J 18 : Un petit bout d’Iowa

(spoiler alert : rien de foufou today)

Nuit hachée car la chasse d’eau faisait de façon aléatoire un bruit de souris qu’on écrabouille. J’ai réparé ça, mais c’était chiant.

On petit déjeune très sage, notre cholestérol nous dit merci super.

On fait un petit détour pour aller voir, Dignity of Earth & Sky. C’est une œuvre du sculpteur américain Dale Claude Lamphere. Je vous mets la photo avec le petit texte.

 


C’est une journée de route qui nous attend, avec peu de surprises. On va tout de même faire une belle pause à Mitchell, là où on trouve LE PALAIS DU MAÏS ! LE SEUL AU MONDE ! (oh really ?).
Au début, on ne devait pas y aller. C’était un peu la découverte sur Google Maps pour déconner, mais il se trouve qu’à Mitchell, il y aussi un de ces magasins façon brocante où on a tout envie d’acheter. Mais on est sage et on ne repart qu’avec l’ESSENTIEL. En revanche, mon cœur est en miette, car il y avait des tas de santiags de seconde main, à 35/40 dollars (en général, c’est 150/300 neuf) et celles qui me plaisaient était la demi pointure en dessous qui fera mal aux pieds. Nul, nul et méga nul.
Devant le palais du Maïs, c’est la fête. Y’a des stands de bouffe à plus savoir quoi choisir, et il est midi douze. D’ailleurs on a du mal à choisir. On opte pour un burrito à partager, recette El Pastor (porc et ananas), c’est diablement bon. Et pour une fois, niveau quantité, c’était trop juste, alors on prend un autre sandwich à partager sur un autre stand, au pulled pork, coleslaw, et je dois bien dire que ces gens savaient faire cuire du cochon.

Alors, j’adore toute cette bouffe. C’est le réconfort total, mais je trouve ça difficile de trouver autre chose si on veut manger autre chose.
Le fait d’habiter Paris, avec son foisonnement de cuisines du monde, ne donne pas forcément envie dans les voyages américains d’aller manger des sushis. En même temps, manger des sushis dans le Wyoming, ça me paraît complètement con. Ça serait comme manger un cassoulet à Brest, ou une quiche lorraine à Villetaneuse.
Je commence à me faire un programme mental de rentrée où mon alimentation se composera uniquement d’eau pour compenser ces dernières semaines. En vrai, dès que j’ai pu, j’ai pris de la salade, et des fruits. Certes, au milieu des 59 biscuits and gravy.

Ici, au supermarché, le premier rayon des plats tout fait à emporter, partout, dans tous les états qu’on a fait, c’est du poulet frit et de la potatoe salad. C’est fou quand même.

Ça, et la moquette. C’est fou toute cette moquette. Je n’avais pas marché sur de la moquette depuis… pfiouuu, si longtemps. Et beh chez les gens, y’a de la moquette. Vous avez encore de la moquette ?
En vrai, c’est pas mal pour marcher, mais ça doit être pénible à nettoyer, je ne sais plus, j’ai oublié.
Ptêt que dans 10 ans, y’aura un retour de la moquette. Pensez à moi quand vous serez à Mondial Moquette à hésiter sur la couleur. Peut-être que je suis comme le Nostradamus des revêtements de sol.

Ah et au milieu des Food Truck, une petite dame tient un stand complet et bien propret, avec des petits fœtus en plastique. Elle explique à qui veut bien l’entendre l’importance de la vie, de Dieu, que les bébés ont le droit de choisir aussi et surtout que avorter, c’est mal.
Après les panneaux de route : quelqu’un. Une vraie personne avec sourire gentil et des idées de merde.
J’ai hésité. J’ai eu envie d’aller jeter la table en l’air, de lui raconter mes avortements (oui, deux, les troubles alimentaires et la pilule ne font pas bon ménage), et j’aurais conclu avec cintre dans son cul pour qu’elle voit que les pratiques illégales ont des conséquence grave sur la santé. Sans déconner. Vous vous voyez, au marché de Palavas, un galette-saucisse entre les dents, et paf, d’un coup, des gens qui vous dégueulent des bondieuseries, leur fœtus en plastoc sous le bras pour dire que la vie c’est super ? Je suis en colère. Et c’est vain.
En plus y’a le shérif qui mange un sandwich au bacon à la table juste derrière, je doute avoir gain de cause. Freedom of speech et freedom a idée pourrie.

De rage, probablement, je vais dans une pâtisserie qui fait des cupcakes. J’en achète des petits à des goûts différents. C’est mon gâteau préféré ici. Ceux des supermarchés sont nazes, mais dans les bonne pâtisseries, c’est une autre paire de bretelles. Des petits nuages en deux bouchées.

Y’a aussi dans cette rue, une boutique de fringue vintage complètement dingue, thématisée par époque. Y’a TOUT. Années 80, 20, 60, j’aurais pu me perdre là-dedans, des plombes.


 

On continue d’écouter le podcast « Legends of the Old West », c’est vraiment passionnant. C’était le même monsieur qui racontait Wild Bill et là on écoute la bataille de Little Bighorn. Ça n’aide pas à faire retomber la colère cette histoire. Je me laisse bercer par la digestion, et je m’endors un peu.

On s’arrête avant Sioux City, c’est une autre ville façon 1880. Mais d’après le descriptif, c’est un peu tout pourri. Selon le prix, on se dit que pourquoi pas, mais on a fait le plein de Walnut Grove hier, alors on est moins chaud patate.

Un petit station service à l’abandon, il y a malgré tout un panneau « OPEN » sur la porte. Je rentre pendant que Manu fume une clope. Le monsieur est fort bourru. Il dit des mots polis mais en grognant. Je fais un petit tour pour me donner un contenance, c’est le bordel là-dedans. Y’a des cranes de bisons partout, des feux d’artifices, et des tas de machins en vac et des frigos qui n’ont pas l’air de marcher. Je demande le prix pour visiter la ville. C’est 10 balles. Et là, pour botter en touche, je dis LA PHRASE de la honte « I’m gonna ask my husband. » Bravo Sibylline pour la révolution féministe…
Rétrospectivement, je regrette qu’on soit reparti. Car sur l’article qui en parlait, ça disait : « Si les robots avaient des fantômes, cette ville serait l’attraction la plus hantée d’Amérique. » Damned.

Il aurait aussi fallu faire un énorme détour pour aller voir le musée Laura Ingalls Wilder (presque deux heures), mais je suis un peu dégoutée, Charles Ingalls, c’est un peu le mec qui m’a elevée, le Docteur Baker, c’était mon pédiatre, rhaaaa. Je rentrais le midi manger chez Grand-Maman, et La Petite maison dans la prairie, ça passait à l’heure du déjeuner. On s’éloigne de Walnut Grove… bouhouhou.

On arrive à notre dodo du soir. C’est une maison, et derrière il y a un lac. Il y a des kayaks à dispo, je vais faire un tour bateau-sur-l’eau. C’est marrant comme me retrouver seule avec mon silence continue de m’angoisser. Mais je profite. J’adore pagayer. Perdue dans mes pensées et ce face-à-face impromptu avec moi-même, je refais ce constat du bol qu’on a d’être là. Et puis je pense à la rentrée et tout me fait flipper.  

Avant de se faire à diner, on va boire un coup dans un bar de bord de de lac. Y’a un chat sans patte avant, des petits chiens, une déco bordélique et tout le monde est très gentil.

On regarde le coucher de soleil et on rentre à la maison du lac (on a le rdc, la famille est au-dessus). Manu fait le diner pendant que j’écris, et au dodo.



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