J 14 : From the tipi to the brewery

Au moment de démarrer l’histoire du jour, je regarde au-dessus de ma tête, et il a un lasso accroché à une selle. Je me souviens que petite, je me demandais comment ça marchait, comment on pouvait avec une corde molle, imprimer ce mouvement, et choper un truc avec sans que ce soit… mou. Il y a une texture à la corde ! Comme amidonné. ça reste en rond, je ne sais pas expliquer. J’ai bu une bière après cette longue journée, I am probably already drunk.
Pardon, je commence par la fin.

Comme annoncé, la nuit fut rude. On dormait dans le dôme sur des gens de lit de camp, rembourré avec des sacs de couchage + le nôtre. Mais l’orage, la gorge qui brûle, le retour des courbatures après une bonne soirée, c’est dur. Mais hé, pas grave tout ça. Manu se lève, je commence à écrire la veille et je l’entends discuter de loiiiiin avec Micky qui est venu nous faire notre petit dej. Je les rejoins.
Des pancakes et des sausages de la ferme. Et du café (très fort). C’est un petit déjeuner dit : de cowboy. Je vois bien les cowboys se faire des pancakes, à la cool, dans la montagne.


On discute avec Micky. Il est indien, il nous raconte un peu sa vie, petit à petit.
Il a travaillé un peu comme roadie. Quand il était à El Paso, il a installé des scènes pour des show de Broadway (Wicked), et même pour les Rolling Stones. On se la pète un peu en racontant qu’on a une amie formidable qui a chanté avec eux. (coucou Agathe). Il a été syndiqué, alcoolique (non ça n’a rien à voir), il a été en prison (trafic de stup, pour 64 pounds de marijuana), mais il a tout changé, tout arrêté. Il veut écrire un livre sur sa vie. Il espère pouvoir prendre sa retraite et il est emmerdé parce que dans son futur appartement (pas cher), ils risquent de ne pas vouloir de sa chienne Ricky (qui a 8 ans, et qui est championne pour apporter des bâtons, mais pas les lâcher pour qu’on lui jette). Rod arrive, ça coupe un peu court à la suite.
Il nous avait dit qu’il nous amènerait des cartes pour nous montrer des endroits où aller avant notre prochain stop. Il indique des tas d’endroits à Manu, des lieux de bataille pendant les guerres indiennes. Il y a notamment un endroit mythique, là où Custer s’est fait laminer par les indiens : Little Big Horn (ça nous fera malheureusement un trop gros détour).
On discute encore un peu. Il nous dit que c’est certainement le dernier été. Qu’avant, il y avait des familles qui venaient, mais que maintenant, faute de moyens les gens ne viennent plus. Et que parfois, il n’y a que… deux personnes. Un peu comme là. Et que ce n’est pas rentable. (Je mets son site ici pour souvenir : https://bigquietcamping.com/)

On dit au revoir, on range tout bien, il y a un serpent dans le dôme. Après description à Micky, il pense que c’est un Bull Snake. (c’était un bébé, il était très mignon, Manu était moins convaincu).
On repart, un peu tristes, c’était vraiment un moment merveilleux.

On fait tout de même un petit détour grâce aux indications de Rod. On va voir la Medicine Wheel. C’est un lieu sacré, un cercle de vie. Elle représente l’ordre du monde, les points cardinaux, le rythme des saisons.

Au passage, on s’arrête dans un magasin d’Antiques (brocantes de bord de route), c’est toujours un poil trop cher pour craquer, et on manque de place de valise. Mais je pourrais en remplir des brouettes.

On s’arrête aussi dans un petit supermarché d’une petite ville. Pas de salade sans mayonnaise. J’ai l’air désemparé, et Manu demande à une petite dame si ils ont de la salade-salade. Elle dit que non, mais qu’elle peut m’en faire une. OH ?
Elle va dans les rayons, ouvre un sachet de salade, mets du fromage rapé, quelques tomates cerise, et un sachet de vinaigrette ranch. Pendant qu’elle prépare tout ça, je découvre un grand mur des soldats envoyés au front de la seconde guerre mondiale. Dans un supermarché. C’est très étonnant. Je la remercie chaudement, elle doit me trouver bien enthousiaste pour une salade verte (et en plus, il me reste des fraises, ça va être super).

Pour aller à la Medicine Wheel, on grimpe dans la montagne en voiture, et on est encore sidéré par l’immensité et la beauté de ce pays. La découpe des montagnes, les couleurs, les centaines de kilomètres de nature inhabitée qui nous entoure. On ne pourra jamais se lasser de ça. Je voudrais avoir des petits tiroirs de cerveaux, pour ranger chacun de ses endroits et pouvoir les consulter quand je suis en manque d’évasion.

On arrive, on se gare. Il y a quelques voitures. Un jeune ranger nous fait le topo, y’a 4,5km aller/retour. Y’a des bestioles mais rien de dangereux, et faut rester sur la route. C’est parti.
Ça monte et ça descend, c’est très beau, il y a des pins partout, avec des trous de forêt parfois. Sur la dernière ligne, ça monte surtout. Fort. On peine un peu mais on arrive à la Medicine Wheel (et c’est là qu’on regrette de ne pas savoir quoi faire parce qu’un petit coup de pouce à nos vieux muscles aurait bien été utile).
Rod nous avait dit que c’était un genre de Stonehenge. Visuellement : pas du tout :D.
C’est un grand cercle, entouré de cordes, avec des dessins fait de cailloux empilés. Sur les cordes, dans les cailloux, sont attachés des petits bouts de tissus, des plumes, des bracelets. Ce sont des offrandes faites par ceux qui suivi le rituel. On fait le tour, c’est assez émouvant. C’est un lieu très ancien, préservé.
Sur le retour, on voit des petites bestioles, ce ne sont pas les marmottes annoncées. Mais des PIKA. On dirait des gros hamsters mignons. Manu me dit « Oh mais ça serait pas à cause de ça que Pikachu est Pikachu. Je suis si fatiguée, je n’ai pas du tout percuté. Manu : génie. Voilà, on a vu Pikachu en live, et beh c’est très mignon. On a aussi vu une marmotte (et oui, j’ai fait le blague du papier alu, et je m’en veux encore). Mais Manu a dit « Terrier, c’est fou, non ? » Alors bon, on est quitte.

En redescendant de la montagne (pas à cheval), mes oreilles se bouchent, fort, très très. Vous allez me trouver me trouver bien fragile physiquement. C’est aussi mon avis, mais quelle sensation immonde. Je voyais tout flou, j’avais l’impression de perdre l’équilibre en étant assise, et ça faisait mal mal mal. J’ai essayé les techniques d’avion, rien n’y fit. Mon oreille gauche a fini par se déboucher ce matin seulement.
Je récapitule : je me mouche sans cesse, j’ai la bouche sèche tout le temps, les lèvres gercées, mal au ventre, oreilles qui crépitent, mon épaule en vrac mais ma cheville va pas mal mieux. L’année prochaine, vacances à l’EPHAD.

On reprend la route pour notre prochain dodo. On campe ce soir. Oh ne riez pas. On a monté la tente en 8 minutes. Quand y’a pas de tempête, c’est facile en fait. On peut lire les instructions, y’a rien qui bouge, rien qui s’envole, pas besoin de courir après quoique ce soit. C’est pu la peine de vous la raconter les campeurs.
On dort devant une micro brasserie installée dans une ancienne grange et devant un gros caillou rouge. C’est très beau. On arrive pas tard, mais il ferme à 20h, alors on décale l’apéro. Manu va chercher à manger pendant que j’écris. Y’a un truc à burger pas loin. Ça fera le job. On a failli prendre des Moutain Oysters (oui, des huîtres de montagne). Ce sont en fait, des testicules de bœuf (taureaux ?). C’est bizarre d’associer des couilles à des huîtres, quand même. Il parait que c’est bon, mais à 20 dollars, ça faisait cher l’expérience. J’imagine que c’est pour mettre en avant la délicatesse du plat ? Nous sommes restés simples. Burger it shall be. Oh bah il pleut pendant qu’on mange. C’est presque une tradition maintenant.
On finit nos verres, et on va bouquiner à la lumière de camping. Et dodo (peut-être).
Je mettrais les vidéos en ligne plus tard, because le wifi de la brasserie doit avoir la gueule de bois.

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