J 5 : I’ll fly away

La journée fut un tout petit peu bien remplie hier, je me suis effondrée avant de pouvoir écrire. Je suis donc présentement dans la baignoire du motel, mon ordinateur posée à côté sur la glacière, entre le tub et les water. Je suis à deux doigts de réclamer la même installation au bureau, c’est super !

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Alors hier, on se réveille à 5h20, parce qu’on a comme qui dirait quelque chose à faire. Manu commence chaque journée en lisant le blog et en disant « Mais qu’est-ce qui m’est arrivé hier ? »

Le matin pique, on a rendez-vous à 6h30 devant l’hôtel New York New York (un aberration clignotante, un casino hôtel, qui n’est pas sur le strip. On peut y aller à pied, il n’a pas l’air loin.
Hahaha, marcher à Las Vegas. Quelle bonne idée. Il faut traverser un pont sans trottoir, une super grosse route sans trottoir, j’ai cru qu’on allait y rester.
C’est sains et saufs, que nous arrivons devant une statue de la liberté en jersey de sport. (wtf, Vegas).

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La navette autobus arrive, on grimpe, en route pour le merveilleux.
Oui, car cette année, pour l’anniversaire de Manu, je lui ai offert un vol en avion au dessus du Grand Canyon. Il est déjà allé voir cette grosse bestiole lors de précédent voyages, et je me suis dit que ça pourrait être super de changer de perspective.
Alors quand même, quand je lui ai offert, il aurait fallu voir sa tête quand il a découvert la taille de l’avion dans lequel on allait vivre l’aventure. L’angoisse de l’inquiétude du vertige ohlalala. En gros. Je pense que là, à 7h12, c’est de l’excitation mitigée.

On nous amène dans une structureminiature d’aéroport. Mais tout y est. Cette société proposent des vols en hélicoptère (qui sont beaucoup plus chers), et des vols en avion et je crois même des descentes en rafting.
On nous check-in. J’ai voulu assurer une place près du hublot pour au moins un de nous deux, c’est normalement payable en sus (15 dollars) mais en fait, je pense qu’ils facturent si toutes les personnes d’un couple/groupe veulent le hublot, car là, quand j’ai dit « just one window », elle m’a dit que c’était gratuit. Elle est gentille la dame.
Le pilote se présente, et nous guide sur le tarmac vers un charmant petit avion d’une vingtaine de places. Il nous trie par rangées dans l’avion. Nous sommes les 7èmes et derniers. On a donc, pour de vrai, les deux meilleures places, tout à l’arrière, avec chacun un hublot !!! Alors, ces places sont aussi près des deux portes de secours. Manu me fait la tête du petit chien qui sourit que j’affectionne tant. 

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Il y a un casque par personne, pour avoir la voix off, et on peut même la choisir en français. En plus ça fait un peu se sentir comme un pilote, le gros casque.

C’est parti, on décolle. Les intestins montent et descendent un peu, en grimpant vers l’infini et l’au delà, je me dis que mourir comme ça, c’est chic, mais je rationnalise en me disant que s’ils jetaient régulièrement des touristes vivants dans le Grand Canyon, ce ne serait pas un très bon business.
Attention, ça commence. L’avion se stabilise, on ne grimpe plus, la voix off démarre, avec une musique comme dans les films de Bruce Willis, où il passe quelque chose de beau et de grave à la fois. Comme décrire le paysage ? Du désert, parfois un peu cabossé. L’ocre décliné, des plantes éparses, pas âme qui vivent la dessous. On passe au dessus du barrage « The hoover Dam ».
Un petit coup de wikipedia, pour éviter les erreurs de dates :

Le barrage Hoover (en anglais Hoover Dam et anciennement Boulder Dam) est un barrage poids-voûte sur le fleuve Colorado aux États-Unis, près de Boulder City, à la frontière entre l’Arizona et le Nevada. Il fut construit entre 1931 et 1936, durant la Grande Dépression, et fut inauguré le 30 septembre 1935 par le président Franklin Delano Roosevelt. Sa construction fut le résultat d’un effort massif impliquant des milliers d’ouvriers dans des conditions difficiles qui causèrent la mort de 112 d’entre eux. Sa construction a nécessité près de 7 millions de tonnes de béton.

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La voix off ne nous parle pas des morts, mais en revanche, quelques minutes plus tard, on nous explique que le barrage aurait dû se siter ailleurs, mais que les rochers n’auraient pas pu supporter ce poids.
Le lac artificiel est magnifique (je sens que je vais être emmerdée pour trouver des adjectifs à la hauteur de ce qui va suivre).
Sur la droite, du côté de Manu, c’est le désert du Mojave. La peur est partie, je n’arrête pas de me dire que j’ai une chance de malade de vivre un truc pareil. On arrive vers la Grand Canyon. Ce qui est rigolo, c’est la voix off en français prononce certains mots avec l’accent anglais, mais par contre, elle dit « canyon ». Oui alors, à l’écrit, on se rend pas bien compte. Elle ne dit pas canyonne, mais canion (pouetpouet).

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Je crois que je n’ai jamais été aussi émue en découvrant un paysage. J’ai le coeur tout serré, mes yeux picotent, et j’ai presque du mal à respirer. Aucune photo, aucune vidéo ne peut raconter l’effet que fait cet endroit.
Il y fort fort longtemps, c’était sous la mer, on retrouve des fossiles d’éponges, de coquillages. Ce sont des séismes volcaniques qui ont fabriqué ces montagnes en soulevant l’écorce terrestre.
En bas coule le Colorado. D’après la voix off, on peut le descendre, il y a de nombreux rapide, qu’on peut apercevoir vu de là où nous sommes. De douces trainées d’écumes blanches qui paraît-il, peuvent être vraiment très dangereuses.
Je ne sais pas exactement combien de temps le vol a duré. La musique de Bruce Willis me fait tout oublier. Manu aussi a l’air bouleversé. On est sans voix. En même temps, vu le boucan de l’avion + le casque, à part se regarder en faisant des gros yeux tout secoués, la communication est un peu limitée. Chaque virage de l’avion nous montre de l’encore plus beau. La lumière est belle tôt le matin. La peur est oubliée, on arrive même à coller nos pifs sur le hublot pour regarder plus bas encore.

On fait demi tour, c’est le retour vers l’aéroport playmobil. J’essaye de boire les souvenirs avec mes yeux, pour n’oublier aucun caillou.
A chaque heure du jour, l’expérience doit être différente. La lumière joue avec les ombres des montagnes, il faudrait pouvoir recommencer 20 fois, tous les jours pendant un an.

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On reprend la navette du retour vers New York New York Las Vegas. En chemin, on réfléchit à la suite du programme.
Un petit plouf à la piscine du motel, on va manger un gros petit dej, et on reprend la route. Vallée de la mort : on arrive !

Il est midi, sur la route encore.
On fait un stop dans un supermarché pour acheter de la flotte, j’ai rempli mon gros thermos de glaçons, la glacière de sacs de glaçons, on ajoute de quoi faire des sandwichs, et de quoi manger ce soir. Si on meurt dans la Vallée de la mort, ça ne sera pas de faim ni de soif. Il y a environ 200 km qui nous sépare de l’endroit le plus chaud de la planète.

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On écoute la musique, on s’éloigne des néons, et on se prépare à avoir un peu chaud.

Le trajet qui mène à la Death Vallée est déjà super impressionnant. Le paysage n’a de cesse de changer. Montagne, étendues caillouteuses, champs de cactus.
On arrive la borne pour payer l’entrer. Un genre de parcmètre, qui fonctionne avec une carte bleue et qui donne un ticket pour mettre sous son pare-brise. On croise des français désagréables et des canadiens charmants. (Le conducteur français, depuis sa voiture qui dit à sa femme en me regardant insérer ma carte bleue « Pourquoi elle paye la fille là ?! ». Manu qui aime bien me rassurer me dit « Tu vois, il a a dit la fille, pas « la bonne femme ». Hihi.

Là aussi, à chaque virage, sa surprise. Montagne noire, colline de cailloux, trois buissons mignons, crevasse zinzin, dégradé de couleurs folles. On roule, on roule. Notre premier arrêt : Zabriskie Point. Il faut grimper pour accéder a un genre d’esplanade pour avoir une vue panoramique de l’endroit. Il fait 48 degrés.  J’ai acheté de la crème solaire, et pourtant, là encore, mes mollets brûlent. Je sue aussi. Je bois compulsivement mon eau de mon gobelet polystyrène. Mais : WOUAH. C’est dingue. On va crever, c’est sûr, mais c’est dingue. des vaguelettes de roche jaune or, du à parte de vue à perte de vue. On reste au moins 6 minutes, et c’est déjà un exploit avant de nous réengouffrer dans la voiture sauna. Je remplis régulèrement mon gros thermos avec ma bouteille géante de flotte. L’eau est fraîche, c’est mon salut.
On arrive ensuite Furnace Creek, pour transformer notre ticket de pare-brise en pass annuel pour les parcs nationaux (au bout de trois parcs, c’est remboursé).
Alors là, dites donc, ça tombe bien comme nom de bled. Il fait 123° F, du coup, en Celsius, ça faiiiiiiit… attends, je regarde mon convertisseur. Ah. Il fait 50,55°C.

En plus j’ai oublié un truc dans la voiture, il faut que je retraverse le parking avec le soleil qui me tabasse la gueule.
Dans ce même bled, figurez-vous qu’ils ont contruit un golf. Oui parce que jouer au golf par 50°, ça doit être vraiment super. De plus, il faut arroser pour garder le green green. Ils sont fous ces américains.

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La route se poursuit, avec sa température, ses merveilles, nos escales, mon thermos, les glaçons.
Je me suis quand même fait une petite frayeur à un moment. On s’arrête, idem, pour voir un panorama, qui est à découvrir une fois arrivés en haut d’une petite colline. Challenge, je grimpe, et un peu plus loin. Je n’ai pas emmené mon gobelet d’eau. Mes pieds glissent un peu dans la sable, mais je veux voir ce qu’il y a là-haut. J’ai chaud, c’est étourdissant. Je pense à la chanson de la balade des Dalton qui parle du désert en disant « Un cavalier stoppé en plein galop », et qui montre un squelette de cowboy sur son cheval ».
Bon, en vrai, on parle de même pas 100 mètres hein…
C’est quand même très hostile, la Vallée de la mort, qui l’eut crû ?

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On repart dans l’autre sens, la fatigue commence à se faire sentir. Il reste bien 3 heures de route pour rentrer, il est dans les 17h.
On écoute de la musique, on digère l’époustouflant.

Arrivés au motel, douche piscine, et Manu trouve que quand même, ne pas voir le strip en étant à Las Vegas, c’est idiot. Il prend Sib-zombie-plein-les-pattes par la main et l’emmène au pays du clignote.
Cet endroit n’a aucun sens. Foule, musiques trop fortes, désastre écologique. Moi qui culpabilise quand j’oublie d’éteindre la lumière de mes toilettes. Les proprios des Casino iront tous en enfer, c’est sûr.
On peut traverser le strip par des ponts au dessus des embouteillages de voiture, on traverse un casino, on voit une danse de fontaine (c’est dingue, c’est comme un feu d’artifice, mais avec de la flotte), sur fond musicale entrainant. D’un coup, les gens ont 8 ans.

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Je découvre que dans un des casinos, il y a l’expo Real Bodies ! Enthousiasme ! On traverse le casino (12 minutes) pour voir si on peut visiter. C’est fermé. Groumpf.
Puis on se dirige vers le légendaire Caesar Palace. Ohlalalalalala. En vrai, je suis fascinée autant que tout est drôle tellement c’est excessif et ridicule. Le marbre, les moquettes, les statues, les fontaines, je regrette ne pas avoir le temps de tout décrire (il faut qu’on parte bientôt pour rendre la chambre) mais quand même, les hot dogs à 20 dollars, les bières à 30, les gens overdressed, le jeu, le bruit, la musique. L’Excès.
On se promène là dedans, 25 minutes à tourner en rond. Tout est fait pour ne jamais en sortir. Le concept de nuit ou de jour n’existe pas. Le temps s’arrête pour pouvoir se vider les poches.

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On repart vers notre parking, pour faire un tour au casino de notre motel (on joue à notre échelle). Car la dame du motel nous a offert une carte à 10 dollars pour essayer. On a fini par trouver une machine qu’on pige, on a quand même remis un peu des sous, mais Manu a quand même gagné 10 dollars. La classe à Vegas.
Je suis un peu déçue quand même, parce que si on avait gagné des kilos de thunes, je rêvais secrètement qu’on puisse se faire remarier par Elvis dans une chapelle kitsch.

On s’est couché, après 20h debout, c’est bien.

Pour voir toutes les photos, c’est là : https://chezsib.wordpress.com/2018/08/16/j-5-toutes-les-photos/

Une réflexion sur “J 5 : I’ll fly away

  1. Statue de la Liberté en maillot des Golden Knights ? C’est leur nouvelle équipe de hockey. Ils sont très forts et ont été en finale de la Stanley cup… 😁
    Quel voyage ! Profitez bien !

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