Et oui, cette année, nous nous marions. (L’amoureux merveilleux et moi, c’est pour situer).
Un quelque chose en plus, à nous, à ceux qu’on aime, organiser une fête gigantesque qu’on espère réussie, avec de la musique et de la joie. Une union dans l’union, du niais dans l’overniais, du bonheur en rab.
Ce que j’essaye de dire, c’est que c’est plutôt cool.
Bref.
Est arrivé le moment de l’EVJF. L’Enterrement de Vie de Jeune Fille. Je ne sais pas trop si il me reste vraiment des trucs à enterrer, si à presque 114 ans on peut encore dire que je suis une jeune fille d’ailleurs, mais oh well.
La date m’a été indiquée par mes témoins chéries. Camille et Margaux.
Le 30 avril, je l’ai noté il y a un moment déjà. Le week end du 30 avril.
J’ai tenté de soudoyer les enfants pour qu’ils me disent ce qui m’attendait, j’ai fait des allusions très très subtiles (« Y’aura de l’huile ? Comment je dois m’habiller ? Y’AURA QUI ? QU’EST-CE QU’ON VA FAIRE ? »). Rien n’y fit, rien je ne sus.
Oh j’ai beaucoup supputé, c’est sûr. J’ai aussi essayé d’orienter le tir avec des conseils judicieux comme « Oh des filles sur qui on lèche du sel, pour boire de la tequila à même leurs seins, c’est super ». Je pense qu’elles ont cru que c’était pour rire. Hihi. Hum.
Bon alors allons-y, je vous raconte pour de vrai…
Je devais dormir à la maison à Paris et être prête à 9h (propre et habillée, c’était très précis).
J’ai fait, c’est dans mes cordes.
A 8h30 : Camille m’appelle, c’est la cata, c’est gaga, c’est la gastro. Pas de Camille aujourd’hui : (
(Elle fut dans nos cœurs autant qu’elle fut dans ses toilettes, c’est pas rien).
Margaux sonne à 9h. elle me confie une ravissante mallette à fleurs. Je l’ouvre. Dedans, le nécessaire à journée.
-Un carnet
-Un stylo
-Un briquet
-Du vernis
-Des fleurs à cheveux
-Des paillettes
-Une compote
-Une briquette de jus
-Une lime à ongles
-Des autocollants cool
Puis une lettre.
Une lettre de ma marraine : la Fée des Lilas* écrite à l’encre mauve, sur un papier constellé de pétales séchés, et des paillettes.
*Peau d’âne

Margaux me tend une autre enveloppe, avec un premier indice.
C’est donc rue Belhomme qu’il me faut aller. (On ne voit pas, mais au dos des mots, il y a des jolies images).
Se trouve également une pièce de puzzle dans la toute petite enveloppe.
On prend un parapluie, et c’est parti.
J’ai mis mon GPS, on a marché jusqu’à Barbès.
Margaux m’a laissée examiner la rue, elle a beaucoup souri, pas de doute, il faut rentrer chez Tati.
Bon, pas n’importe lequel, « Tati Mariage ». Hin hin, c’est malin.
Alors on a erré quelques minutes, j’ai regardé les belles décorations qui brillent bien trop, les robes qui ne sont certainement pas ignifugées, et quand soudain, au détour du rayon « chemin de table en rotin luisant », Marie nous attendait. Hihi.
Elle m’a tendu une autre enveloppe. Avec un rébus. Un rébus très humiliant je dois dire, parce que j’ai eu un mal de chien à trouver. C’était un exercice intéressant pour tester la patience de Margaux.
Margaux : « Et ça, c’est quoi ? »
Sib : « Ben, du sable. »
Margaux : « Mais encore ? »
Sib : « Euh, des pâtés. »
Margaux : « Rhaa mais non, on dit un… de sable.. ? »
Sib : « UN TAS »
Margaux : « VOILA !!!! »
Bref, c’était longuet, mais j’ai fini par trouver.
Je vous mets la photo, vous chercherez.
Au prochain rendez-vous, c’est Agathe qui attendait, on a un peu couru au ralenti, c’était plutôt beau. Et elle m’a tendue une autre enveloppe.
Dedans, encore un indice. Une feuille vierge, rien. NADA.
Mais là, j’y songe : J’ai un briquet. Encre sympathique ! Comme c’est sympathique !
Assise sur le banc, j’ai chauffé la feuille et brulé mes doigts. Bon, j’ai aussi réussi à brûler la feuille. Mais grâce à mon étonnante mémoire visuelle, j’avais l’adresse suivante.
23 boulevard de Clichy.
Nous nous y rendons.
C’est le Sexodrome, pas con.
Devant, c’est Jojo qui attend, un Premières Fois en cours de lecture dans les bras.
(j’ai su après qu’elle était sortie du métro au moment où on passait, et qu’elle a couru avec sa capuche sur la tête pour pas que je la reconnaisse.)
(J’ai aussi su après que personne n’avait bien voulu attendre là, à part Jojo. Hihi)
Nouvelle enveloppe, nouvel indice.
Un code.
P12C3B2M3L1
Page 12, Case 3, Bulle 2, Mot 3, Lettre 1. (On m’a un peu aidée, je dois bien l’avouer !) C’est le côté maîtresse d’école de Jojo.
R – D – V – P – L – A – C- E – D – E- C – L – I – C- H – Y
Mais qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ?
Nous remettons en route joyeusement, un peu comme les sept nains mais en moins nombreux, sans aller au Sexodrome.
Une fois arrivées, je me doute de où nous allons, mais ça y est, j’ai le pli, je ne vais plus nulle part sans indications.
Marie et Jojo ont donc mimé des lettres avec leurs bras et tout ce qu’elles pouvaient :
S – T – E – P – H
(C’est idiot, je n’ai pas de photo, c’était époustouflant).
Alors c’est parti ! On tourne dans sa rue, on monte les étages. Et là, Steph (oui je m’y attendais) et UN BRUNCH.
Alors là vous m’auriez vu : « Oh mais c’est fou ! Mes céréales préférées !» « Ah bah ça alors ». Oh les malines, tout était calculé !
Marie s’est mise aux fourneaux, Steph touillait une pâte à pancakes, y’avait aussi de la salade fruits et des crumpets.
Quand soudain, oh comble de la joie, dans mon assiette : Du Gravy.
(Pour ceux qui ne se rendent pas compte de l’ampleur de la joie vécue, je vous invite à lire le voyage en Floride de l’année dernière. )
Du homemade gravy, avec des vraies saucisses dedans. C’était DÉLICIEUX !

Ensuite, Marie m’a fait les ongles (oui, il y avait une grande insistance mystérieuse sur le fait que je fasse mes ongles, et elles avaient d’ailleurs toutes l’air contentes d’avoir fait les leurs.)
On a joué avec nos cheveux, on a mangé trop, bu du café plein, mangé des cheerios à pleine main. Tout était bien.
(Même si Agathe fait de drôles de pancakes.)
Est arrivée l’heure du nouvel indice.
« Chacune, il te faudra ausculter. » Allons bon.
Je dois dire que à jeun, c’est pas la même ambiance. Mais j’ai procédé, j’ai soulevé de l’habit, j’ai tiré sur du tissus, et petit à petit, j’ai trouvé tous les mots en déshabillant gentiment mes copines.
CROIX – PETITS – RUE – 10 – DES – CHAMPS
Ok c’est bon, j’ai.
Et il faut partir à 14h.
A 14h, nous repartons donc vers une destination inconnue, mais près du Louvre quand même.
Un bar, on monte à l’étage.
(Au début, on s’est un peu gourrées d’adresse.)
Il n’y a personne, à part deux gonzesses sympas, des habits pliés sur les tables, du maquillage en veux tu en voilà.
Et là je pige : Makeover pinup: coiffure, maquillage, tout le tralala, et séance de photos !
HIIIIIIIIIIIIIIIII !
Je bouille de joille.
On me montre les habits qu’on a choisi pour moi. Margaux avait même prévu des habits de mon placard au cas où, et des chaussures !
On m’explique : c’était pour ça le vernis.
Ah mais oui, pas con.
On a beaucoup ri. (oui, là aussi.)
Le maquillage et les coiffures sont efficaces. Ça donne en plus un aperçu pour le mariage, c’est si chouette. ❤ Elles sont toutes belles.
(Je vous présente la technique de pose que j’ai inventée : « Faites comme si on vous mettait un doigt dans le cul.)
La photographe arrive quand on est prêtes, on commence les photos, toute seule, en groupe, et même dehors. Dans le froid. Oh ça, on devait avoir la cuisse ferme. Coup de bol c’était juste à côté de la galerie Vero Dodat. La gardienne nous a copieusement virées, avant qu’on ose demander à Charles le luthier des ukuleles (et autres) si on peut faire des photos devant sa vitrine. Il a dit oui. Triomphales, on a posé en grelottant mais avec grâce. La professionnelle de l’affaire, c’est Steph, qui est la plus forte en sexy attitude.
(Alors que moi, je pige rien à ce qu’il faut faire.)
De retour au bar, la photographe a remballé son matériel, nous a demandé si nos amoureux étaient des motards (à cause des tatouages, pas de nos démarches) et le gentil monsieur du bar a proposé d’en ramener une en moto. On a fait hihi haha hoho, et hop we go.
Un nouvelle indice : il faut que j’explore les toutes petites enveloppes qui se trouvaient dans les plus grandes enveloppes où y’avait les enveloppes à indices. Les fameuses pièces de puzzle. Une nouvelle adresse ! Rue Keller ! On se rejette dans le métro, toujours maquillées, avec nos cheveux si bien laqués.
On arrive au 21, c’est un bar à cocktail ! La carte est belle : on ne sait que choisir. (c’est d’ailleurs un de mes soucis de bistro, je ne sais jamais quoi commander).
J’ai pris un « Clover Club », parce que dedans, il y a du gin, de la framboise et du blanc d’œuf shaké, ça avait l’air super. Et bien, c’était effectivement super.
Une nouvelle mission d’enveloppe : Je dois aller parler au barman.
En temps normal, j’aurais certainement dit des bêtises à ce brave monsieur habile de la rondelle de citron, mais bizarrement, comme il FAUT y aller, je perds un peu mes moyens. Je bredouille « Euh, voilà, euh je, beh, je dois vous parler, donc euh bah voilà voilàààà ». Il sourit et me tend un sac.
Dans le sac, un cache-yeux, un foulard, un casque, un ipod.
Ahaha, c’est marrant.
Ah, non, c’est sérieux.
Je dois m’équiper, je ne vois plus rien, je n’entends plus rien du monde extérieur. La musique et le noir. Mon vertige se réveille, j’ai l’impression qu’il va y a avoir des trous partout et que je vais tomber. On se met à marcher. Je suis encadrée, et je serre les bras tendus comme jamais. De temps en temps, je sens mes guides vibrer, de rire. Haha, ah c’est marrant. On marche, on marche au moins mille ans. Je trouve qu’il n’y a pas beaucoup de trottoirs, je les soupçonne de me faire faire des tours de pâtés de maison. Je les sens rire et moi, je souris crispée. WWOOOOW, des escaliers. AAAAAAAH des escalators ! OH PUTAIN ON EST DANS LE MÉTRO ! Je trouve ça très dangereux, sachez-le. J’ai dû le dire, par dessus le noir et la musique « JE SUIS TRÈS INQUIÈTE HEIN ! ». Elles n’en ont vibré que plus fort. Surtout Jojo.
J’ai su et vu après que les gens de la rue et du métro ont posé sur des photos avec moi. Je suis au milieu, et ils font les andouilles autour, très enthousiastes. Huhuhu. J’ai donc tout un tas de photos avec des inconnus qui rient pendant que je me pose des questions sur la théorie du néant.
De retour dans la rue, j’essaye de me faire guider par mon nez. Compte tenu de sa taille il serait temps que cet appendice soit un peu utile. Ca sent le curry. Je me dis que qu’on doit être près de chez moi, mais d’un coup je ne sens plus rien. J’ai dû me tromper.
On passe une porte, on grimpe un escalier, qui est effectivement familier. On est bien chez moi, j’entends une musique, on m’enlève mon attirail, je suis éblouie par la pénombre, et je découvre que les garçons ont décoré l’appartement avec plein de photos, les mojitos sont prêts, Singstar est branché, il y a des tas de trucs à manger, la vieille et fine équipe est au complet. (pour mémo : il fut un époque où nous faisions des soirées Singstar (c’est un jeu vidéo pour chanter), quasi une fois par semaine ou presque. Et puis le temps passe, et les emplois du temps se remplissent, on s’aime toujours autant, mais on a moins le temps.)
Ce revival de ces instants qui me manquaient, c’est vraiment la plus belle des idées. On a donc chanté, bu en riant, comme si c’était hier. Les copains c’est la meilleure des médecines. Je n’ai pas arrêté de me dire que j’avais une chance incroyable d’être aimée aussi bien par des gens aussi fantastiques. Vers 4h, ivre, j’ai pris un bain. Les filles dormaient sur place, les garçons sont repartis. J’ai appris que Margaux avait caché des duvets un peu partout chez moi ces derniers jours. (il faut vraiment que je range cet appartement, je n’ai absolument rien vu).
J’ai pu prendre le temps de regarder les photos sur les murs : sur presque toutes, Marie a dessiné des licornes ! Des licornes qui font des blagues et des bêtises, c’est tellemeeeeent une bonne idée. J’ai d’ailleurs dit qu’il faut qu’on monte un site internet « Pimpyoupictureswithunicorns.com ». On va devenir riche.
J’ai rejoins Marie dans mon lit et je pense que je me suis endormie en ¼ de seconde.

Le dimanche matin, je me réveille vers 9h (oui, comme je suis vieille, maintenant, je me réveille tôt tout le temps). La maison s’est réveillée aussi, on a petit déjeuné, par épisode, au fur et à mesure des arrivées.
Oh un nouveau cadeau !!! UN COFFRET BLU RAY avec les Demoiselles de Rochefort, Peau d’Ane et les Parapluies de Cherbourg !!!
Oh l’enthousiasme ! Marie, subtilement glisse : je n’ai jamais vu les Demoiselles de Rochefort. On le met !!!! On chante, on récite les dialogues, on jalouse les habits, et on inspecte les coiffures.
Oh, quelqu’un à la porte. Margaux ouvre et c’est l’amoureux merveilleux. Il enlève son manteau et on me donne un autre cadeau. Un cadeau fou ! Une reproduction du tableau du film que Maxence a peint de son idéal féminin mais dessus, c’est MOI. C’est Capucine qui l’a fait <3. Et dans le film, à ce même moment, c’est la chanson de Maxence, ma préférée… Et Manu se met à chanter. Par cœur, il y a presque une chorégraphie. Sur mon canapé, je chouine émerveillée. A la question : « Mais, comment tu la connais ? », il m’a répondu dans un sourire : « Ta sœur m’a obligé ».
Voilà, j’espère que je n’ai rien oublié, ce fut deux jours si denses en perfection. Les filles ont envoyé des photos à Camille tout du long des étapes pour la tenir au courant, c’est bien son absence le seul point triste du week end. 😦
Je ne sais pas très bien comment leur dire merci à toutes, pour le temps passé, pour les merveilleuses idées. J’ai su qu’il y avait eu des réunions, des relectures de blog pour vérifier mes trucs préférés, des mails, des courses. J’ai beaucoup de chance, d’être aussi bien entourée.
(Capucine-Maxence, ce héros.)
Merci Adrien, François, Fred, Guillaume, Patate, Trou, et l’amoureux pour les préparatifs si mignons.
Merci Tata, Camille, Capucine, Marie, Jojo, Steph, Agathe pour l’organisation aussi folle que belle.
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