J3

J3

From Pensacola to New Orleans

Manu m’a réveillée avec un café de 12 litres, mais tout de même, réveil bien trop tôt dans le motel à bestioles.

On remballe le fourbi, on décolle à 7h. La mission matinale, trouver un lieu de southern breakfast, parce qu’il y a quelque chose que je guette et que j’attends depuis, environ 20 ans.

Oui parce que donc, mon année de 3ème française, je l’ai passée en Floride, dans un petit bled, appelé Montverde, pas très loin d’Orlando. Le week end, on avait des petits déjeuner un peu foufou, dont le fameux : SAUSAGE AND GRAVY.

Oh les amis, du sausage and gravy, c’est le merveilleux assuré. De l’épatement inattendu, du moelleux à goût, de l’onctuosité qui se mâche.
En gros, c’est constitué de « biscuits », (merci de prononcer biskitsse), un genre de petit pain rond, un peu comme des scones, en 1000 fois mieux, et du sausage gravy (merci de prononcer sossèdge graivy), un genre de béchamel très poivrée, avec des bouts de saucisse dedans.
Décrit comme ça, je vous sens perplexes. A regarder, je dirais même que c’est pire, mais à manger… oooooh, à manger. C’est si bon, si parfait. Rien qui déborde, la perfection petit déjeunesque, l’espoir d’une journée réussie.

Mais encore faut-il trouver où. Hit the gravy road, Jack.

Je ne vous cache pas qu’on a fait plusieurs tentative, de routes alternatives, de bleds aléatoires, on gargouillait sévère quand on est arrivé à Pascagoula. Et là on a trouvé un restau qui fait du petit déjeuner. Sur la porte, un papier avec écrit qu’on ne peut pas rentrer avec un flingue. Wouuuh, ça tombe super, on en a pas.
La tension est à son comble. Font-ils, oui ou non, du biscuits and gravy ?

2015-08-19 09.14.50

On s’assoit, on nous demande ce que l’on veut boire (oui, j’ai fini par piger le truc, quand on s’assoit dans un restaurant aux Etats Unis, il faut avoir décidé il y a au moins 16 minutes de ce que l’on veut boire, car c’est la requête immédiate de posage de cul).

Un coffee please.
Consultation fébrile de la carte.

2015-08-19 09.20.21

Fébrile, je vous dis.

Et là, Manu le dit « Ah, tiens, ils ont du biscuits and gravy ! » Les deux virgules les plus longues de ma vie.

Explosion de joie. Commande. « One or two biscuits ?» « TWO ! SIXTY ! WHATEVER ! GIVE IT TO ME BABY HAN HAN ! »

L’assiette arrive.

2015-08-19 09.24.00

C’est meeeeeeeeerveilleux ! (merci de prononcer MMMmmMmmMmMmmMmmmmmm).

J’ai la langue qui picote de poivre et contentement. J’ai le café qui raconte, j’ai le sourire qui colle à la peau, et le gravy qui coule dans mes veines.
La dame gentille nous demande si « Everything is ok ». J’ai bien vu qu’elle était un peu étonné de mon « Oh, I’m SO happy right now. »

Les gens d’ici, qui pourtant sont si forts en enthousiasmes ne savent pas la chance qu’ils ont.

J’ai bien dit à Manu que ça y est, on pouvait rentrer à Paris maintenant, on a fait l’essentiel, mais on a repris la route, malgré tout et en digérant.

Les états se succèdent à vitesse grand V sur notre trajet. Floride, Alabama, Mississipi, et enfin, la Louisiane.

2015-08-19 07.16.24

SWEET HOOOME ALABAMAAAA !2015-08-19 08.47.48 2015-08-19 11.09.47

Les animaux morts des bords de route sont plus rares (les pneus, eux, sont bien là), mais tout de même, je me demande à quoi ressemblerait la planète si les êtres morts ne se décomposaient pas. Vous imaginez un peu le bordel ?

On arrive à New Orleans : NOLA. Nawlins. La Nouvelle Orléans.

Ce coup ci, j’ai réservé. On est tout près des quartiers à touristes, de la bouffe facile à trouver. L’hôtel est ultra beau. Très neuf, voir bobo. Le lit, c’est un nuage de réconfort. Et zéro cafards, c’est carrément cool.

2015-08-19 12.07.14 2015-08-19 12.34.38

Le carrelage de la salle de bain est très sirène, on est pas mal content.

2015-08-19 12.34.16

On pose le merdier, et en route pour la balade.

Les maisons sont magnifiques, le Mississipi est juste là, je chantonne Proud Mary dans ma tête, et on fait un peu les boutiques. C’est très bien, il y a des têtes de morts partout, des sauces qui piquent à toutes les sauces, des bidules Tabasco à plus savoir quoi en foutre. On s’arrête au French market pour grignoter un bout.

2015-08-19 12.44.32 2015-08-19 13.09.57 2015-08-19 13.15.16 2015-08-19 13.20.12

On prend des crawfishes. Des écrevisses donc, et puis une saucisse d’alligator. (je pense que c’était un cochon avec un masque d’alligator plutôt, mais bon, c’est presque bon).

2015-08-19 14.30.42 2015-08-19 14.30.50 2015-08-19 14.33.38

Il y a des oysters bars partout, je n’ai étrangement pas encore testé, demain.

2015-08-19 14.40.43

Balades dans le quartier environnant, mais un peu plus loin que la foule. On aime bien marcher, se perdre loin des gens.
Tout de même, les maisons sont hors du temps. C’est effectivement un mélange de plein de déjà vu (merci de prononcer déjjà vou). Merci les films et les séries.
Beaucoup de barbelés, de tessons de bouteilles en haut des murs, des panneaux qui disent qu’il faut sortir en grand groupe, sinon c’est dangereux. AH BAH SUPER, à deux on est pas vraiment un grand groupe, c’est rassurant, aheum.

2015-08-19 15.04.34

Shopping divers, et super. Petite pause à l’hôtel. Il est bien 18h, on a les pieds en miette. Il a plu, je glisse dans mes sandales, Manu compte ses ampoules. Trop se sexytide, douchons-nous.

Après une pause bien méritée, on repart à la charge de Bourbon Street.

C’est la rue du quartier français remplie de bars, de bars à frozen drinks, de bars à filles, de bar à musique où on boit des drinks en espérant ramener des filles pas trop frozen.

2015-08-19 16.35.31

On boit une frozen Margarita de 12 litres (oui tout est servi par 12 litres ici, c’est fou). C’est bon mais ça fait mal aux dents. Et Manu, ça lui fige le haut des sinus, et paf mal de crâne. On est vraiment des dingues.

Stop bouffe, gombo (un genre de soupe/plat en sauce aux okras), Po’boy (un sandwich), et retour au bordel.

Cette rue, c’est un merdier sonore incommensurable. C’est à celui qui aura la plus grosse sono, le plus de racoleurs, le plus de public, le plus, donc.

On a virevolté de concert en concert. On a bu d’autres mauvaises margaritas en regardant des gens très ivres danser ivrement en buvant plus que la minute d’avant.

2015-08-19 20.35.50

Dans les entrées des strip clubs il y a des phrases très judicieuses comme : « Sex is better, if ‘you’re a believer » (coquinou Jésus hein), et « Shaven but not stirred » (coquinou James Bond, hein).

2015-08-19 21.17.08 2015-08-19 20.37.32

On a entendu, je pense ce soir, tous les saucissons de la « WOO» music. (vous savez, ces morceaux, quand ils commencent et que les gens ont bu et qu’ils font « WOOHOU !! »)

16 versions de Sweet Home Alabama, du ACDC sous toutes ses formes, Midnight Train en boucle, et quelques trucs chouettes malgré tout. Mais rien de vraiment New Orleans, jazzement parlant. Il y a quelques groupes, mais je pense que dans cette rue, il faut appâter l’ivresse et le chaland, faut que ça fasse woohou. On va farfouiller ça demain, avec les huîtres.

Dans les bars, j’étais un peu jalouse de leur abandon idiot à ces gens trop imbibés. Ils dansent, ils rient, ils font n’importe quoi, et ils ont l’air super débiles, mais ils en ont rien à carrer. Ils fêtent et profitent. Le public est très mixte. En âge, en couleur, en tout. C’est ultra chouette d’être là dedans.

Cette rue, c’est aussi un affreux capharnaüm un peu glauque. Des filles ultra abîmées avec des panneaux en cartons qui disent « Will Twerk for food », avec des sales types qui la font courir après les biftons, beaucoup de sans abris, de toxicos, de gens seuls et ivres, des gens qui font tout et n’importe quoi avec pour devise « Worth a picture, worth a dollar », tout quoi. Bourbon Street, c’est l’Excès.

2015-08-19 22.31.36

Nous voilà rentrés. Je garde de l’énergie pour demain, mes courbatures, mon amoureux et moi, on va faire dodo. Il est 6h53 chez vous, 23h53 ici.

Bonjour-bonne nuit.

Une réflexion sur “J3

Laisser un commentaire