Je fais du name dropping de zinzin pour appâter le chaland.
Mais commençons par le commencement. Cette chambre de motel, et je ne suis pas méga snob, mais quand même. Par exemple, dans nos deux glacières, y’avait des cafards, alors j’ai tout jeté. Dans la baignoire, y’a des tas de trucs un peu collés dans la bonde. Je déplie une serviette, elle est encore humide et pleine de taches. On ne sait ni ou s’assoir ni ou se mettre debout.

Je pense que nous n’évoquerons pas les draps dans lesquels nous avons dormi avec plein d’habits que j’hésite à brûler. On descend les valises, et sur la poubelle, une poupée qui fait peur abandonnée. Si mes connaissances en films d’horreur sont exactes, une nuit de plus, et on terminait eviscérés dans la piscine abandonnée la nuit d’après. À la place, on s’en va après avoir appelé mon neveu qui a deux ans aujourd’hui. HIIII !

À la sortie du réjouissant Davenport, il y a, attention mesdames et messieurs LE PLUS GRAND TRUCK STOP DU MONDE ! J’aime vraiment bien ce pays et ces excès de langage. La bière la plus froide, la poêle à frire la plus grande, l’ex-président le plus con.
Zou, le panneau est énorme, c’est inloupable. On entre. Figurez-vous que je pense que c’est bel et bien le plus grand truck stop du monde. C’est comme un supermarché géant, avec des tas de thématiques, jouets, chasse et pêche, gateaux, heroic fantasy (si, si), camion (pouet pouet). On rit beaucoup de l’absurdité de l’endroit, mais tout de même, le bouquet final, c’est la partie tunning pour camion où tout existe. Volants à paillettes, klaxon multi-fonctions, pots d’échappement géants, et lumières qui clignotent dans tous les sens. J’ai envie de tout prendre en photo, mais les conducteurs de camion ont l’air mitigé que ça me fasse autant rigoler.


On s’arrête aussi à un Wallgreen parce que ma cheville me fait très très mal, c’est curieux, alors on achète un truc qui comprime, avec du bol on pourra amputer dans quelques jours.
On repart, et après tergiversation, on se dit qu’un petit déjeuner serait tout de même le bienvenue. Je trouve un endroit qui fait ça dans LA ville du président Hoover. Et ce weekend, il aurait eu 150 ans. Alors la ville est en fête. mais comme il est très tôt, la fête est encore molle. L’endroit du petit déjeuner est formidable. Je l’ai choisi parce que… parce que… ils ont du… du… BISCUITS AND GRAVY !
Si tu lis ce blog depuis cette année seulement, tu te demandes pourquoi j’ai mis des majuscules.
Si tu lis ce blog depuis plusieurs années, tu peux passer les 94 paragraphes suivants, car je vais expliquer le biscuits and gravy (c’est probablement l’occurence la plus fréquente sur ce blog, avec le mot « route ».)
Alooooooors. Biscuits & gravy, c’est quoi ça ? C’est le bonheur, c’est la madeleine de Proust de moi, c’est mou, c’est bon, c’est le meilleur petit déjeuner de l’univers. Si tu lèves les yeux au ciel, tu peux te taire à jamais.
En 1993, je suis allée à l’école en Floride. À Montverde Academy pour être exacte, pas loin d’Orlando. Et le dimanche, le matin pour le petit déjeuner, ils proposaient ça. Au début, j’étais mitigée parce que vous allez voir, en photo, ça rend rien. En vrai non plus quand on ne sait pas.
Commençons par le début du titre : biscuits. Alors non, ce n’est pas un petit gateaux sec et insipide. Et ça ne se prononce pas Biiisuuuiiit. C’est plutôt un mélange entre béskéts et bizkitsse. C’est déjà génial.
Niveau texture, ce n’est pas dur comme une biscotte. Oh non. C’est un peu la texture d’un scone anglais, pas sucré. C’est rond. Tout seul, c’est ptêt un poil sec, ça s’effrite léger. mais y’a une cuisson qui fait que c’est une sensation de financier, mais encore une fois : pas sucré. Ensuite, y’a le gravy (la gravy ?). C’est un genre de béchamel à la saucisse poivrée. Alors tout seul, ça doit être dingue, j’en mangerai pas des bols. Mais ensemble, ensemble les amis. C’est un délice. Pendant ce petit déjeuner, j’ai savouré chaque bouchée. J’ai pris mon temps pour reculer le moment de la fin de l’assiette. Ce combo texture/saveur, c’est le meilleur. Voilà tout.

Après il a fallu dire au revoir sans lécher l’assiette parce que je suis bien élevée (un peu).
On a pas loin de 480 km aujourd’hui, mais on s’autorise des petites folies. Direction Winterset, le lieu de naissance de John Wayne. On roule sur John Wayne Drive. Et on est accuelli par une statue de John Wayne, devant le musée John Wayne. Je crois que c’est là.
Autour de la statue, il y a, comme à Hollywood, des étoiles et le nom de tous ses films.
Et là, la catastrophe. Il manque la Classe Américaine. Manu court partout en hurlant « Mais, mais ? Et Georges Abitbol hein ? MONDE DE MERDE ! «

Il fait un scandale dans le gift shop, le manager lui dit qu’il ne sait pas qui est Djorge A bit bowl, alors Manu s’en va en claquant la porte et en hurlant « Je préfère partir plutôt que d’entendre ça plutôt que d’être sourd ! ».
C’était très bizarre.
Ensuite, on file à Adair. Au début, je suis triste, parce que je dis « Oh non, on peut pas faire de blagues. T’habites Adair. »
Et là, Manu me dit « Bah si, t’habites Adair. Ta bite colle. »
Voilà, parce que c’est pas facile les blagues avec T’habites en anglais. Mon époux est un génie.
À Adair, il y a un monticule le long de la route, deux rails, une roue de train, et bordel à selfie. Mais quand même, c’est le lieu du tout permier braquage de train de Jesse James. Même si c’est un peu nul, c’est quand même cool.

On a encore de la route. Je dodeline un peu (= je m’endors régulièrement). On s’arrête au supermarché, je prends une salade et des fraises, Manu une salade de macaronis et un cookie (je balance, yolo.).
Le paysage change gentiment, ça se vallonne, c’est très vert. On évite la grosse Interstate pas mal pour traverser les plus petites villes. Il y a des grands ranchs très proprêts, on dirait qu’ils sont sortis de terre avant hier. Et puis il y a des petites villes un peu cassées, par contre, partout, des drapeaux et des panneaux pour voter Trump. Aucune autre suggestion dis donc.
Je dodeline some more et on arrive à Council Bluff au Airbnb. Petit quartier mignon, y’a des lapins partout qui traversent la route, c’est le bordel.
Sur la vitre de là où on loge : un panneau Black lives matter. YEAH !
On a quasi un appartement pour nous tout seul au rdc de la maison, on peut faire une lessive, on peut faire du bbq, c’est vraiment cool. Alors on va faire des courses pour se faire un diner de la joie.
Manu a emmené du gin que notre ami Thierry lui a offert pour son anniversaire (du Engine), alors on prend de la ginger beer, et des beers, et des saucisses, et de la salades et des patates au four, et du pique nique pour demain. On n’a JAMAIS été aussi efficaces en faisant des courses. JAMAIS. Je me fais un bisou tiens.
J’avais bien vu un ou deux trucs à faire à Omaha ou Council Bluff, mais je crois qu’une petite soirée en amoureux, ça va être génial cool.
On rentre, on s’installe, on boit l’apéro en mangeant des Triscuits (c’est genre des chips, mais très très très bon). On mange, j’en veux à Manu d’avoir pris des saucisses au Jalapeno parce que ça pique.
On propose à la dame du Airbnb de passer pour qu’on fasse coucou. Elle passe plus tard, enjouée et sympa comme tout.
On se couche repus

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