J2 – Shinjuku

La nuit fut un échec haché.

Ça tombe bien, on part pour l’aéroport de Séoul à 5h43 par le shuttle bus, et ce dans un bombardement de bruits d’un (de millions ?) insecte qui fait un raffut du diable. D’après le niveau sonore, ce sont des cigales de 2,30m de long.

 

 

Aréoport, nous voilà.
Ici aussi, la compagnie existe bien. Et c’est tant mieux, c’est la dernière petite ligne droite.



Après de brèves errances dans ce chic lieu de départs et d’arrivées, notre porte d’embarquement approche. Quand soudain, quand tout à coup, sur la route du petit déjeuner : Un Dunkin Donuts. HÉ HO ! C’EST L’AMÉRIQUE OU QUOI ?

Nous ne mangerons pas exotique en Corée, mais ce bon vieux gras sympa réjouit Manu, et moi aussi car : il y a un goût nouveau proposé par l’enseigne. Le même goût que ma cheffe super avait ramené SUR des amandes de Corée : maïs beurre. (Je n’ai pas fait d’erreur de tréma. C’est bien butter corn). Mioum mioum, pourvu qu’on marche beaucoup aujourd’hui pour éliminer cette catastrophe.

Un peu moins de trois heures plus tard, ayé, c’est le Japon, c’est la destination. Avec la fatigue, trouver son chemin semble très ardu, mais on se laisser porter par un flot de monde, de genre, de trains, de renseignements, de gens.
On arrive là où on dort. C’est chez un ami formidable, qui joue du ukulélé et qui a rendu ce voyage possible. On découvre le mignon petit appartement, on s’installe, on se DOUCHE. Et ça, après le coup de chaud de l’arrivée, c’est aussi bon qu’un Mont d’or chaud en hiver (je ne suis pas hyper convaincue de la métaphore non, mais j’ai pas mieux à l’heure qu’il est).

 

Après une pause, pas d’erreur de sieste. On file, on vole, on repart dans les transports urbains. C’est de fait, plutôt bien gaulé cette affaire. C’est à la fois nommé, numéroté, et dans Google maps,
On arrive à Shinjuku, c’est un point de ralliement prévu. Car c’est foufou : Anne, la fille d’un vieux copains de Manu est là avec un vieux copain à elle. Un peu de jeunesse nous rappellera à quel point nous sommes rouillés, mais surtout, c’est un peu rigolo de se retrouver si loin d’Étampes pour se faire une bouffe (et un peu snob). « On se retrouve à Tokyo. »
On est des Bernard Arnaud low cost. Oh no.

On arrive, c’est Shinjuku ! La gare est un bordel sans nom. On met 15 minutes à retrouver la moiteur extérieure.

Rhalala, je ne sais pas par quoi commencer. C’est à la fois super, et affreux.
Il y a tant de monde, tant de bruit, tant de bordel, de lumières, de magasins, de gens, de tout. Il fait chaud. Il y’a mille raisons d’étouffer.

C’est clairement touristique.
On entend toutes les langues. On se fait alpaguer par des rabatteurs toutes les 3 minutes. Pour boire des coups, pour manger un bout, pour passer un moment avec une jeune fille qui a l’air vraiment trop trop trop trop jeune, avec un costume de soubrette (oh no).
Il y a des jeunes étalés par terre (on les retrouvera par terre un peu plus tard et un peu loin, mais ça sera dans leur vomi).

On rentre dans quelques magasins, parfois on a envie de tout acheter (dans le Pop up store Jurassic Park par exemple).

Ce qui est super, c’est que les japonais sont hyper stylés ; Dans nos redingotes de vacanciers -je prends deux shorts pas ouf qui vont avec tous mes hauts pratiques, ça ira bien- on a vraiment l’air de deux ploucs (en lisant, Manu va s’offusquer, mais pardon, on est pas hyper stylés par rapport à ces gens si stylés, et en plus on sue,  et c’est comme si on était les seuls, personne à avoir chaud dans ce pays, ou quoi ?).

 

On trouve Godzilla, tranquillement accroché à un immeuble. Je suis bien contente de le voir en vrai. Coucou Godzi, t’es chou. On va dans des Kombinis, acheter à boire, acheter un onigiri de déjeuner. On tente de prendre le pli de la marée humaine.
Je fais un tour chez Uniqlo car on m’a dit « Je crois que c’est moins cher au Japon ». De fais, je n’avais rien acheté chez eux avant, j’ai fait un petit panier, avec un pantalon mou, et des débardeurs parce que je pense que nos habits vont vite virer éponge à fluide (il fait 35, et humide).

 

Tant de magasins qui font bipbip tsouintsouin. C’est aussi fascinant qu’oppressant. Paumé dans nos notre manque de sommeil, on se dit que décidemment, on n’est pas très fort en grande ville. On va dans des magasins de bonbons, dans des magasins de cochonneries. Et notre ami Seb nous l’avait dit : Oh rien n’est cher, mais à la fin de la journée, tu as finalement beaucoup dépensé. Le piège se referme, je le sens. D’ailleurs, je vais m’acheter un sac à dos.

 

On retrouve Anne et Thomas pour aller manger des sushis. Au début Manu « Oh bah non, y’a tant de chose à découvrir ! » Mais j’avoue que le tapis roulant avec les petites assiettes de toutes les couleurs, j’en rêve un peu. Le rdv est prix. On prend du saké (pas super, déception), une bière et je choisis tous les poissons que je connais pas. C’est super super.

 

On mange on rit, on se raconte ce voyage et ceux d’avant. Très vite, la gentille dame nous propose d’aller payer. Comme des français, on dit oui oui, et on traine sans trop faire gaffe. De plus Manu est parti chercher un spot à fumer (c’est compliqué de fumer dans cette ville, y’a des zones exprès, et elles sont rares). Manu ne revient pas, mais la dame si, quatre fois. On capitule, on règle la note et on retrouver l’amoureux qui a marché 145 km.  

 

On va boire un coup dans un premier bar, et ensuite, on retourne voir Godzilla pour faire les présentations. Coucou Godzi, t’es super.
On poursuit la balade, on va un poil plus loin, car il y a un bar qui avait l’air cool depuis les internets. Mais quand on arrive, il a surtout l’air fermé.
Nous sommes dans des petites rues étroites. Les bars s’enchainent, minuscules, quelques places par enseigne. On tourne en rond, on hésite, tout a l’air super. On monte un escalier très très raide, et on se retrouve dans un bar couloir où les murs et les plafonds sont recouverts de billets de banques étrangers, des petits mots, des dessins. Il y a 8 places max.
Anne en montant s’exclame : « Oh ! ça sent comme chez papa ! » Pour les Etampois, Anne, c’est la fille de Ness, et chez Ness, c’est le bistrot où va Manu depuis sa préhistoire. Et de fait, même moi, en escaladant, je reconnais. Ça sent le bois, et la bière, le tabac avec un doux fond de poussière. La musique dans le fond, ce sont les Clash. Le gin tonic est aussi super que celui d’avant, mais l’heure tourne. La douche de leur auberge de jeunesse ferme à minuit, il faut faire cendrillon vite vite.
On retourne dans notre paisible quartier, on trouve un kombini encore ouvert, et on choppe de quoi grignoter et petit déjeuner.

On rentre, on déplie le canapé-lit. Je sens que je vais enfin dormir.

Je mets les photos à la fin car le partage de connexion ne marche pas et la mise en page sur téléphone = enfer.

3 réflexions sur “J2 – Shinjuku

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