Ce matin, nous partons de notre AirBnb à l’eau de javel (pardon, c’est pas très sympa, ces gens nous ont rien fait).
On se lève tôt, avant tout le monde, on se fait un chouette petit dej maison
et après, on essaye de ranger un peu les valises dans notre chambre, et le temps qu’on ressorte de la chambre, ils étaient partis. Ils nous ont pourtant mis un très gentil commentaire, comme quoi on était super. « Sibylline and Manu were lovely guests. They communicated their plans well, we’re very respectful of our space and were just nice, easy-going people. We would definitely recommend them! ». Je lui ai quand même fait sa vaisselle avant de partir.
Nous n’avons pas trop de route aujourd’hui, un peu plus de 200 km.
J’ai un peu exploré la carte, il n’y pas grand chose à faire sur la route à part, peut-être un petit détour qui peut être amusant.

A un tiers du chemin, on sort de l’Interstate 10.
J’ai lu qu’il y avait un endroit, a Casa Grande qui s’appelle « The Domes ». Une société d’électronique avait dans l’intention de délocaliser leurs bureaux à cet endroit, et la propriétaire a entamé la construction de gigantesques domes. Avant la fin des travaux, en 83, la société a fait faillite, et le site a été abandonné. J’ai lu que la ville avait pour projet de les démolir, je croise les doigts pour que pas encore.
J’ai aussi lu que le site est bien entendu hanté. Il y a même eu une émission dédiée à la recherche des fantômes des dômes. Des tas de gens ont témoigné avoir vu une silhouette fantomatique se promener dans les dômes. Fichtre.

On les découvre depuis une petit route, après la sortie de l’Interstate 8. C’est complètement fou. Des gros dômes orangés au milieu de rien. C’est bien entendu tagué de partout.
Nous sommes en plein désert, ça tabasse fort. C’est idiot, mais indéniablement, les températures amplifient le surréalisme de la scène.
C’est assez facile d’accès, il y a un gros panneau NO TRESPASSING, et c’est très légèrement grillagé. On enjambe les barbelés (hauteur mi-cuisse, ça vaaaaa), en se méfiant quand même de si c’est électrifié ou pas, et on part en exploration.
On fait aussi un peu gaffe au temps passé sur place. On a caché la voiture derrière un buisson de l’autre côté de la route, mais selon l’angle, pas très bien finalement.
Je ne sais pas bien ce qu’on risque au USA quand on trespass du non trespassable. (?)

On dégaine les appareils photos. Quatre bâtiments, un en forme de soucoupe volante, les trois autres en forme de grosse chenille, et les fondations pour trois autres chenilles.
On entre dans la première, l’acoustique est folle. Quand je marche en basket, ça fait le bruit d’un cheval de diligence au fond d’un canyon.
Quand on parle, ou chante, ou crie, c’est cathédralesque, il y a une ampleur tellement surprenante. Je regrette de ne pas avoir fait de vidéo du son pour vous montrer.
Par terre, on trouve finalement très peu de bordel. Il y a quelques bombes de peintures vide, un pneu (y’a des pneus partout dans ce pays, c’est fou), des tracs de feu, des bières vides. Les jeunes doivent venir faire la fête, ça s’y prête.
On se balade de chenille en chenille, il y a des gros trous dans les plafonds, des tas de fissures gigantesque dans les murs. Presque 40 ans sans un poil d’entretien, c’est déjà super impressionnant que ça ait tenu si longtemps. Je ne sais pas en quoi ça a été fabriqué, mais on dirait un peu de la mousse expansée.
Tout de même, la dernière chenille a le cul effondré. Quand on regarde par la porte d’entrée de cette dernière, ça créé un cadre au désert et aux montagnes qui sont là-bas derrère au fond, il faut bien avouer que ça laisse sans voix tellement c’est magnifique.
Des petits lézards détalent autour de nous, Manu fait un petit film pendant que je prends mes dernières photos. Je jongle avec mes deux appareils argentiques, Du 120 et du 25mm, et mon téléphone.
J’aime bien l’idée d’avoir des photos surprises en rentrant.
On ne pousse pas la chance trop longtemps, on repasse par dessus le barbelé, je fais quelques photos d’au revoir, on remonte en voiture, pour s’arrêter quelques centaines de mètres plus loin parce qu’à l’aller, on a vu un panier de basket au milieu de rien, qui n’a pas vraiment bonne mine, lui non plus. Clic clac, merci kodak, et en route pour Gila Bend.

Je vous conseille vivement de faire un petit Google Earth au 7500 S Thornton Rd Casa Grande, Arizona. Vu du dessus, on comprends bien mieux à quel point c’est n’importe quoi. Ou sinon, cliquez là.
Pour voir toutes les photos du jour :
Je me suis un peu loupée, il faut bien le dire pour le choix de notre prochaine ville d’escale.
Le motel est plutôt cool en vrai, il s’appelle le PALMS INN, y’a des palmiers, une toute petite piscine très propre, une chambre vieillotte mais elle aussi super clean, et les proprios sont très gentils.

En revanche, y’a RIEN à faire à moins de 40 km à la ronde.
On est dans une petite ville que l’on peut appeler les « main street town ». Tout est sur la route principale qui la traverse, magasins, station essence, restaus.
En gros y’a trois motels, trois restaurant mexicain, un italien, et un restaurant de l’espace, le Space Age Restaurant (il y a un motel assorti) et un truc pour acheter à manger, et c’est à peu près tout.

Nous optons pour une aprem de farniente. On s’enferme au frais, Manu va chercher du mexicain pour déjeuner au plumard, et vers 16h30, on tente une sortie. On prend une petite route perpendiculaire à la route principale pour aller vers les montagnes.
Ca vire vite en route pas goudronnée. Ça tremblotte, mais ça va. La route est finalement un cul de sac, on fait demi tour, mais on va quand même voir un mignon roadrunner qui cavale 30 secondes devant la voiture. BIP BIP !

Ça, c’est une rivière, normalement. 
Les montagnes du bout de la route.
Retour au farniente en attendant l’heure de l’apéro. Y’a pas de bar à moins de 40 bornes, mais le Space Age semble faire un peu bistrot.
Effectivement, il y a un bar, et trois bouteilles derrière. On tente « Do you have margaritas ? » La serveuse répond un petit oui du bout des lèvres, va demander le prix au patron, 5$, c’est banco bingo. Du coin de l’œil, je la vois vérifier les proportions sur son téléphone. MAIS : elle dégaine de la tequila Patron, c’est quand même de la tequila à 50 balles la bouteille, du citron en bouteille, et du triple sec. Pas du margarita mix. Et bien c’est assurément la meilleure margarita bue depuis le début du voyage. A côté de moi s’assied un monsieur un peu âgé, avec un chapeau de cowboy et une moustache. Il ne commande pas, mais la serveuse lui amène un whisky soda. Il ne va pas du tout avec ce décor de l’espace. Il irait mieux avec le saloon de Tombstone, ici, il fait vraiment ONVNI. Mais, effectivement, je pense que c’est le seul endroit où on peut boire un coup, et en plus c’est samedi soir. Sur la grosse télé, y’a Grease et après Coyote Ugly.
A un moment, Manu sort fumer, et je ne sais pas comment la conversation s’est lancée, mais je discute avec mon voisin au chic chapeau.

Il s’appelle Pat Lauderdale, il a 82 ans, il n’est jamais allé à la guerre, mais il a bossé comme cowboy depuis ses 8 ans. Il était payé 2 dollars la journée, à l’époque. Il nous raconte tous les états qu’il a visité, nous dit qu’avant, lui aussi il empruntait la Route 66, c’était la seule d’ailleurs pour traverser le pays, les autoroutes n’existaient pas.
Je lui demande si il est à la retraite. Eh bien non. Car il a visiblement eu une grosse amende (il parlait avec un gros accent dans sa moustache, je n’ai pas tout tout pigé), je crois pour une histoire d’alcool et de conduite, et du coup, il a dû reprendre le boulot. Comme cowboy, à 82 ans. Il a des tas d’enfants, de trois épouses différentes, et les petits enfants assortis. Il en dit peu sur eux, à part que deux de ses gendres sont allés en Afghanistan. On a discuté comme ça pendant un bon moment, c’était vraiment super.
On le remercie beaucoup pour cette super conversation, et lui aussi. On ressort de là un peu émus.

On va manger sur le trottoir d’en face, à l’italien dont les critiques étaient dithyrambiques sur internet. Bon, on habite au pays de la bouffe, alors forcément, c’est un poil en dessous de ce qui était espéré. Une grosse touffe de poils en dessous.
On rentre au motel, on fait un plouf de piscine, et au lit, ça suffit les conneries.











Super… si inattendu ce lieu abandonné…
Que de belles rencontres !
N aurais tu pas pris quelques coups de soleil!
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