J16 et 17 : Deux en un car un peu de farniente, c’est bien.

C’est le matin dans la cabane suspendue. On se dit que rien faire, peut-être que c’est pas mal ? Il y a des grues qui barbotent, j’ai envie de les copier.


Je vais dans la rivière, avec un livre, et pour la première fois depuis mille ans, je ne fais rien. Je bouquine du Lehanne, les fesses dans l’eau. Fesses d’ailleurs mâchouillées par les petits poissons qui m’entourent. Je les soupçonne d’attendre que je meure pour que je me décompose et que je devienne vraiment comestible.

Je me fais un masque au riz, je bouquine encore. Et comme on est pas très bons en rien faire trop longtemps, on se dit qu’on va aller voir le château qui n’est pas loin. Mais d’abord, il faut manger. On s’arrête DANS LE PREMIER TRUC QU’ON VOIT. Y’a une ribambelle de petits restau et magasin de bouffe. Paf, sans réfléchir, le premier. Manu prend un curry, je prends des tempuras. Tout est incroyable. En particulier une toute petite salade, qui s’appelle okara d’après la dame (depuis j’en cherche dans les supermarchés, en vain).

On s’arrête en route pour voir des cascades. Il y a un pont en bois qui passe au-dessus de l’eau qui gronde. Le pont bouge. Je fais 15 pas, et demi-tour. Je préfère être mangée par un ours que de marcher au-dessus du vide. Je préfère disparaître dans un fait divers un peu glorieux. Pas sur un pont qui s’effondre. Cette campagne est finalement très animée, très sonore. Les cigales, les cours d’eau, tout ça fait un joyeux raffut.

On arrive aux ruines du château. On se gare, il y a 15 minutes de marche, en montée. J’ai déjà dit qu’il faisait chaud et humide ?
Du château, il ne reste pas grand-chose, à part la structure en pierre massive. On se balade, et soudain : la pluie. On avait un peu senti le truc venir, on a nos parapluies. OUF. Parce que c’est pas de la déconnade de pluie. On tombe quand même sur un sanctuaire, je chope un omamuri.

Ma blessure au pied s’intensifie (je crois que c’est de la dyshidrose (c’est comme de l’eczéma). Mes pompes mouillées frottent dessus et j’ai très mal, je redescends la montagne pas à cheval, mais pieds nus. Le sol est chaud. À réception de la pluie, il fume. Quand on arrive à la voiture, on se croirait dans un film où tout va mal finir.
Le retour est un peu épique. On roule dans des flaques très profonde, on se croirait à l’Aquasplash. J’ai très peur en voiture, alors j’ai très peur en voiture là.

On s’arrête à une brasserie de saké (bah quoi ?) en chemin, puis au supermarché, on a réservé un barbecue pour ce soir. On choppe viande, légume, onigiri, ça va être super.
En route les onis des bords de route nous rient au nez.

On dine et on boit trop, et on dort fort. La viande est vraiment dingue.



Le lendemain, faut plier bagages, on a un ferry à prendre, car on va sur l’pile de Shikoku (dit à haute voix, le nom de cette île est nul dis donc).

C’est assez facile et diablement bien organisé. Une petite heure plus tard, on débarque avec la voiture, et on roule sur la péninsule. La mer est partout autour de nous.

On s’arrête à une brasserie de saké (bah quoi ?). Et un peu plus loin à une autre (hum). Là c’est un peu rigolo, on arrive, il n’y a personne. On appelle doucement, et une très vieille dame semble s’extirper de sa sieste. On est super désolés. Elle appelle un monsieur, qui arrive, et n’arrête pas de nous parler. Il nous fait assoir, la dame nous sort des tas de trucs à boire (thé, calpis, eau). On se débrouille comme on peut, on parle pays, voyages. On choisit une bouteille, il nous en offre une petite en plus. Et puis après il va chercher un tissu avec la presqu’île imprimée dessus, c’est pour nous, c’est cadeau. Bah ça alors. On dit mille fois merci, il nous raccompagne, nous indique le chemin pour repartir.

Avant d’arriver à notre lieu du dodo du soir, on s’arrête à une troisième brasserie (peut-être que là, vous pouvez juger un peu). La dame nous parle en japonais, très vite, avec un sourire généreux, on pige rien mais c’est méga sympa. On repart avec une bouteille sous le bras.

On arrive. C’est une grande maison, assez ancienne. Un jeune homme nous accueille. Nous fait faire le tour. La maison est magnifique. J’ai aussi pris le diner en option (c’est 12 euros chacun). Donc on dine là ce soir. On se pose un peu en attendant 19h.
Manu se cogne partout. C’est très bas de plafond. D’ailleurs, depuis que le voyage a commencé, il n’a de cesse de se cogner. Son front est un champ de bosses.

On amène notre bouteille, il nous offre de la bière. Sur la table, des tas d’assiettes attendent déjà.
On discute en attendant l’autre « guest ». Notre hôte a vécu 2 ans au Cameroun, avec une asso, pour enseigne la couture, aider à des réparations diverses. D’ailleurs, un peu partout dans la maison, il y a du wax. En déco, ou sur les objets cousus mains. Cette alliance des cultures est vraiment chouette. On découvre que le jeune homme a 40 ans en fait (je lui en donnais 26). Il parle un peu français.
L’autre invité arrive, il comprend un peu l’anglais, mais est plus timide.
On se raconte des tas de trucs. On parle de la langue, Manu pose des tas de questions de vocabulaire et de grammaire. C’est plus fun que Duolingo. On rit, on boit, on rit. Le diner traine jusqu’à 22h30. L’autre invité demande si on peut faire une photo tous ensemble, j’en profite pour demander pareil.



Avant d’aller dormir, notre hôte nous montre son atelier de couture, les photos du Cameroun. ❤

Hop au lit.

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