(J’ai mis la plupart des photos à la fin)
Il fait frais dans le camping deluxe. Mais c’est bien, je vois le soleil se lever, je range un peu, on se prépare. On va redire merci mille fois. Finalement, c’est pas si mal le camping, on s’en faisait toute une histoire pour rien.
On s’arrêt au Daylight Donuts pour poser la veille et manger d’excellents donuts maison.
C’est une nouvelle journée de grosses beignes de paysages. On n’arrête pas de croiser la Wind River.
Le paysage d’hier démarre avec merveilleux déjà vu d’hier, c’est jaune et sec, et il fait beau. Petit à petit, comme un coup de baguette magique, des gros rochers rouge sortent de terre. Et puis, c’est de plus en plus vert. On passe très des grandes entrées de ranch, des grandes arches en bois avec un nom super « Willow creak ranch » « Sanctuary Ranch » « Whispering Pine Ranche » etc. Partout des cheveux, des vaches.
Je vous ai fait une petit compil sur deux jours des quelques paysages croisés :
Plus une autre d’hier que j’e n’avais pas pu mettre en ligne :
La voiture grimpe doucement, la température baisse. À chaque arrêt, c’est la surprise en descendant de voiture. On file entre les nuages, parfois on tombe sur une averse, et puis on lui dit au revoir.
On s’arrêt à Dubois parce qu’ils ont une boutique à thème Jackalope.
Si je devais résumer cette escale en une image, la voici :

Elle est contente la dame.
En vrai, c’est une boutique, mais je me réjouis de certaines trouvailles. Je suis un peu deg parce qu’ils avaient des super posters sur les murs qui ne sont pas du tout à vendre. Grbml. (Comme celui-ci par exemple. il aurait été du plus bel effet chez moi).
Il y a bien entendu des tas de trucs Bigfoot aussi. Je fais des clins d’oeil entendu à ceux qui savent. On en a vu des arbres tordus sur la route. OOOOH OUI.
On découvre qu’il y a une zone qui s’appelle Gros Ventre Wilderness. Voilà c’est tout.
Dans le lointain se profile le Teton National Park. On grime de plus en plus, la forêts des pins pointus est partout. Les sommets se perdent dans les nuages. (et oui Manu a fait des blagues sur le nom du parc).
Ici il un peu moins d’affichage Trumpistes et dégueulasses parce que sur les journées précédentes, c’est dense. Trump 2024 par ci, l’abortion c’est pas bien par là. Il y a plus de panneaux contre l’avortement sur les routes que pour des avocats. C’est dire. Avec des slogan bien merdiques comme « À 12 jours, il ressent déjà la douleur » le tout sur fond de photo de bébé mignon. J’ai dit BEAUCOUP de gros mots, j’ai fait des doigts d’honneur sur la route. C’est insupportable. Des gens ont dépensé de l’argent pour faire cette propagande immonde. Pro life mon cul.
Bref, revenons-en à notre merveilleux. On s’arrête au visitor center, rien de foufou mais ils ont le mérite d’avoir des toilettes.
Et on arrive à Jackson Hole, c’est là qu’on dort. On dort là parce qu’on va voir un rodéo, c’était mon cadeau d’anniversaire pour Manu qui depuis plein d’années me dit d’un air enjoué « Oh, j’irais bien voir un rodéo ! ». Aller à Jackson, c’est même un détour sur notre parcours.
J’ai eu un mal de chien à nous trouver un logement. Je paye assez cher pour la nuit, et on comprend très vite pourquoi. Jackson, c’est une ville de resort. C’est la ville touristique par excellence. Les magasins de souvenirs partout, la bouffe hors de prix, des embouteillages, pas de place pour se garer, des parkings payants. C’est très curieux et on étouffe vite.
En hiver, c’est une station de ski, mais les gens sont quand même là en été. Y’a des tas d’activités à faire je pense. Les gens sont riches, ça se voit, ça se sent, l’ambiance est très différente de d’habitude. Les gens dans cette foule agissent comme s’ils étaient seuls. Ils parlent longtemps aux caissiers, peu importe si y’a du monde derrière. Ils coupent la route parce que c’est eux la priorité (pas le code de la route), ils s’arrêtent au milieu du trottoir, et surtout, ils regardent au dessus quand ils parlent aux autres. Et ils sont très bien coiffés. Oui, curieux.
On arrive à se garer, et on va voir notre nuit du jour.
Huhu, je savais que c’était étonnant, mais quand même. En gros, c’est une auberge de jeunesse gentrifiée. Après les formalités d’usage, on nous indique un escalier qui descend depuis la rue. Une porte avec un pass magnétique. Un espace commun, avec des canapés et des fauteuils, un couloir de douche, avec béton ciré au sol, et le couloir de lits. Des genres de box à rideaux. Un lit au dessus, un lit en dessous. On a tous un casier au numéro qui correspond à notre lit. Et un autre casier sous le lit où on trouve des serviettes de toilettes.
L’ambiance est chelou parce que comme les gens dorment un peu à plein de moment, c’est très feutré. Personne ne parle ou rit. Les gens font ce qu’ils ont à faire dans un silence religieux.

Le lit est très très confort par contre.
On va chez Whole Food pour manger un bout (c’est un supermarché bio un peu cher, mais hé ! Y’a des trucs en date courtes et à -50%, alors on mange de la purée et du poulet et une salade. 16$ à deux. (y’a des micros-onde sur place).
On va faire une petite sieste, et on se prépare pour aller au rodéo. On se prépare… Manu se prépare. Il a emmené sa chemise à carreaux, son jean et sa classe. Je m’étais dit que je mettrais une robe, mais c’était sans compter qu’il allait faire 13 degré à partir de 21h. J’ai deux micro pull, j’emmène les deux.
On arrive tôt comme indiqué sur le site internet. On est clairement les premiers. L’arène (je ne sais pas si c’est comme ça qu’on dit), est en bas de la montagne. Le décor est planté et il en jette.
C’est pas mal, on a la choix de la place. Curieusement, le crottin sent un peu la marée. Olfactivement, c’est étonnant. On se met dos au soleil qui cogne, dans les gradins en métal (métaaaal). Il fait très chaud. Il est 17h30, le show démarre à 20h00. Ok, on est très très en avance. Mais on se balade un peu, Manu s’achète un chapeau, et puis surtout, avant que le spectacle commence, il y a des épreuves pour les jeunes. Et c’es super. Des toutes jeunes filles, 12 ans à peine, sur leurs cheveux, qui courent en faisant des virages autour de barils. Il y a nous et les parents pour assister à ça. Elles sont si minus, si légères qu’elles décollent de leur selle d’au moins 30 cm. C’est une existence si éloignée de nous. Une enfance qu’on ne pourrait même pas proposer à nos mômes si on voulait. On découvre que c’est une « matière » à l’université. Au même titre que n’importe quel sport. Vers 18h45 : une énorme averse.

Je me planque sous mon blouson en cuir de plastique. Mon jean s’imprègne doucement. C’est glacé, c’est de la pluie montagne. Très vite, un arc-en-ciel, et puis deux. C’est très beau mais on a très froid. Tous les bancs sont trempés, quand les gens arrivent, il faut faire un peu de ménage.
Et ça démarre avec les remerciements aux sponsors (ça prend 30 minutes). Et puis ça démarre.
Le rythme est bien géré, on passe du rodéo sur taureau, au bare back (sur des cheveux sans selle), à l’attrapage de veau à deux et au lasso (les cornes et une pattes). Très vite le lasso se détend et le veau repart direct vers la sortie genre ça suffit vos conneries.
Il y a aussi les mini bulls : où ce sont des enfants de 7 ans, qui font yihaa sur des bébés taureaux. Mais ça valdingue fort hein. Souvent c’est annoncé : le môme vient d’une famille de cowboy sur je ne sais combien de générations. Mais quand même, c’est un peu dangereux tout ça.
À un moment, le commentateur invite tous les enfants du public de moins de 10 ans à descendre sur la piste. Il leur fait faire des pompes pour l’échauffement et pour rigoler, et après, ils lâchent des moutons et faut récupérer un bandana dessus pour gagner un truc. C’est un peu la queue du Mickey en vivant.
Si au début, la scène est mignonne, je me mets à la place de ces pauvre moutons qui voient courir vers eux des humains miniatures, le tout sur fond de musique très forte. je n’ose imaginer le stress. Mais tout le monde rit beaucoup. (à la fin de cette vidéo)
À partir de là, tout devient compliqué dans ma tête. Pourquoi les cheveux se cabrent autant ? Je viens de lire tout un tas d’articles. C’est compliqué, et selon qui a écrit l’article, on sent l’objectivité fluctuante.
Indéniablement, c’est un moment de stress. Les chevaux sont choisis pour leur instinct à se cabrer. Ce ne sont pas des cheveux sauvages. C’est interdit. Mais surtout, ils leur mettent une sangle, un poil trop serrée pour générer l’inconfort (la douleur ?). D’ailleurs, une fois les 8 secondes du cowboy terminées (notées par des juges), trois cavaliers prennent le relais, désanglent la bestiole qui soudainement arrête de ruer dans les brancards. Hum.
Quand c’est au tour des taureaux, il y en a un qui fout le cowboy par terre fort et ensuite fait deux tours de pistes à la cool, et foutant des coups au passage à ceux qui essayent de le faire rentrer dans le box.
Parce que de fait, les animaux sont rodés. À 99%, quand c’est fini le bordel, ils connaissent le chemin et rentrent tout de suite et sans aide dans leur espace dédié. J’ai applaudi le taureau bien fort.
Le spectacle est fun, d’une certaine façon. Le commentateurs est drôle, c’est du stand up de cow boy. Y’a des happening : le karaoke de cowboy, où une chanson connue démarre, s’arrête et le public chante. Il fait des appels « Y’a des gens du New Jersey ? » et ceux qui en viennent font « Ouaaiiis ». Il a presque fait les 50 états dans la soirée, avec une blague pour chacun des états, ou presque.
Ah bon sang, j’ai oublié de raconter le début, l’intro. Où on remercie Dieu, les églises des environs, et puis les militaires « Thank you for your service », et puis après, une jeune fille vient chanter l’hymne.
Je vous laisse écouter ça, la main sur le coeur, ou le chapeau, si vous en aviez un.
Eeet oui. Elle est pas facile cette chanson.
Y’a des moments vraiment mignons, où ils annoncent du Mini Bull, avec un enfant de 5 ans (alors on pense aux copains qui ont des mômes de cet âge là, et on se dit que tous nos enfants sont des flans, qui ne savent pas faire ni de cheval, ni monter sur un taureau). Bon en fait, le taureau est un gros pépère et le minus fait un tour de piste sous des acclamations réjouies. Ça, ça va.
Et puis c’est de nouveau, comme avant le début du show, au tour de la course autour des barils. Et je ne sais pas, j’invente peut-être, mais je les vois se préparer avec leur cheval avant, elles sont ont entre 13 et 17 ans, et elle parle à leur cheval, y’a jamais un geste agacé, et elles courent. C’est 13 secondes de course intense, mais ce n’est pas la même dynamique virile que de prouver au monde qu’on peut tenir 8 secondes sur un cheval en colère. Et ça, j’aime vraiment bien.
Je me dis que quand même, sur un taureau mécanique, avec les progrès qu’on fait, y’aurait moyen de prouver qu’on est le meilleur sans blesser personne. Oh mais le spectacle ne serait pas le même, j’imagine bien. Je pense qu’il y a un peu un truc comme avec les courses de voitures, pù on redoute l’accident grave, mais on le guette quand même. Et avec un robot, il n’y aurait plus aucun risque (ou pas les mêmes). Ce sont les jeux du cirque avec pas de sang. Mais où l’amusement du public se fait dans la douleur de l’animal. En fait, plus j’ai lu d’article, plus la colère est montée. bien plus qu’hier au soir.
Voilà, je préfère le Football américain, ou le baseball.
On rentre se coucher dans notre boite à bobo, et dodo.











































































