J9 : La pluie ne fait ne fait pas le temps beau, mais amène aux sobas.

Je profite au réveil de la cuisine commune pour aller écrire.
J’ai du mal à me caler avec ce décalage horaire pour écrire et poster et que ce soit pratique pour vous.

On ramasse nos affaires, on dit au revoir aux deux charmantes personnes qui tiennent l’auberge (je vous conseille vivement Hostel Act à Toyooka). Elles nous donnent des conseils, surtout d’aller faire un tour à Izushi. Il y a les ruines d’un château, un petit village mignon, et c’est le pays des sobas.

Sobas = nouilles au sarrasin

On va d’abord faire un tour dans un magasin d’occaze gigantesque. Y’a tout ! Des habits, des appareils électriques, des instruments de musique, des figurines, des pneus. C’est très marrant, mais on ne fera aucune affaire.


Go go gadget aux sobas.
On arrive à Izushi. De fait, c’est bien joli cet endroit. On galère pas mal à trouver un parking, mais une fois qu’on est garé, on est garé.
Il pleut. Alors il nous faut des parapluies. Il y en a à l’office du tourisme juste là, devant nous.
Ils coûtent 550 yens  (3,20 euros). Mais là, comme c’est nous en vacances, on se dit « Oh, y’en aura d’autre plus loin, des mieux ! (#maladieduchoix). Alors on marche, comme deux crétins sous la pluie. On trouve le restau indiqué par les dames de ce matin.
Ça s’appelle Jinbe. Je regarde un peu sur internet, whooo, c’est une institution : http://www.jinbe.com/en/

À l’entrée, des carpes koï ondulent dans un bassin, il y en a même une EN OR.


Il y a foule, on prend notre nom, il y a 20 mn d’attente minimum. On peut repartir chercher un parapluie. On trouve une petite boutique, on choisit deux parapluies, exactement les mêmes, exactement au même prix qu’à l’office du tourisme, mais le bonus : on est trempé. Bien joué nous !


On retourne au restau, on entre, on attend au milieu de tas de gens. Mais on est un peu identifié (on est les seuls européens), alors la dame nous tient au courant.

Pendant ce temps, on étudie le truc.

Il faut commander des assiettes de sobas. C’est 150 yens l’assiette (un peu moins de 90 centimes). Ils préconisent 8 assiettes pour les femmes, 10/15 pour les hommes. Gnagna.
Si une personne en mange 17, il y a un cadeau surprise. HAAAAN.

Il y a aussi la possibilité de prendre des « toppings », pour 200 yens (1,16 euros).

On nous installe, 35 minutes plus tard. Manu est hyper soulagé, c’est une table avec des chaises. Près de nous, une famille de 4 se fait ramener des plateaux d’assiettes en continue. Je demande si 10 assiettes par personne, ça va. On me dit que oui. Je suis certaine que non. Manu pense que si. Adieu le cadeau surprise.

On nous amène un plateau : un pichet de bouillon de dashi froid, des oignons verts, du wasabi, du radis râpé, de l’igname, des œufs. Il y a un petit mode d’emploi. En gros : tremper les nouilles dans le bouillon, et puis après, faire bien comme on veut.

Le plateau d’assiettes arrive. Ça fait 20 assiettes. Je pense que Manu avait raison. C’est rare, alors c’est bien que je le souligne.


Puis ils amènent un genre de théière d’eau de cuisson des sobas. C’est pour réchauffer un peu le bouillon froid à la fin pour se faire, je cite : une délicieuse boisson.

On fait notre patouille, c’est bon dis donc.
À la fin on casse l’œuf, on récupère le jaune (je me suis dégonflée pour le blanc, je suis pas sportive en manque de prot’ non plus hein), et on fait une dernière mixture pour conclure.
Bah punaise, c’était bon, et 10 assiettes, c’est beaucoup. (Pour préciser, les assiettes, c’est deux coups de baguettes à peu près).
Par contre, on n’a pas très bien réussi à faire autant de bruits de slurp que les tables d’à côté, on est des gros nuls.

Merci Jinbe, c’était génial.

C’est pas tout ça, mais la pluie nous attend !
On se met en route pour visiter les « ruines » du château. Je crois surtout que le château a été en partie détruit, c’est plutôt classe pour une ruine. https://visitkinosaki.com/things-to-do/izushi-castle-ruins/

On monte des escaliers, on découvre des lieux de cultes ça et là. On reconnait parce qu’il y a des pièces de monnaie posées sur les statues. C’est marrant comme toutes les religions ont trouvé un levier pour que l’argent soit un facteur de foi véritable.
Bon en vrai, c’est hyper beau. Y’a des statues de renards, des cloches à sonner qui ressemblent à des grelots, des visiteurs qui font des dons et tapent dans leurs mains.
Je ne me suis pas penchée sur la question de la religion ici. (parce que, je spoile : Dieu ou Dieux, n’existent pas – pas pour moi. Mais si pour vous oui, youpi hein. Le réconfort est là où on veut qu’il soit).

Mais, il va falloir que je jette un œil, parce que ce sont des histoires, et j’aime bien les histoires.

Après cette jolie balade, on marche encore un peu, jusqu’à la brasserie de saké d’ici.
C’est un très ancien bâtiment. Au sol, c’est de la terre battue. Un monsieur nous accueille, et nous propose de goûter. Manu conduit, il n’a pas le droit, c’est tolérance 0 ici. Alors je me dévoue, je me sacrifie, je vais goûter, ça vaaaaa.



TOUT EST BON. TRÈS. Le monsieur prend son temps. Il nous parle de sa famille, qui brasse ici depuis 14 générations. Sur un mur, deux portraits, c’est la 10ème génération. Là où sont présentés les sakés, c’était la salle à manger, en face de là où des centaines de kgs de riz étaient passés à la vapeur. Le bâtiment date de 1700 et une brouette.

On achète une bouteille (à défaut des 46 souhaitées). On repart tout content de ce moment.
C’était la brasserie Sakagura. (On est en train de boire la dite-bouteille pendant que j’écris. Je regrette puissance 1000 de ne pas en avoir acheté 158). C’est si bon.

On remontre en voiture pour 4h à peu près. On va à Okayama.

Au bout d’une petit heure, Manu voit un panneau pour des cascades. Il fait demi-tour, un peu comme Starsky et Hutch. On grimpe dans la montagne, et on arrive sur un parking. Je tente de la traduction de panneau, et ça dit que les minibus sont interdits. On peut donc continuer un ,peu motorisés. Par contre, ça dit aussi qu’il n’y a plus de réseau, passé ce panneau.



La voiture avance doucement. Je rappelle qu’il pleut encore à verse.

À un pont un peu angoissant, on laisse la voiture, et on grimpe, sous nos parapluies.
Quand ça fait un moment qu’on monte encore, on se dit que Manu peut aller chercher la rechercher, pour monter plus et plus vite, et moins humide surtout.
Je continue à pied seule. Sauf que Manu a dit « Ptêt y’a des ours ? ». Alors je flippe.
Pour de vrai. Je retrouve cette sensation pénible de me sentir physiquement en danger. C’est comme marcher dans Paris la nuit après une fête. Je me fais des films d’attaque et je vois les dépêche AFP « Une touriste française d’aventure dans les montagnes japonaises et se fait dévorer par un ours. »



Le route est entourée d’arbres hauts. On est dans les pompons d’hier, sauf que là, j’ai la sensation qu’une sorcière va surgir, comme dans The Ring.
Je me sens soudainement très fragile. Je me dis qu’avec mon parapluie transparent, je ne peux vraiment pas me cacher d’un ours. Mais je marche, je continue à grimper.

J’arrive sur le parking final. Manu ne tarde pas à me rejoindre avec notre véhicule (je manque de mot pour dire bagnole. Ptêt faut que je lui donne un nom).

Je lui raconte le panneau que je viens de lire. Tout est en japonais, sauf quelques infos importantes : il y a bien des ours, il y a des sangsues de terre et sinon, faut rien ramasser, ni plantes, ni bestioles. OK.


Derrière un autre panneau, il y a un tonneau avec des bâtons de marche.

Derrière le tonneau, un petit pont de fortune, qui passe au-dessus d’une rivière en furie. Ce n’est pas très haut mais mon vertige se réveille. On se pose 5 minutes avec Manu, près des bâtons. On réfléchit. Les ours sont un véritable paramètre. Mais quand même, on est monté jusque-là.  Ça serait con. Quand soudain : rha, ça pique. OHMONDIEU ! UNE SANGSUE ! DES SANGSUES ! SUR NOUS ! ELLES MORDENT !

Alors non : nous n’avons pas géré ce moment avec flegme, pragmatisme et dignité.
On a sautillé partout en tentant d’arracher les bestioles de nos mollets. Sauf que : ça accroche au doigt après. Ohlala la panique. J’en voulais de la bestiole, en v’la !
On vérifie partout, on s’épluche, on se frotte pour dégotter les intruses.
Tant pis pour les ours, on se casse de là, ça suffit les conneries.

On s’installe en voiture, on s’inspecte J’en trouve une dans ma CHAUSSURE. NANMÉHO.


Pendant les tas de km qui suivent, le moindre effleurement me fait bondir. Je touche ma peau encore plus que la dame d’hier pour vérifier l’absence de limace qui mange.
Je pense que ça va. Adieu les invitées surprises.

Je regarde ensuite comment on aurait dû s’en débarrasser.

Internet dit :
Technique 1 : Attendre que la sangsue ait fini de manger, elle tombe au bout de 30 minutes.
Appelons ça la technique « plutôt crever ».
Technique 2 : Faire décoller la tête à coup d’ongle p<our la faire partir.
Bah ça va hein, on a fait ça mais en hurlant des gros mots. Ça marche aussi je pense.

Et ensuite, c’est la pluie, la route, la pluie et la nuit qui tombe. La concentration max pour Manu, moi qui me félicite de ne pas avoir mon permis parce que conduire dans l’Aquasplash nocturne, très peu pour moi.

On voyage dans la campagne. On est loin de tout. Les maisons sont vieillottes, et avec cette ambiance d’apocalypse, c’est presque angoissant.
C’est très industriel daté (‘j’invente des ères architecturales).
On a mis une route sans péages, alors loin de l’autoroute on a l’impression que tout est abandonné et qu’il pleut tout le temps.

On arrive péniblement à Okayama. On trouve un supermarché pour diner, c’est pas ouf, mais le saké est délicieux, on boit et on rit, je montre à Manu comment je tiens debout sur une jambe, comme une grue. Je suis clairement ivre.

Mais le plus important, on envoie une vidéo de bon anniversaire. Mon Lilo neveu a trois ans aujourd’hui ❤

Je m’endors en une seule toute petite seconde. Ces futons sont vraiment hyper confortables.





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