire).
C’est le premier avion, c’est 3h jusqu’à Séoul. Et retour pour de bon, demain matin.
On loge pas loin de l’aéroport, on hésite très brièvement à aller jusqu’à Séoul, mais on capitule. J’avoue, je manque d’énergie. Je sens les vagues d’angoisse de la rentrée me flinguer le moral. Je dors mal, très très. Peut-être que je pourrais dormir dans l’avion.
De voyage en voyage, on apprend, on découvre. On fait des mini point de ce qu’on a préféré. Souvent, ça inclut les rencontres. Cette soirée avec ce jeune homme de 40 ans, un peu hippie a été un des moments le plus chouettes. Il y a les onsens, bien entendu, les litres de saké. La bouffe et les montagnes de brocolis pleines de tunnels. Je pense qu’en voyageant comme ça, on a loupé des tas de trucs, mais on a aussi pu en vivre des différends. Ça se voyait quand on croisait qui faisait des têtes de « Mais que faites-vous ici, vous êtes perdus les touristes ? »
Dans les trucs nuls ? Le papier toilette. C’est fou. Le papier toilette est vraiment très fin. C’est pas super. Sinon, bah je sais pas.
Je réitère, je pense que des voyages ailleurs pour les japonais, ça doit être un peu violent. Rien que l’arrivée en Corée, on sent la différence, et en plus, on ne peut plus se laver les fesses dans les toilettes.
On a regardé les nouvelles de ce monde qui s’écroule. De ces fous qui dirigent et nous mènent vers des valeurs merdiques et archaïques. Vivement le 10 septembre.
Je ferai ptêt un dernier post de synthèse, avec les trucs que j’ai oubliés. Sinon, merci les lecteurices d’avoir ce suivi ce périple.
Il y a moins de bigfoot au Japon qu’en Amérique.
PS : La bonne nouvelle, c’est qu’il y a le salon du saké à la rentrée à Paris. Allez-y !
























































Le petit shot quotidien des aventures de Sib et Manu au Japon va terriblement me manquer ! Une fois de plus c’était si bien de te lire ❤️
Mes road-trips à moi sont bien plus modestes mais c’est grâce à toi que je voyage comme ça, merci donc pour cet été et pour tous les précédents !
J’aimeJ’aime
J’ai tout dévoré et c’était vraiment extra ! Tes récits et tes photos m’ont vraiment replongé dans l’ambiance du Japon… ça m’a donné une furieuse envie d’y retourner et surtout des idées pour le prochain voyage là bas.
Merci de partager ça, on voyage avec toi ! 🇯🇵
J’aimeJ’aime