J 19 : Jack Sparrow chez les pionniers

On dit au revoir à la maison du lac. Je vivrais bien près d’un lac pour faire du kayak le soir en rentrant.
Des framboises, des myrtilles et un café, ramassage des affaires et farfouillage de carte pour trouver quoi faire sur la route aujourd’hui.
On est revenu au pays des champs de maïs. Je regarde nos options : le musée des pendules, le musée des trucs fabriqués en allumettes par un mec (François Pignon ?), le musée du clochard (The Hobo museum), le plus gros pop corn du monde, la plus grosse poêle à frire du monde… on ne sait que choisir, alors on ne choisit rien. Car même si on rit sur le coup, ça fait des détour pour peu d’excitation. Damned, c’est sans enthousiasme qu’on embarque dans la moche.

On fait un peu de route, et Manu voit un panneau : Fort Belmont, Jackson Minnesota, prochaine sortie. Allez. Ça peut peut-être rattraper les robots morts ratés d’hier.
Pour contextualiser, on est sur une petite route absolument déserte. On croise des voitures presque jamais, et il y a des champs de maïs partout. On arrive sur le parking, et là y’a des tas de gens devant un bâtiment qui ressemble à plein de machin de bord de route, mais dans le fond, on voit qu’il y a des vieilles maisons, une église, et un fort en bois. Allons voir ça.
Là où ça devient curieux, c’est qu’il y a un mec habillé en Jack Sparrow qui discute avec une dame. OOOK.
Deux petites dames sont à l’entrée, je me renseigne : c’est quoi tout ça ? Ce sont les Pioneers day ! Alors on peut faire une donation ou ne rien donner et aller visiter l’ancienne maison, le drugstore, l’église, le fort. La dame me dit « Vous verrez à combien ils vivaient dans le fort. » et elle me fait un gros clin d’oeil genre WOUAW. bon sang de bois, ma curiosité est piquée au vif.
On rentre dans le premier bâtiment, qui est à la fois un magasin, une buvette, un musée. Un monsieur nous fait goûter des lefses. C’est sucré, et on dirait une crêpe. C’est très très bon. Je regarde la recette car elle est écrite juste là. Ça alors, dedans, y’a des patates ! C’est incroyable comme les patates rendent tout meilleur. (Attention, cher.es breton.nes, je ne suis pas du tout en train de dire que vous devriez changer les crêpes et les galettes et foutre des patates partout. Allez pas m’engueuler pour si peu, mais c’était bon pour de vrai. Bravo la Norvège).

Dans une des vitrines, il y a un ukulele. Quel endroit formidable.

Et aussi le matos des premiers DJ :

On sort et il y a une maison et toutes les explications de son évolution. La maison de départ, les ajouts qui ont été faits. C’était la maison d’une famille, avec trois enfants. On se balade dans les pièces, on découvre des ustensiles de cuisine hyper malins. C’est assez cool, il y a des étiquettes explicatives un peu partout, ça évite la frustration de « Mais ça servait à quoi ça ? ».

Ça, par exemple, c’est un grille-pain :

Et ça, un presse-citron :

Il y a un drugstore reconstitué. Comme dans la ville de 1880 ce sont des batiments qui ont été déplacés de leur lieu d’origine et reposés ici.

Dans l’église à l’entrée, il y a même un coin funéraire, avec un beau cercueil en osier. Ça servait à garder les cadavres et à les transporter en attendant le vrai cercueil et même, ça servait de cercueil de présensation. De fait, l’osier, c’est chic, ce n’est pas Emmanuelle qui vous dirait le contraire.

L’église est mignonne, y’a Jésus, c’est sympa.

Ensuite, on va vers un petit moulin et une sod house. J’ai cherché la traduction, c’est une maison de gazon. En gros, ce sont des maisons fabriqué en terre. C’était une option quand il n’y avait pas beaucoup de bois. C’est assez joli, le toit est tout fleuri. À l’intérieur, c’est sombre. Manu me dit « Il devait y avoir des bêtes là-dedans. » J’étais pile en train de lire un panneau qui disait que non seulement, c’était bourré de bestioles qui aimaient bien s’installer dans les murs (insectes, rongeurs, serpents) mais qu’en plus, quand il pleuvait, ce n’était pas étanche… du tout.

On monte ensuite en haut de la tour du fort, ça faisait trop longtemps qu’on n’avait pas grimpé d’escaliers.
Ensuite c’est le fort en lui même et je réalise que je n’ai pas pris une seule photo pour vous montrer le fort, alors j’ai fait une capture d’écran de leur site. Et donc : TADAM, ils dormaient à 70. C’est l’inverse de Shining. À trop plein, dans trop petit. Parce que c’est vraiment petit. y’a deux dames qui tissent et filent du coton, nous deux et une famille et c’est déjà la surpopulation.

On se balade, c’est un peu marrant, y’a des gens habillés en costume d’époque, un forgeron qui forge un monsieur qui sculpte des cuillères en bois, et de temps en temps, on croise Jack Sparrow. C’est très étonnant tout ça. (Il a un site internet, si vous voulez booker un truc : http://www.mnjacksparrow.com/mn-jack-sparrow.html)

Un peu plus loin, au moment de sortir, on voit un type qui enroule des serpents autours du cou de petites filles en robe Laura Ingalls. On va voir ça. C’est Zoo Man. Oui, lui-même. Donc, pendant les journées des pionniers, il montre des serpents. Et à côté de lui, un squelette humain et un squelette chien près d’un surf.


On parle reptiles (pour ceux qui ne savent pas, je suis complètement invitable à un diner de con pour parler herpétologie). Il fait des photos de nous, et je vois ce soir qu’il nous a même mis en ligne sur son Facebook.

Preuves en images :

Je me mets un 4/20 pour l’actor studio du chien squelette en plastique qui me mord le doigt.

On repart, on vadrouille dans quelques Antiques store brocante de bord de route. J’ai envie de tout acheter. Je tombe même un plateau Mickey qui était chez Grand-Maman et que j’ai toujours connu. Ça m’a fait tout drôle de tomber dessus.

Alors non, nous ne sommes pas allé voir la plus grosse boule de pop corn du monde, ni la grosse poèle. Mais, nous sommes allés voir… si je vous dit HO HO HO (non pas le Père Noël, ce n’est pas la saison). Vous me répondez ?

Voici un premier indice approximatif :

Voici un autre indice plus évident :

Et oui, nous sommes entre les jambes du GÉANT VERT !
Et je peux vous le dire, il n’a rien sous sa jupe. Rien. Nada. C’est un peu Ken, plus grand, et vert.

(si vous regardez bien, on est entre ses jambes)

On devait manger dans ces environs, mais la ville n’a plus d’électricité, alors on repart. Un stop au supermarché, Manu choppe un sandwich, je laisse tomber, il est 16h. Je mangerai ce soir. On partage un bout de gateau pour caler quand même.

Je dors un peu sur la route en comptant les épis de maïs. Et les champs de maïs.
C’est ce soir que nous devions dormir au camping, mais que finalement, on dort dans un lit. C’est SUPER ! On est dans le sous sol d’une dame, tout est hyper bien équipé.
Elle nous conseille un truc à barbecue pas loin on fait ça. Comme des débiles, on a commandé une assiette chacun. Les quantités sont débiles. C’est délicieux mais tellement trop. J’en mange un quart et je cale. On demande une boite. On se fera des sandwich avec les restes demain.

Retour dodo, demain, c’est la dernière nuit de vadrouille avant de rentrer à Chicago.



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