J2

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Roadtrip and roadkills.

Commençons par la fin.

Nous venons (enfin) de trouver un motel où dormir. Car comme de bien entendu, on en a croisé des centaines sur la route, mais une fois arrivé au bout de notre fatigue, on a tourné en rond dans la partie moche de Pensacola pour éliminer les hôtels trop chers un par un, pour finalement en trouver un à 50 dollars la nuit.
L’endroit est joyeusement terrifiant. Il doit être bourré d’enfants morts. Je pense qu’il a également été construit sur un cimetière indien, et Ted Bundy y a probablement vécu avec sa mère dans un des cagibis.

Come play with us

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On a trouvé notre chambre, et un cafard nous y attendait gentiment. La fatigue aidant, mea culpa, je l’ai broyé.

On a été manger dans un truc à burger absolument dégueulasse.

La foule aurait pu être un indice.

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C’est assez rassurant de voir que tout n’est pas parfait, ni magique tout le temps.

Pendant que je vous écris, un gros ronronnement infâme, ponctué de glougloutements en provenance de la clim présage une nuit des plus réparatrice.

La route, en revanche, fut fantastique.

Nous partîmes à deux, et heureux. En route vers New Orleans, une escale mystère au milieu, une chouette petite route aléatoire, qui fait traverser des bleds rigolos, plutôt que de rouler sur la highway qui fait vroumvroum sans surprises.

(Sur la carte, pas la route marqué en vert, on a plutôt longé la côte, à gauche de la route verte.)

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Et là, des chouettes surprises, on en a vu des tas !

Tout a commencé par les vautours. Perchés sur les poteaux, ils nous regardent passer. De temps en temps, ils sont pleins, ils tournent en rond. La route est effectivement jonchée de tas de bestioles crevées. Des armadillos :(, des vautours aussi (le cercle de la vie), une tortue, d’autres oiseaux plats, et même un genre de coyote/loup/chien, et beaucoup de pneus.

Je ne sais pas ce qu’ils foutent avec leur pneus, mais on en vu des dizaines broyés sur la route et le bas côté.

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Dans les petites villes qu’on a traversées, on a pu s’arrêter dans des antiques stores et autres thrifts. Si j’avais un jet privé pour rentrer, j’aurai tout acheté. Des objets hors du temps, des bouteilles de coca des années 20, des outils chirurgicaux anciens. Il y avait même une tête de jackalope empaillé. Je regrette encore de ne pas l’avoir achetée.

Une dame dans un des magasins de route m’a demandée d’où on venait. « Paris, France ». « Oh my gosh, Paris France in Chiefland, if someone had told me that ! »

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Oui quand même, je vais le répéter, mais décidément, ici, les gens sont gentils. Je déplore toujours l’agressivité des gens en France, et à l’inverse, je suis prise du court quand les gens sont uniformément agréables avec beaucoup de simplicité ici.

On a déjeuné dans un bouiboui sympa, la viande était délicieuse, les mash potatoes moins, mais ce n’était pas grave. On m’a rempli mon verre d’ice tea 10 fois, j’ai pu ensuite beaucoup faire pipi.

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C’est un open face beef sandwich. Parce que le pain est ouvert, pas parce qu’ils nous ont servi de la tête de boeuf. 2015-08-18 14.27.46

En voiture, on ressent l’immensité. Je crois que je me suis beaucoup dit que ça doit être excessivement facile de faire disparaître quelqu’un de mort dans ce pays. Les forêts sont gigantesques, il y a des bayous partout, je pense que les Experts, ils peuvent se brosser Martine, en vrai.

On a avancé encore, sur des grandes lignes droites, avec la route qui disparaît à l’horizon comme dans une flaque d’huile. Il fait lourd, et chaud. Dès qu’on s’arrête, la baffe est lourde. On se fait broyer par la chaleur et l’humidité. Mais c’est beau. Les arbres sont très changeants. Ils ont un coup les pieds dans l’eau, ou protègent des vaches long horns.

On a croisé des hérons qui traversaient aussi. C’était carrément plus chic qu’Abbaye Road. Beaucoup de drapeaux sudistes aussi…

A un moment, on a fait un autre stop. LE magasin de l’improbable. Dans cet état où il ne neige jamais : un Christmas Store. Qui prend la place d’au moins trois maisons. On rentre, c’est vide de gens, il n’y a personne. MAIS ! Il y a des affaires partout. PARTOUT. Des pères Noêl, de toutes formes et tailles. Des guirlandes, des cupcakes à suspendre, du bordel en veux tu, en voilà. C’est tournicotant ! Il y a au moins 5 pièces remplies du sol au plafond. On se fraie un chemin en essayant de ne rien faire tomber.

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Je vole quelques photos, et on ressort.

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Je m’avance un peu plus loin, et je trouve le monsieur à qui ça appartient. Il m’explique qu’ils sont fermés, que le magasin est trop plein et trop chaud pour travailler l’été. En ce moment, ils sont plutôt sur les routes pour faire des fairs.

Il me dit que je peux visiter si je veux. (oups). Je le remercie beaucoup fort, je refais un tour de principe, et je rejoins Manu qui m’attendait à la voiture.

On a vu beaucoup de bâtiments religieux. Avec des messages super sur des grands panneaux. On est passé trop vite devant pour que je puisse faire des photos adéquates.

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Par exemple : « Go to church weekly, not weakly » C’est-y pas bien trouvé ?

Je vais essayer de dormir, deeply. Il est 22h27 ici, 5h27 à Paris.

Une réflexion sur “J2

Répondre à J-91 jours | Chez Sib – Carnets de voyages Annuler la réponse.