On se lève tranquillou sans savoir que la journée nous amènera son lot d’étrangetés.
Petit à petit on souffre moins du décalage, et on se lève à 5h30. MAIS, je me recouche un peu, au moins jusqu’à 7h, c’est pas mal. Manu a bouquiné pendant ce temps. On range, on ramasse nos affaires et c’est repartiiiiiiii !
Avant, j’appelle Althéa pour qu’elle me dise quoi faire pour mon pied, parce que je boite beaucoup. Nous irons acheté du scotch à pied de kiné plus tard.
La destination du soir, c’est à coté de Gothenburg (toujours en Amérique et toujours dans le Nebraska).
On s’arrête dans un drive thru pour que je prenne un café, j’opte pour un Chai tea latte. Je demande si c’est sucré, on me dit « Oh non, pas trop », et bien c’était comme un thé à la barbapapa. J’ai probablement 34 nouvelles caries. Ils sont fada.
Manu m’avait demandé un truc à manger, mais j’ai rien compris (écouté ?) alors je lui ramène un smoothie.

Ensuite c’est la route, rien de foufou. Pas de stop rigolo à faire, et le paysage est un peu sans intérêt. Sauf si vous aimez les champs de maïs. Alors là, c’est l’apothéose orgasmique de l’épi.

Une fois engagés sur la grande route, ça démarre avec un oiseau qui rebondit sur le pare-brise de la moche (la voiture), et qui est probablement mort après :(. C’est nul nul nul.
Plus loin : un chat écrasé (l’empathie grimpe, ça me fait une boule qui a du mal à partir). Un peu plus loin, une biche. (Heureusement que ça ne va pas crescendo en taille de bestiole). Mais quand même, vont s’ajouter à la liste : deux ratons laveurs, un coyote, et trois petites bêtes en bouillie. C’est beaucoup de roadkill en une journée. Y’en a toujours beaucoup, mais là, c’est un record triste.
Manu s’arrête à un moment (pause clope) dans une petite ville qui s’appelle Waco (la secte c’est au Texas, tout va bien), là c’est un micro bled de moins de 300 habitants. Ressenti : 0 habitant. Les rues (la rue ?) sont (est ?) vide(s). C’est très étrange. On a traversé un passage à niveau. Et on entend le train. Tchou-tchou ! Le truc c’est qu’aux USA, y’a pas loin d’un km de wagon. Souvent, ce sont des trains de marchandises Un train qui passe, ça a de quoi occuper 300 vaches pour 20 minutes. Donc, 15/20 minutes plus tard, on peut enfin repartir au milieu des maïs.
Je trouve un petit quelque chose à faire ! Micro détour. Un musée. Je ne dis rien pour l’instant. Il y a tant à dire après.
Avant d’arriver au musée, genre 500m, Manu voit un terrain de softball public, où y’a des tas de games en cours. Alors on y va. On regarde deux parties. De fait, ça va plus vite qu’en pro.
Encore une fois, la sensation de « déjà vu » dans les centaines de films vus et revus.
Les « LET’S GO » , les encouragements doublés à toutes les sauces « COME ON, COME ON », les high et low fives. Il fait quand même un peu froid. On repart se faire nos petits sandwichs sur le parking avant LA visite.

Le musée trouvé, c’est le musée BIGFOOT.
Je vous remets la définition : Le Bigfoot ou Sasquatch est une créature légendaire qui vivrait au Canada et aux États-Unis. La multiplication des témoignages pourrait laisser penser qu’il ne s’agirait pas d’un individu, mais de plusieurs hypothétiques créatures.
On se gare. Sur le parking (dans le jardin). Un van qui doit servir à l’exploration du pays. On dirait la Mystery Machine. On ricane, je me réjouie de cette trouvaille.

Un monsieur en salopette de travail nous accueille dehors avec beaucoup d’enthousiasme. Il lui manque des dents, son accent est très fort. Il est tout abimé par des tas de truc, mais il est content de nous accueillir. C’est Scott, il nous pose des questions « D’où on vient, où qu’on va », etc.
Le musée c’est une jolie maison dans un grand jardin. Scott nous amène dans la première pièce, nous fait signer le livre d’or et on paye nos 5 dollars chacun. Sur ce, une dame arrive : Harriet. Elle a un joli brushing, de l’argenté sur les yeux comme j’aime, elle a bientôt 80 ans (je viens de regarder sur internet pour être sûre).
Après les formalités d’usage « D’où on vient, où qu’on va » et une phrase en français, seul souvenir d’école qu’elle a, on rentre dans le vif du sujet : « Are you bigfooters ? »
Je réponds « We could become some. »
Pendant les 10 premières minutes, la normalité est de rigueur. Là, c’est la bascule.
Harriet nous fait assoir dans un petit canapé en osier, elle attrapé une canne en bois pleine de noeuds, et là, la conférence commence.

La vue depuis le canapé en osier, sans Harriet
C’est sans méchanceté que j’écris ce qui va suivre. Mais Je ne crois pas en Jésus, pas en l’astrologie, pas en un Dieu ou même plusieurs. Ni en rien. (je trouve l’idée des fantômes super mais ça doit aller avec l’angoisse de mourir). Alors Bigfoot ? Naaaaaa.
Son premier postulat « On a très peu de signalements parce que les gens ont peur d’être traité de fous, ou de menteurs ».
Ah. ce n’est pas un musée pour rigoler.
À pied joint, nous sautons dans la folie de cette petite dame très mignonne, et on écoute en hochant la tête et en plissant les yeux d’un air grave.
Elle brandit une canne en bois tournicoté et des arguments « scientifiques ». Les Bigfoot aiment le sel et l’eau. Pour en trouver (je vous file les trucs si vous voulez partir en quête.). Elle commence toujours ses recherches en googlant les marais salants. C’est LE point de départ. Bigfoot aime le sel. Ensuite ils aiment les rivières. Elle nous pointe une carte avec sa canne en bois : les points rouges : c’est là qu’on les a vu (oui y’a plein de Bigfoot, ils vivent en famille). Ils mangent des cerfs, des tas d’autres animaux et en été des fruits des jardins. Si y’a des zones où y’a pas de signalement, c’est parce que les villes sont trop petites, alors les gens n’osent pas. Et en plus, les journaux des bleds ont disparu, alors l’information ne circule pas. Eeeet ouais.

Ensuite, une autre preuve : les arbres cassés et pliés dans les forêts. C’est l’oeuvre des Bigfoot. ils font des arches. Car ni la météo ni rien d’autres ne pourrait causer autant de bris et de pliure. Et puis ils ont retrouvé des « killing fields » : c’est l’équivalent de nos poubelles, mais c’est là que les Bigfoot balancent les os une fois la bestiole boulottée. Eeeet ouais.

Harriet est intarissable, elle nous raconte aussi l’histoire d’un géant retrouvé je ne sais où pas loin. Et figurez-vous qu’elle a reconstitué le squelette du géant, et que c’est dans la pièce derrière, on pourra y aller après (spoil : c’est un squelette en plastique pas très trop bien fait).

Et puis elle nous parle d’un autre spécialiste de Bigfoot qui était censé être un imposteur. Elle n’aurait pas , je cite, payé un centime pour l’écouter à une conférence. (y’a des tas de conférences visiblement).Mais elle a été invité à une conférence où ce fripon était aussi invité, et elle a été complètement convaincue ! Car figurez-vous que les Bigfoot font des tresses aux chevaux. On retrouve ce même type de tresses mystérieuses partout dans le pays. L’imposteur avait photos et crinières tressées à l’appui. COMME PAR HASARD. L’imposteur devient son nouveau BFF.

Harriet se fait appeler la « Bigfoot lady ».
D’autres visiteurs arrivent, on sent que ça la contrarie car les gens commencent à vadrouiller sans qu’elle ait pu leur faire la conférence.
Elle nous libère, on démarre la visite du musée (40 minutes plus tard). Trois quatre pièces. Des crânes (des répliques plastiques), et des petites explications pas piquées de hannetons.
Et d’un coup, après un mur de tresse de chevaux mystère, ça commence à partir en couille : y’a aussi un mur dédié aux aliens. (je vous invite vraiment à regarder de près les photos à la fin de cette histoire, car bon sang de bois, c’est foufou).

Il y aussi un petit singe sur une balançoire avec deux post-it « BIGFOOT IS NOT MY COUSIN » « AND NEITHER ARE YOU ».

On a terminé les premières pièces. Je n’arrête pas de dire à Manu de ne pas rigoler.
On enchaine avec le jardin qui mène à une autre cabane. Scott (le monsieur du début) nous récupère. Il travaille là (gratuit) et nous montre tous ses travaux. Une fontaine, une autre fontaine, la réplique de le tombe de Buffalo Bill (alors oui, on a posé la question : c’est parce que Harriet serait un genre de cousine), un gazebo pour célébrer les mariages. Scott nous montre aussi une réplique du « killing field », un genre de parterre de terre avec des os en plastique jeté dessus.

Et après, ça devient sérieux : une pile de branches en vrac : « Ils construisent cet habitat. Aucun humain n’a touché à ça. Ils viennent la nuit. Moi j’en ai vu un quand j’avais 12 ans, j’espère en revoir un bientôt. »
Il parle d’Harriet avec une admiration inouïe. Dans la cabane suivante, là c’est vraiment l’apothéose du n’imp. Il nous montre un papier encadré avec un plan du jardin, comme si ça avait été dessiné par un enfant. Mais non, c’est la vision de Harriet. Elle rêvé de ce jardin une nuit et l’a dessiné. Scott construit.

On entre dans pièce dédiée au cinéma. Même là, on pige rien. Y’a des monstres moches dans des genre de cabines, et Sylvester Stallone. -> Insérer ici une tête perplexe.


Puis une autre pièce, avec une représentation de l’arche de Noé. Et des dinosaures. Et des requins. J’avoue qu’on est perdu. On lit les panneaux, mais Scott qui a beaucoup de boulot nous reconduit vers la porte. Manu part fumer une clope et je continue la visite car dans le jardin, y’a aussi des dinosaures en métal, une autre fontaine en construction, et des cailloux qui représentent ses enfants (pas morts), et des statues pour ses animaux (morts). (Sont-ils enterrés là ? Je ne sais pas).

Il y a aussi une réplique en cabane du marchant de glaces de son enfance. (?)

Je pourrais rallonger cette histoire encore et encore, mais il est temps de continuer la route.
En remontant dans la voiture, on rit un peu nerveusement.
Je me demande si je vais devenir ça quand je serai vieille. Moi et mon cabinet de curiosité. Je le ferai visiter aux enfants, avec mes cheveux violets. J’ai hâte un peu.
On fait des courses dans notre nouveau supermarché préféré Hy-Vee. On prend de quoi faire un BBQ. On arrive à Gottenburgh, y’a encore quelques miles, sur un chemin de terre, mais ça va. La voiture ne tremble pas trop.
On arrive à la ferme. On dort dans l’ancien atelier du père du proprio. Petite cabane rouge hyper belle, tout est en bois. Un vieux monsieur nous accueille, avec 4 chiens. Je fais mougnougnou les petits chiens.
On discute un peu, et c’est sympa. Il nous a sorti un barbecue minus, mais ça va, on a deux bouts de cochon à faire griller et des champignons farcies. C’était sans compter que le charbon serait humide et qu’il allait se mettre à pleuvoir très fort. On a rallumé le BBQ au moins 12 fois avec de l’essence. Je refuse d’être humiliée genre on sait même pas faire un BBQ. Mais comment voulez-vous que je bosse avec du charbon humide ? Mon côté mâle alpha a la couille qui gratte. J’ai finalement terminé la cuisson à la poêle sur le petit réchaud de la cabane. Ce diner était délicieux.




Manu fait le truc avec les bandes de kiné qu’on a trouvé, on verra si ça aide un peu.
Bonne nuit les petits.
Toutes les photos !











































































































