C’est une nouvelle grasse mat pour Manu, moyen pour moi, mais pas grave.
On prend un peu notre temps, mine de rien, on marche entre 15 et 20km par jour depuis qu’on est arrivé. Ai-je de nouveaux muscles ? Ressenti oui, apparence : que dalle.
Petit déjeuner, tamago-sando (le sandwich à l’œuf des kombini, c’est vraiment bon), et on passe faire un tour dans un magasin à bidouilles, et on va au supermarché acheter à manger.
Je prends des sushis (#passionpoissoncru), et Manu choppe un plat à réchauffer (bon, c’est moins bien parce que le micro rend les choses molles, ça l’agace).
On rentre manger à l’appartement, pour pouvoir mieux se remettre en route.
Ah ! Et je ne vous ai pas dit : mais il fait chaud. C’est 37 là. 37.. On pourrait se dire que c’est notre température interne et qu’on devrait trouver ça super. Comme les reptiles, on devrait, à 37 degrés, être au summum de notre potentiel. Mais non, à 37 et humide, on est plutôt sur une base de flaque molle. De trainage de pompe sur le bitume, de souffrance aigüe globale.
Mais hé, on optimise.
Hier au soir, j’ai dit à Manu de faire un trajet, histoire de ne pas faire les mêmes stations de métro 4 fois dans la journée. Il a pris des petites notes sur un carnet. On devrait pouvoir ratisser large.
On a une mission : aller à Jojo World (un manga) pour trouver un truc à Ael (fiston du milieu de Manu). On monte dans le métro, on va à Shibuya. Le store est dans un grand magasin à moult étages. On grimpe, et c’est la foire à la saucisse du monde, de Nintendo, de Pokemon, de Godzilla (hihi), de One Piece. Je pense à mes camardes du boulot qui ferait pipi de joie.
On arrive devant le truc Jojo : Bordel de p de merde. Il faut RÉSERVER une place sur INTERNET pour entrer DANS LE magasin (oui je fous des majuscules n’importe où, je suis saoulée). Pensez-vous que quand j’ai cherché ce Jojo world sur internet, Internet m’aurait prévenue ? Nooon Môssieur Internet n’a rien dit.
On va au pays des Pokemon, car c’est une autre mission. Mais la file d’attente pour payer fait 500m, c’est absurde. Ça grouille de monde, de geeks en tout genre, tant pis, on capitule.
Bah voilà. Hum.
Oh on a aussi fait un tour dans un gashapon géant, les boutiques à boules. Je m’époustoufle à quel point on se laisse prendre au jeu. Là, la boutique fait trois étages ! On fait de la monnaie, et on part en quête de trésors.
On regarde des adultes et des enfants triompher à l’ouverture de certaines boules de plastique. (On peut remettre ses boules de plastique dans un recycleur quand même). C’est vraiment une institution, et pas que touristique, parce que dans le quartier où on est logé, on a vu des gens, qui sortaient du boulot, et faisait un tour pour chopper une boule ou deux.
C’est marrant parce que pour une ville où il y a, je crois pas mal d’appartements pas très grands, il y a beaucoup de bidouilles à collectionner.
On se balade un peu, pendant que Manu va fumer, je m’aperçois que je suis assiste juste à côté de la statue de Hatchiko.
Mais connaissez-vous cette histoire connue ?
Je vais commencer par un autre commencement. Un jour, il y a longtemps, mon amie Capucine me dit «Oh ! Tu devrais regarder ce film, Hachi ».
Je m’installe avec les filles, elles étaient petites à l’époque. Richard Gere a un chien, il prend le train pour aller travailler, et le chien aime Richard Gere. Le chien accompagne Richard Gere à la gare le matin et vient le chercher le soir. Tous les matins et tous les soirs. Et un jour Richard Gere meurt au travail. Et pendant 9 ans (9 ANS !), le chien continue de venir chercher son maître. Les gens du quartier s’occupent de lui.
Il est devenu un symbole de dévotion ultime.
Pendant ce film, on a pleuré misérablement. Il y a du piano, on voit défiler les souvenirs aimants du chien, de son maître qui lui manque. On a vidé nos nez dans mille rouleaux de PQ.
En larmes, Philo (7 ans) m’a demandé à la fin du film :
-Qui c’est qui t’a recommandé ce film ?
-Capucine.
-On lui demanderai plus jamais conseiiiiiiil (sanglots longs).
Bref, c’est une histoire vraie, et je rechiale à chaque fois que j’y pense. Donc en voyant la statue, je pleure un peu, et jette des sorts aux touristes qui se prennent en photo avec cet animal formidable en se marrant comme des nazes insensibles. On devrait tous pleurer, lui faire des câlins et lui jeter des baballes.
Manu revient. Où allons-nous ensuite de ce trajet optimisé ? Nous ne saurons (comme l’œil) jamais, car Manu a réalisé qu’on n’a pas du tout emmené le carnet avec le trajet super.
Bah voilà. Hum
Il y a un musée que j’ai envie de voir, allons-y. C’est 45 minutes de métro. En arrivant, c’est aussi à 15 minutes de marche.
On peine, on sue, ça monte et ça descend.
C’est le musée du parasite, je suis réjouie (jugez-moi).
Il est tout petit, il est gratuit. Je suis contente de voir des ténias et des tiques. Mais le musée est pas hyyyyper bien gaulé. Tout est sur des QR code (oui, c’est pratique mais moi je trouve pas ça pratique). Mais quand même, y’a des super ténias, et des vers à coton tige (ceux qu’on trouve dans les fesses des enfants).
Je découvre aussi qu’une piqure de moustique peut rendre des testicules assez gigantesques (cf. photo plus bas).
Hum.
On repart dans l’autre sens. Ça descend et puis ça monte. Dès qu’on voit un kombini, j’achète à boire (une gourde serait inutile, y’a nulle part où les remplir). Mon bilan carbone de ce voyage est minable.
On va à Tokyo Station, pour faire un tour à la Character Street. C’est sous la gare de Tokyo, c’est une ribambelle de boutiques à thèmes. Il y a mille personnes aussi. Mais les magasins sont rigolos. On a les pieds qui gonflent, on marche, on marche, on marche. Y’a de quoi remplir mille valises de bêtises.
Seb nous avait conseillé un bar à saké à volonté. Je regarde où c’est. Shibuya. Bon bah, on y retourne. Il est 18h45, c’est parfait. On se dit qu’on mange un bout, qu’on va boire du saké, et ça sera super.
On s’arrête manger des ramens. Bouillons de miso épicé pour Manu, sobre pour moi. C’est cool, même si la dame est un peu désagréable. (ça arrive pas mal, pourtant, on a beau faire attention à tout, être poli, l’agacement anti-touriste est parfois très fort).
On trouve l’entrée du bar à saké, c’est à l’étage. On grimpe, on ouvre la porte. Une foule de gens bien habillés s’arrêtent net de parler, et nous fixent avec des sourires gênés.
Nos visages deviennent gênés aussi. Nos visages, nos corps, tout est gêné. On fait un signe pour dire qu’on est désolé, que c’est peut-être fermé. Quelques hochements de tête nous confirment que c’est fermé. On redescend en riant mortifié. De fait, sur le panneau du bar en bas, il y a un papier imprimé. Je fais un coup de Google trad avec mon appareil photo : « Réservé pour la soirée ».
Ah bah voilà. Hum.
On est un peu (très) déçu.
Je reçois un petit message de Chloé qui me demande si je peux lui chopper un truc dans un magasin de Shibuya. Oh punaise, on y est. Allez ! Une mission pour se consoler).
On tourne dans le magasin, je montre une photo à trois dames, qui très poliment me disent que non, il n’y a pas cet article. J’en profite pour chercher des feutres « Magic » pour Ninon, beh y’a pas non plus cet article.
Ah bah voilà. Hum.
On se dit que c’est pas grave, profitons malgré tout, allons acheter du saké que nous boirons dans nos mains.
Je trouve un truc pas loin. On retourne en rond pas mal, oh bah ça, c’est dans le même immeuble que Jojo, et là d’un coup : la flemme. Tant pis, on rentre, on verra près d’Ultraman.
Vous souvenez-vous quand j’ai dit que j’étais devenu forte en métro, Google maps et tout ?
Bon bah on prend le métro, pour rentrer, on a un changement. Ou plutôt, nous avions un changement. Car quand on loupe une station, qu’on descend à la prochaine, qu’on saute dans le métro d’en face sans regarder où ça va, ça fait beaucoup plus de changements.
Bah voilà hein. Hum.
Nous rentrons, Ultraman nous accueille et nous juge probablement un peu.
On se dit qu’on va aller boire un verre dans un bar.
Les trois bars qu’on passe sont clairement des girls bar, et ça ira, mais non merci.
Manu va acheter deux canettes de bière au kombini.
Nous rentrons, fourbu, avec tout de même quelques souvenirs et cadeaux. ET UN MOCHI TRANSPARENT. J’essaye de le prendre en photo, elles sont toutes moches, tant pis je le mange. Bon ban voilà hein.





































