J 21 : L’été de toutes les blessures

Non mais ça va, tout le monde est vivant, mais quand même, c’est pénible. Allons-y :
On se lève très tôt, car comme annoncé, il faut rendre la voiture à Chicago. Si dans pas mal d’états, il n’y a pas de péage, il y en a en Illinois, donc le trajet, c’est de la petite route en veux-tu en voilà. Pour peu de miles, c’est beaucoup de temps de trajet.
Hier, on a vidé toute la voiture, pour ranger les souvenirs, et ramasser les poubelles et tout le bordel. Je pars de la tiny house avec ma valise pour la mettre dans le coffre, et en la soulevant, elle s’agrippe dans l’ongle de mon gros orteil, et s’en suite une douleur infâme. Je pleure fort sans aucune classe, je regarde, du sang coule tout autour. Ce n’est pas arraché, mais ça saigne. Panique, angoisse. On met de l’eau (on n’a pas de whisky ou de boite de haricots rouge pour soigner ça comme des cowboy). Manu termine de charger pendant que je me mouche dans mes doigts. J’ai mal mal mal. J’avais acheté un petit pack de « survie », on s’arrête sur la route pour que je puisse faire un pansement de fortune. Je me dis que si je comprime un peu, ptêt que l’ongle peut se recoller. Nous verrons bien.
Si en général, regarder les conseils de l’internet me rassure, là, ils parlent de point de suture pour ne pas perdre l’ongle. RHAA.

En vrai, c’est attaché à  la base, mais comme j’ai du vernis, je ne vois pas les dégâts du dessous.
On arrive un peu en retard au truc de location, Tartine et Jack nous attendent depuis un moment… Je n’aime pas du tout être en retard. En revanche, aucune conséquence sur la location, il y a une personne qui jette vaguement un œil pour dire que c’est ok.

Nous aurons fait pendant ce voyage 6 666 km (en vrai, c’est 6 668, mais pour la classe, nous ne retiendrons que le premier nombre), et ce, pour 350 dollars d’essence.  


T&J nous emmène dans un gros magasin pour les restaurateurs. Un peu comme Métro, mais où ils ont des Big Iron Skillet (mais si, c’est cette poêle très lourde, très belle que je rêve d’avoir depuis mille ans.) Ça sera donc une skillet neuve, que je vais « seasoned » moi-même. C’est comme ça qu’on dit pour culotter. Il va falloir faire des trucs gras dedans.

Contente je suis. Ça pèse une tonne, et je n’ai pas le droit de la mettre dans la valise cabine. Le jeu de on met quoi où pour tout emmener.

On rentre à la maison, et on se décide pour tenter une ballade. Ça sera la ballade la plus courte en termes de distance et la plus longue en termes de timing. C’est un peu comme ce matin en voiture, mais avec moi qui traîne la patte et l’ongle en geignant. On va dans un thrift store super, qui s’appelle « Out of the closet ». On est en plein quartier gay, je trouve le nom super, et en plus, les sous récoltés vont pour aider les malades du sida.



On s’arrête chez Stan’s Donuts pour manger une salade, non je déconne. Pour manger un donut et boire un thé glacé parce qu’il fait chaud à Chicago. Mais Chicago est beau.
On passe à la pharmacie pour que j’achète de quoi faire un bain de pied qui désinfecte.



On rentre sagement, de moins en moins vite, et on se pose en famille pour discuter, manger de la viande grillée et des brocolis (« O’vegetable, where are thou » sera ma nouvelle chanson américaine).

Je tente d’enlever mon vernis, c’est un désastre douloureux, mais au moins, je vois un peu qu’en dessous c’est moins pire qu’envisagé. Wait and see….

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