J 10 : Wyoming, Idaho, Montana, 3-en-1

Je spoile, mais j’écris depuis la montagne, et au milieu coule une rivière. Je vais probablement avoir envie de faire pipi très vite, ou en constante. On va voir.
Si ce bout de blabla ne s’achève pas, c’est que j’ai été mangé par un ours, ça serait ballot, mais ça serait assez chic. Ce texte restera dans mes brouillons WordPress, et quiconque récupèrera mon ordinateur pourra mettre en ligne.
Ah, et j’en profite, si je suis mangée par un ours, je ne sais pas si y’aura quoique ce soit à récupérer, mais par principe, vous pouvez me brûler, ou donner mon gras à la science, mais si avant, l’ours n’a pas trop fait de carnage, je veux bien qu’on m’épluche pour récupérer ma déco de peau et faire des beaux tableaux, ou des lampes.
Ah, et j’en profite, si vous faites une cérémonie, je veux, j’exige, que vous veniez tous déguisé. J’imagine que ça sera un peu l’angoisse « Oh mais merde, en quoi je me déguise, c’est pas possible, et si je suis tout.e seul.e ? » Dites-vous bien que je n’irais hanter que ceux qui n’étaient pas déguisés et que je peux être très pénible (par exemple, souvent je chante tout ce que je fais. Je pourrais devenir votre commentateur de l’existence façon Jacques Demy). Alors déconnez pas, venez déguisé, vous rirez en pensant à moi.
C’est un drôle d’endroit pour penser à la mort. Et en même temps, ça se rapproche de l’idée que je me fais d’un paradis (sauf qu’il n’y a pas de quoi faire du biscuits and gravy, et qu’il y a zéro copains pour faire la fête). Je crois que je n’irais jamais au paradis parce que ça n’existe pas. Bon et même temps, je me demande si je ne préfère pas la mer quand même. J’aime mieux être mangée par un calamar géant, ou un requin sympa. Les probabilités ne sont pas de mon côté. Tout ça pour dire que c’est très beau ici. On est bien arrivé.

Mais reprenons au début de cette journée.
La boite à dormir s’est un peu transformée en four à mon goût. Je me suis réveillée très tôt, et je suis allé écrire en attendant que Manu se réveille. Les douches sont cool mais dehors il fait froid alors je n’ose pas me laver le cheveux. Ce soir, je demanderai à l’ours de souffler.

Je regarde notre trajet pour le Airbnb du soir. Le monsieur donne des instructions à partir d’un bled, alors direction d’abord le bled, qui s’appelle Bozeman. Je fais le point trajet maintenant. Mais ma stratégie a été nulle. En fait, je n’ai pas vérifié avant, le point sur la carte de notre destination finale. J’ai mis le GPS sur la ville de départ indiqué par Monsieur Airbnb. En me disait, ça doit être à 15mn.

Erreur. Mistake. Argl.

L’itinéraire idéal aurait celui-ci :

Et à la place, parce que je suis débile, on a fait ça :

Voilà. C’est comme un détour.
Alors bon, un détour sur l’A6 aussi, on aurait un peu fait la tronche. Mais là ça va. On a longé une rivère on fait des OH et des AH tout du long. On est descendu de voiture plein de fois. Ce n’est pas la journée la plus remplie d’aventures mais c’était beau. Je culpabilise un peu quand même.

On s’arrête pour petit déjeuner dans un endroit qui s’appelle BUTTER. J’aime bien le nom. Et ce qui est cool, c’est qu’avec mes histoires de trajets ratés, on passe IDAHO !
Ça fait longtemps que Manu me dit « Mon rêve, c’est de faire les 50 états. » C’est un peu aussi devenu mon challenge. Alors on est content de cocher celui-là en bonus.


De nouveau sur la route, on voit les montagnes flanquées de maisons. On se croirait dans un décor de petit train miniature tellement tout est parfait propret.

En vrai, RAS de cette journée, on s’arrête pour de vrai à Bozeman pour manger un petit tacos très bon, on trouve une boutique de disque, une boutique de jeu. Manu m’offre un set surprise de dés Donjons et Dragons, et je m’offre des cartes d’états animées (en gros, quand tu fais une partie de jeu de rôle, si par exemple tu manges un champignons chelou et que tu es empoisonné, tu « reçois » l’état empoisonné, et ça se formalise autour de la table de jeu par une carte par exemple. Et les cartes que j’ai achetée en promo soldes, elle s’anime quand tu les bouges. C’est merveilleux.)

On s’arrête dans un magasin d’Antiques. Y’a plein de trucs qui me font envie, mais tout est bien trop cher. Y’a même pas de big iron skillet. 😦

On fait des courses. On commence à être à court d’inspiration de la bouffe de supermarché. Ce soir, y’a une kitchenette, mais sans savoir ce qui est déjà à dispo, c’est complicado. On prend des pâtes, du poulet tout prêt genre sucré salé, et ça ira bien comme ça. (En fait, le poulet était ultra pimenté, je n’ai pas pu le manger). On prend de quoi faire du petit dej aussi.

On arrive en bas de la montagne où on dort. C’est un chemin de terre qui fait trembler la voiture, mais pas trop. C’est étroit par contre, on guette fébrilement si une voiture arrive en face. On n’est pas dans un coin à foule. On passe un petit pont de bois, et on arrive à la petite maison. C’est au milieu de rien, y’a le petit court d’eau qui fait floutche, un petit lapin qui se balade, un oiseau (un American Robin, je viens de le retrouver sur l’internet) qui emmerde le petit lapin. Dans la maison, y’a quatre chambre, avec l’essentiel. Le frigo est minus, faut que je pousse un peu les affaires des gens pour ranger.

On s’installe dehors pour boir une bière bien méritée (surtout pour Manu, moi j’ai rien foutu). On démarre une petite partie de jeu de rôle pour étrenner mes dés, et puis on voit les nuages noirs arriver. Il va y avoir de l’orage. On rentre vite, on fait à manger, et effectivement, éclairs, tonnerre et pluie. On s’endort.

Finalement, je n’ai pas été mangée par un ours. C’est une journée fort molle dites donc.

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