J12 : De Ube à Itoshima

On se réveille dans notre jolie chambre à futons durs.

Un café m’attend au rdc, c’est vraiment très accueillant ici.
Le monsieur qui gère est vraiment attentionné. La guest qui parle anglais raconte à Manu que ce que nous soupçonnions est exact, ce lieu sert aussi de maison de jour pour les personnes âgées du coin.
Pour se doucher, on peut profiter de douches du onsen. Les bains ne sont pas ouverts, mais on a le droit d’y aller tous les deux.
Oh punaise, je choppe mon téléphone, il n’y a personne, je vais pouvoir faire des photos pour vous montrer ! Vous me direz si mes explications étaient claires comme ça !

On se douche tous les deux, à la cool, dans cette salle de bain gigantesque. Nos fesses écrabouillées sur ces petits tabourets mignons. C’est super d’être ensemble.

On discute encore un peu on ramasse nos affaires et on dit au revoir.

On a une étape importante : j’ai vu qu’il existait sur notre route. Attention. Un endroit qui s’appelle : Le Ramen Stadium.
Je pense que ça va être génial.
On fait la route tranquillou, il ne pleut plus alors nos arrêts d’autoroute sont transpirants.
Les boutiques des aires sont assez géniales. Il y a beaucoup de gâteaux un peu chics, dans les jolies boites, c’est bien emballé, et surtout, il y a toujours l’exemple factice plus vrai que nature. Je me demande comment c’est géré. Il y a une entreprise spécialisée ? Tu lui envoies ton produit et elle fabrique ça à la main ? Puis en usine (il y a beaucoup d’aires d’autoroute). C’est le mystère.
J’ai envie de tout essayer, mais j’ai bien l’impression que nos valises se remplissent petit à petit, et je ne sais pas comment on va faire pour tout ramener…

Fukuoka, nous voici nous voilà. Ramen, tu seras mienne.
Je mets l’adresse, y’a un parking à côté. On se gare, on cherche une sortie, et là, magie du direct, on tombe en plein dans le stadium ! Alors ça, c’est une affaire rondement menée. En gros, on est comme dans un immeuble de centre commercial. Et comme pour les okonomiyakis, y’a plein de restaus partout, avec des files d’attente. On en choisit un, avec pas trop de monde. Il y a la fameuse machine à distribuer des tickets pour passer la commande. On procède.
Quand c’est notre, le serveur qui nous accueille demande des précision, garlic or not garlic, truc du genre.

On s’installe, on est assis à des places autour de la cuisine. Ça s’affaire, ça parle fort, ça dépote de la nouille.

Le plat arrive, c’est bien entendu délicieux.




Ensuite on va à l’étage du dessous, manu va fumer et y’a deux trois boutiques. Dont une de machine. C’est un gros truc ici, les machins à pince pour gagner des cadeaux. Je me pose à côté de deux jeunes hommes, qui tente de récupérer une figurine Dragon Ball. La pince est grosse, y’a deux coups pour 200 yens (1,16 euros). Flèche vers le haut/bas, flèche vers la droite/gauche. Petit à petit, la boite se décoince, c’est fascinant. Manu me rejoint, et on est à fond.


J’ai l’esprit de grand-mère en moi. Le game, la machine à sous. C’est comme si fantôme rigolo était dans ma tête. Moi tu me colles dans un casino, je dépense tout parce que le prochain coup, c’est forcément le jackpot. J’ai super envie qu’il la gagne cette figurine. Y’a une nana à côté, qui gère ça de façon impressionnante. Elle met des pièces, regarde les angles, elle calcule, elle évalue. ET WOW ! Elle gagne !

(pas sur cette vidéo)


Un autre petit groupe de jeune, la même ! Ils gagnent la figurine, on applaudit. Ça créé des moments de connivences un peu marrant.
Pour expliquer, la boite est posée en équilibre sur deux barres parallèles, qui s’écartent un peu à un endroit. L’idée c’est de faire basculer la boîte, jusqu’à ce qu’elle puisse passer entre les deux barres. On ne voit pas de figurines qui nous réjouissent, mais on se dit qu’il faudra qu’on essaye. Manu me dit « faut se fixer un budget, et après on arrête. 2000 yens (12 balles). Je suis déjà fébrile. La petite musique est déjà dans ma tête. MAIS SI LA BOITE EST SUR LE POINT DE TOMBER FAUDRA CONTINUER. RHAAA.

Bon hop, on repart.

Il fait toujours beau, on arrive gentiment à Itoshima. C’est une ville en bord de mer. On se dit qu’on va : trouver la brasserie de saké, aller voir le torii sur la mer, regarder le coucher de soleil.

On pose nos affaires dans notre dodo d’un soir.


4 tentatives plus tard : toutes les brasseries et boutiques de saké sont fermées.
Le torii sur la mer ? C’est joli, oui, mais les gens font une file d’attente pour se prendre en photo devant. Mouais.
Le coucher de soleil ? On le rate parce qu’on est passé au supermarché pour le diner juste avant. Mais on y a trouvé du saké qui a l’air cool.

J’ai un peu le moral dans les chaussettes. Aujourd’hui, c’était la signature de la vente de la maison de grand-mère à Carantec. Alors ce coucher de soleil raté, ça me fait pleurer pour de bon. Je vais mettre les pieds dans l’eau. Je cherche un coquillage à ramener à grand-mère. Je me dis que ça y est c’est fini pour de vrai. Je pense aux travaux qu’ils vont faire. Ils ont l’air gentil, les acheteurs. Ils ont dit qu’on pourrait repasser. Qu’ils sont heureux que leurs enfants puissent se construire des souvenirs aussi beaux que les nôtres. J’ai physiquement mal en pensant que je ne verrais plus cette maison. On m’arrache un des derniers bout d’enfance.
Je sais qu’on n’aurait pas pu la garder, et c’est très loin. Je suis raisonnable. Et tout s’est passé vite, au mieux. Mais même. Tant que la maison était là, elle était là.

Je regarde l’horizon, pour apercevoir la côte du Finistère dans le lointain (j’ai pas dit que j’étais bonne en géographie hein). Mon amoureux me fait un câlin, et on rentre boire du saké.

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