On se lève tôt. Le saké de la veille est un excellent réveil (non).
J’ai très envie d’aller me baigner, alors on range tout, je remplis une grosse bouteille d’eau avec de l’eau chaude pour pouvoir me rincer, parce que dans la foulée on va se diriger vers la ville suivante sans repasser par la case douche Airbnb.
Il est 9h, le soleil fout des mandales dès qu’on sort de l’ombre. Mais on est à la mer. Et l’eau est parfaite. Un léger frais par rapport au dehors, trop facile de rentrer dedans d’un coup sans serrer les fesses et remonter les épaules.

Je nage, mon épaule hurle, mais je nage, et c’est bon. C’est la mer.
Manu reste sur la plage, sur un banc à l’ombre. Le sable qui colle avec l’absence de douche qui suit est un frein pour lui.
En sortant de cette baignade efficace, je trouve des toilettes de plage, je me rince avec ma bouteille, et je peux me rhabiller.
Il n’y a pas bcp de km, on en fait une partie sans autoroute, pour éviter quelques péages et économiser trois yens six yens. C’est bien le seul truc un peu cher dans ce pays : les péages.
On traverse des campagnes chics, avec des maisons chics. Les montagnes sont toujours aussi duveteuses et vertes, ce paysage qui défile est réjouissant.
J’ai un élan de « Oh mince, j’ai pas regardé ma carte où j’ai noté des trucs depuis longtemps ». Arf, on est passé pas loin d’un autre Team Lab, qui semble un peu perdu au milieu de rien Oh… C’est à 15 minutes, on bifurque.
On arrive effectivement dans un endroit perdu. Le GPS nous amène même à l’entrée d’une forêt fermée à clé.
On ne renonce pas, on fait le tour, on trouve un parking, on demande à une dame dans sa voiture qui dit que non elle sait pas, puis à deux jeunes qui eux disent : c’est par là.
On laisse la voiture et on grimpe. On devrait savoir qu’on ne devrait pas laisser la voiture si vite quand on va vers l’inconnu, car il fait 1700 degrés. Ressenti 3000 degrés.
On sue toute l’eau qu’on a bu toute notre vie.
Au bout de cette route de nulle part, on trouve un hôtel. C’est dans l’hôtel qu’il y a une expo Team Lab. L’entrée est déjà phénoménale. Des lampes en verres diffusent une lumière tamisée. Elles sont suspendues autour de nous à différentes hauteurs. Si je m’y connaissais en cinéma, je pourrais certainement faire le parallèle avec une esthétique référence. Mais comme pas du tout, je vous laisse insérer un réalisateur classe où vous vous voulez.
Il y en a partout, des lampes. L’effet est saisissant.

Au RDC toujours, il y a une autre pièce, plongée dans le noir, avec un gros carré lumineux, et pas loin, une flaque d’eau, qui réfléchit.
J’avais lu qu’un bout de l’expo était dans un ancien onsen. Pour y accéder, on monte à l’étage, on passe devant des chambres d’hôtel pas mal. Des femmes font le ménage, on dit bonjour, on avance, on déambule comme si on était client. Et on arrive au bout d’un couloir, où les murs s’effritent. Il y a des bouts de cloison par terre. On passe une porte, et on surplombe un onsen, plusieurs bains vieillots et sales avec des installations qui semble sortir du carrelage. Des monolithes lumineux sur lesquels volètent des fleurs et des couleurs.

On s’enfonce dans un autre couloir, il fait tout noir. Au sol, des lanternes rouges et tamisées bordent le chemin. Au bout, on voit une flamme qui danse. Ce couloir donne la sensation de s’enfoncer loin dans la terre, qu’on se dirige vers les Enfers. Ou qu’un fantôme modérément sympa aura envie de nous faire peur.
On se perd un peu autour de l’hôtel, il y a bien des indications sur d’autres œuvres, on se promène dans la chaleau d’un parc où il y a des intitulés, mais on comprend que ce sont des expos de nuit, sons et lumières. Tant pis, Nagasaki nous attend. C’était déjà très bien. Une légère sensation de frustration, ou de ne pas avoir trouvé.
Pour ceux qui jouent au jeux vidéos ou à D&D, c’est un peu comme quand on n’a pas clear un niveau ou visiter chaque pièce, chaque coffre, chaque couloir. Comme si on était passé à côté de quelque chose, mais avec la joie d’avoir quand même trouvé LE trésor.
On fait une petite pause dans une brasserie de saké, le monsieur est très taiseux, c’est dommage parce qu’il y avait sur une petite table, des bocaux avec du riz et les différents polissages pour la fabrication du saké. La barrière de la langue est un énorme frein parfois. Même si Manu tente le tout pour le tout à chaque fois. On achète une bouteille, parce que faut pas se laisser aller, nous sommes des gens sérieux.

On arrive à Nagasaki. Ça monte, et ça descend. Le quartier où on loge est en hauteur. On est accueilli par un couple d’une soixantaine d’années. Un petit gâteau, un thé glacé, et un montagne d’enthousiasme. On se sent tout se suite à la maison. Ils parlent anglais, ça aide, il faut bien l’avouer. C’est une maison à deux étages, on a une chambre en haut. On peut même faire une lessive, et croyez-moi, ça devenait nécessaire.
Après s’être installé, avoir discuté un brin, on file à pied vers downtown. Down, c’est le moins qu’on puisse. On sent tous nos appuis, ça descend fort. On a le muscle qui se réveille et qui hurle à la mort. On en a pour une trentaine de minute, mais il y a de l’ombre et malgré la chaleur, c’est supportable (de multiplication).
Dans les rues, y’a des friperies chic, et dans l’une d’elle, le vendeur nous montre des jerseys de Suicidal Tendencies, et il dit qu’il connaît Mike Muir et qu’il va régulièrement aux US le voir. Ah bah ça alors hé, c’est pas banal (moi je pense qu’il fanfaronne).
Puis une autre galerie marchande couverte et on trouve la rue qu’on cherchait. Il faut descendre un escalier, et un peu comme pour le Ramen Stadium, c’est un endroit avec plusieurs petits restaus. Mais comme demain, c’est Obon (jour férié, pour fêter les morts), il y a plein de trucs fermés. J’ai presque envie de dire ouf ça réduit nos options à peau de chagrin. On opte pour un barbecue, il y a du « bœuf Nagasaki » :Le « bœuf Nagasaki » (長崎和牛, Nagasaki Wagyu) est un terme désignant le bœuf de marque produit dans la préfecture de Nagasaki, réputé pour sa viande maigre, tendre et savoureuse, qui a remporté plusieurs prix au niveau national, dont celui du Premier ministre à la « « « « Jeux Olympiques du Wagyu » » » ». Il est connu pour son excellent équilibre entre viande rouge et persillage de gras, qui donne une texture à la fois juteuse et fondante. (j’ai trouvé ça sur internet).

On nous amène le petit barbecue, l’assiette de viande et légumes, et je commande des sobas en plus, un gin&soda et Manu une grande bière.
Je pense que c’est ce que j’ai mangé de plus foufou depuis qu’on est arrivé. Cette viande est élégante voyez-vous.
On rentre en bus, non sans peine (quel côté de la rue ? Sommes-nous dans le bon sens ? À quel arrêt descendre ! AAAAH !).
On arrive finalement, il y a une étudiante dans le salon des invités, elle est chinoise et fait ses études à Tokyo, le monsieur nous rejoint, on offre du saké à tout le monde et des daifukus que j’ai acheté dans la galerie marchande. C’est une chouette fin de soirée. On discute un peu tard, on baragouine tous autant qu’on peut pour se raconter des histoires.
On va se coucher, demain, on se lève tôt !













































