J 12 : Un bison, deux bisons… plein de canyons !

Réveillée à 4h30, ça ne va pas rendre la journée fastoche. J’écris au lit, je crois que je couve un truc bizarre. J’ai des courbatures, une oreille qui fait mal, et un peu la gerbe.
Mais depuis la fenêtre de notre chambre, on vient de voir passer une biche. Ça répare un peu.

Départ pas tard, pour profiter du matin dans le parc. Il fait très froid au réveil. 5 degrés, ce n’est pas assez. Et sur la route, on croise des elks !
Go Yellowstone, go !
On prend un autre chemin qu’hier. Il y a moins de spots « touristiques », mais là encore, c’est un festival de wouaw. Et surtout, ça va être la journée des bisons. Manu guette, et Manu trouve. Il dit « Tatanka » (c’est bison, dans la langue des indiens Lakota) régulièrement, comme pour invoquer l’animal super. Ça marche. Au début, on les compte sur les doigts d’une main, et puis après, deux mains, et puis après il nous aurait fallu des troupeaux de doigts. La journée va être jalonnée d’arrêt de bord de route, de bonne distance, et d’observation.
Il y en avait dans les 60 millions sur le continent avant que les militaires américains ne les déciment pour affaiblir et détruire les indiens. En 1889, il restait 541 bisons. À ce jour, de mémoire, il ne reste que 4 groupes de bisons, génétiquement différents, et en en 2019, il y avait 31 000 individus.
C’est une des plus grosses réussite de réintroduction d’animaux en voie de disparition. Alors c’est moins que 60 millions, mais c’est plus que 541.

Les paysages du jour sont très différents, on est au pays des canyons. J’ai un vertige monstre. Manu aussi, mais moins quand même. En général, je reste plantée au milieu des « lookouts » sans trop pouvoir bouger, et je ferme les yeux quand les gens s’approchent du bord avec l’indéniable intention de jeter leurs enfants dans le vide. SINON POURQUOI S’APPROCHER AUTANT HEIN ?

Je demande parfois à un monsieur de prendre une photo avec mon téléphone, comme ça je peux quand même voir si c’est beau en bas. Si y’a une rambarde un peu haute, et que ça ne tombe pas à pic, c’est presque jouable. Mais pas tout à fait. C’est même étrange parce que ça pourrait me faire pleurer je crois, la peur.

À un moment, il y a une rando qui descend en lacets vers une chute d’eau. Alleeeer, on y vaaaaa. En arrivant : c’est indéniable, ça vaut le coup. Cette eau qui vrombit en faisant une écume grandiose, ça vaut le coup. La remontée ? Not so much ! En hauteur, c’est l’équivalent de 60 étages à remonter (pour de vrai, on a regardé le dénivelé avant d’y aller) (si j’avais voulu en rajouter, et avec le ressenti, j’aurais annoncé 459 étages).
En arrivant en haut, suante et à bout de souffle, je croise une petite dame assez âgée qui me fait un sourire gentil. Je lui dit que « I think I’m not in shape ». Alors elle me répond « Oh, me neither, I’ll do it next year, when I am back in shape. » On a ri.
Je vous ai fait une vidéo de la descente pour qu’on se rende
compte. Pour pas que ce soit trop long, c’est en accéléré, alors c’est une vidéo qui fait un peu vomir (comme ça on sera en symbiose ❤ )

Ouais, c’est beau comme ça :

La température est remontée, c’est sûr, il doit faire dans les 29. Je trimballe ma gourde partout où on va.

Les endroits sur les photos que je montre avec mon doigt, ce n’est pas pour faire genre j’ai voulu faire une photo de toute petite tour Eiffel, ce sont des endroits où nous étions et qu’on découvre d’un autre point de vue. On fait de la route, on s’émerveille, j’ai très peur. C’est formidable.

On pique-nique près d’un cours d’eau, on guette les ours. On est prêt. On a le bear spray, on sait ce qu’on doit faire.
Il y a un dicton en cas de rencontre avec un cours : « If it’s brown, lay down, if it’s black, fight back, if it’s white, goodnight ».
Bon là, en vrai, partout, ils disent de ranger sa bouffe, de pas courir, et de faire du bruit pour lui faire peur. Nous n’avons eu besoin d’aucun de ces conseils, on a surtout vu des chipmunks qui chourrent des truc, et des corbeaux. (d’ailleurs dans le dépliants, ils disent de ne rien laisser sans surveillance, car les corbeaux ont appris à ouvrir les sachets Ziploc en plastique. Génies.)

Après, c’est la balade qui pue. MAIS COMMENT RÉSISTER ? Ça s’appelle Dragon Mouth Spring !!!
Et y’a aussi une piscine naturelle qui pue aussi et qui s’appelle Churning Cauldron (le chaudron agité). Génial nom de taverne.

C’est un dragon, CQFD. (en plus, pour les joueurs de jeu de rôle, on a croisé un autre endroit qui s’appelle Inspiration point.)

Oh et on a aussi vu des tas d’arbres pliés. Bigfoot, si tu me lis, on te fait des bisous.

Un peu comme hier, on est sur une zone fumante, et ça sent très très fort. Je viens de me mettre du baume du tigre sur le cheville alors je respire ma main en vain pour tenter d’éradiquer cette odeur d’oeuf pourri. C’est comme si une usine de boules puantes avec explosé y’a trois minutes. C’est vraiment infâme.
On croise une maman et ses deux petites filles et une dit « Oh, I like the smell ». La maman répond  » You are way to use to your dad’s fart ». Là aussi, on a rigolé. (Le papa n’était pas là).

Mon coup de mou a démarré là. J’ai sommeil, beaucoup. Ça ne va pas super. Mais on pousse la route jusqu’au lac de Yellowstone, qui paraît-il est très froid. On n’est pas allé voir (fallait un peu trop escaler pour remonter). Et hop, retour voiture. Je dors, Manu conduit et me réveille pour les animaux très beaux.
Aujourd’hui, on a marché 7,2 km et hier, 11,6. C’est pas mal, avec une cheville nulle.

La nuit s’annonce difficile, je me demande si d’avoir respirer les trucs qui puent en plein effort. J’ai soif comme si j’étais dans le désert de la soif.


Et j’ai vraiment des courbatures mais pas d’effort. C’est nul nul 😦

Voici une compil du jour avec des bisons, des canyons, des coyotes, la bestiole du coin qui fait des bruits d’électricité quand elle vole et d’autres trucs beaux. (pardon, pas le courage de tout trier par thème).

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