Jour 2 – Shérif, fais-moi peur !

Après un sandwich improvisé du soir et curieusement un peu de mal à trouver le sommeil, on dort enfin.

On se lève à 5h. Finalement ça fait comme si y’avait une heure de décalage horaire.

Alors, on est allé à la piscine, pour faire des longueurs.
En plus, c’est super, c’est une piscine de gin.


Mon épaule gauche m’a dit que c’était n’importe quoi, mais mon bras droit ça va.
Je fais une pause de médicament, because à force, je m’inquiète des conséquences intérieures.

On est à Tampa parce que c’est là que ma tante/marraine Tartine habite avec son Jack, mon tonton. Ils sont en vadrouille, on les retrouve à notre retour de roadtrip.

Il se trouve, qu’il y a fort longtemps, en 1992/93, j’ai passé un an en pension pas très loin d’Orlando et le weekend, je rentrais leur imposer mon immonde adolescence à Tampa.

(Mes souvenirs de l’époque sont flous, mais je les crois sur parole quand ils me racontent que je n’ai pas été fastoche fastoche)

Cette école, Montverde Academy, ça a été une année si étrange, avec tant de codes à réapprendre. Les soirées dansantes ultra habillées où quand on embrasse un garçon, ça ne compte pas s’il ne t’a pas « ask to go out » avant ou après. Le sport, qui a une place si importante (j’étais dans l’équipe d’athlétimse, et même de basket où je suis devenue experte en banc). Parler devant les autres en classe aussi, tout ça.


J’étais devenue copine avec une étrange ado rebelle. Je l’aimais beaucoup, c’est avec elle que j’ai fumé mes premiers joints dans le faux plafond de notre chambre. (ça fait genre j’étais hyper bad ass, mais pas du tout hein, grosse suiveuse méga nouille que j’étais). Sur les murs de ma chambre, y’avait des posters d’Axel Rose et de Jim Morrison. Je collectionnais déjà les magazines de tatouages, mais en vrai, je réitère, j’étais pas cool du tout, j’écoutais Lady in red en chouinant, et je passais 91% du temps à faire la gueule et j’avais des t-shirt Harley Davidson et Nirvana (alors que j’écoutais deux chansons).

Tout ça pour dire qu’ici, c’est comme une gigantesque madeleine de Proust. Surtout la bouffe. Sauf que maintenant, je trouve que tout est trop gras ou trop sucré, alors je regarde les emballages avec des tendresses, mais je ne consomme plus.

Sauf -et j’en ai déjà parlé sur ce blog cent fois (mais ptêt que c’est la première fois que tu lis, toi qui est en train de lire – on se croirait dans l’histoire sans fin – alors je vais te raconter) – je reprends, sauf : Les BISCUITS AND GRAVY.

Qu’est-ce que c’est que ça que c’est ?

C’est des biscuits, mais pas comme en français. Ça se prononce biskitse (un peu comme le groupe Limp Bizkit en fait, mais au pluriel. Ça ressemble un peu à des scones, pas sucrés, et avec, y’a comme une béchamel à la saucisse. (Paolo si tu me lis, ce ne sont pas des lasagnes, ça va, je peux dire béchamel). Et c’est très poivré. C’est mou aussi. Et bon.
Si un jour y’a un guide à faire des meilleurs biscuits and gravy du continent, j’espère qu’on fera appel à moi.



Ce matin, j’ai cherché où on pouvait en manger au plus près. C’était facile à trouver, c’est un truc du sud. Gaiment, nous nous sommes mis en route (3mn de voiture). C’ÉTAIT SUPER. J’ai bu un café plein d’eau, comme j’aime, et y’avait aussi du bacon. Ces vacances sont déjà formidables.

Après, c’était la quête des clopes pas chères. Enthousiasme moindre de ma personne, mais Manu y tenait.

Il faut aller au casino du Hard Rock Café (c’était un truc et astuce de marraine Tartine de 2015). De fait c’était moitié prix et EN PLUS, j’ai pu voir le piano en or d’Elvis, les bottes de Alice Cooper et le haut du Super Bowl de Lady Gaga. Finalement, c’était une super sortie.


Heureusement qu’on est fauché parce que moi, le casino, ça me fait comme à ma grand-mère. J’ai envie de m’assoir, de laisser le temps filer et de croire que mon bucket de pièces va se transformer en mille voyages que je pourrais faire avec le haut du Super Bowl de Gaga.

Je suis bien plus sage que ma grand-mère, je ne m’assoie pas et je rêvasse gratuit en regardant le regard un peu triste des gens qui ne voient pas leur bucket se vider de leurs espoirs.

Ensuite, on s’est dit qu’on allait faire des courses, pour au moins déjeuner et diner, et avoir de la bière d’apéro. On est aussi allé à Target, parce que c’est super Target.
Mais niveau courses de bouffe, on doit bien dire qu’on déchante un peu du tarif. En gros, tout coûte 5 dollars. 4 tranches de jambon, du fromage carré, le pain de mie, des céréales, une salade verte, c’est 5$.

C’est même en général 5 dollars quelque chose. 5,49 $, 5,09 , 5,99 $ $, etc… On verra sur la route, la meilleure affaire à faire pour manger. Mais en quelques années, ça a pas inflationné.



Sur la route des courses, à un moment, Manu passe au vert, mais, horreur malheur, se retrouve derrière une voiture et coincé au milieu du carrefour.

C’était un peu chaud à anticiper cette affaire. Derrière nous, la police. Sa voiture clignote de partout. On ne sait pas trop trop si c’est pour nous ou s’il va en discothèque.

Bon, quand il a mis la musique de voiture à fond, on a bien fini par se dire qu’il voulait nous engueuler. (tout ceci se passe sur 100m à peine, mais on sue).

Manu se gare, entrouvre sa portière pour parler avec Mr l’agent. Qui l’engueule du coup (pas fort) parce qu’il faut fermer sa porte et ouvrir sa fenêtre.

On a brandi la carte des français débiles avec leur voiture de location nouvelle.

Le shérif est reparti dans sa voiture à facettes avec le permis de Manu sous le bras.
Comme on a coupé le contact, la voiture vire au four. Les 7 minutes les plus longues de l’univers. Il revient, on redit pardon, qu’on est vraiment si français et désolés.

Il a l’air d’en convenir même s’il est d’accord que Manu est bien passé au vert, mais que quand même, il aurait dî anticiper. Hum.

On s’en tire avec warning poli. Ouf, et youpi.

Retour maison pour manger les petits sandwichs et de la salade. Pause rien, et re-départ pour Ybor (qui se trouve être au même endroit que nos destinations du matin. On est mal organisés du trajet).

Il y a là-bas une boutique que j’ai repéré sur Atlas Obscura (le site des lieux et visites étonnantes dans le monde entier) avec dedans, des trucs morts et autres curiosités.


C’est aussi le quarter où j’ai acheté ma robe de mariée avec Tartine l’été 2015.


Il fait chaud, comme dans un four humide. On fait la rue dans un sens puis dans l’autre. Globalement, il y a des bars fermés, des salles de concert fermées, et des salons de tatouages assez fermés. Par terre, il y a des pavés personnalisés. Il y a une boutique où on peut faire graver et poser sa tomette pour le restant de la vie. L’idée est chouette et y’a des messages d’amour, de mort, ou rigolos un peu partout par terre.

On visite la boutique, Dysfunctional Grace.

Plus d’images, plus bas dans le post.

Peut-être que quand je serai vieille, mon grand nez et moi on aura une boutique comme ça.

C’était très chouette. On a ensuite fait un tour dans la boutique de la robe de mariée. Je n’ai pas osé leur dire, aux gentils vendeurs, que leur magasin avait contribué à mon bonheur de ce jour là et ceux d’après.

C’est le royaume de la fripe et du neuf. Bordelique classe. J’ai eu envie d’acheter mille trucs.

En rentrant à la maison, on a fait un détour par Barnes & Noble parce qu’il y a des jeux et des livres. Et quand même, ils sont forts en book cover aux USA. Y’avait des tas d’éditons très très belles qui donnaient envie de bourrer sa valise. J’ai failli m’acheter un E.T. mais je me suis dit qu’à J2, fallait y aller mollo du dollar, et des tas de trucs de Donjon et Dragons, mais pareil, j’ai été sage, et Manu aussi.

Un plouf dans la piscine de gin, et Manu part nous chercher des sandwich cubain pour le diner. On en mange que la moitié, comme ça, on aura du petit déjeuner. Car on se lève tôt ! On a un truc à faire demain.

ET HOP, TOUTES LES PHOTOS du jour

2 réflexions sur “Jour 2 – Shérif, fais-moi peur !

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