Alors non, on n’est pas en mission pour le Seigneur, mais l’avenir se construit. Vous allez voir.
Qui c’est qu’à la ref ? Hein hein ?
On se lève, on se bouscule vers 5h du matin, le soleil est quasi levé, c’est comme si on était la bourre dites donc !
Jack fait du petit déjeuner, nous on fait des valises. C’est toujours mieux de faire des valises après des bons oeufs brouillés. On prend même le chariot à valises, on est chargé comme si on était la reine d’Angleterre. C’est un peu ridicule, mais on a pris le materiel pour camper, ça prend de la place, ça et les slips propres.

En route pour la location de voiture. Ce n’est pas loin, mais c’est le bordel. J’ai réservé via Booking parce que c’était pas cher. C’était même le moins cher que j’ai pu trouver. Sauf que : les véhicules sont classés par catégorie A = pas ouf, B = ok ouf, etc. Là, c’est un Hertz qui fait des voitures plutôt C et mieux. (je pense que Z, c’est des DeLorean qui vont dans le futur). Donc le monsieur et la dame nous explique que c’est classique, et que y’a que dans les aéroports qu’il y a des voitures A/B (pour les pauvres, donc).
Tartine et Jack entre en scène. On nous annonce 15 dollars en plus par jours (sur 18 jours, c’est beaucoup de dollars), puis 10 dollars, puis 5 et puis finalement, je ne sais pas, à force de blabla sympatoche : c’est 0 dollars. C’est un excellent tarif. Bravo T&J ! (de mon côté, j’ai beaucoup souri en disant thank you et en promettant une super review).
On se met en route dans la Kia, que nous appellerons « la voiture moche » pour ne pas citer trop la marque. Des bisous de au revoir, et on frappe la route et pas n’importe laquelle. On se retrouve, bonne vieille Route 66.

On s’arrête pour manger nos sandwichs préparés du matin frais. Et là, sur le parking, une magasin dédié aux Lego ! Le magasin est super. Des mini figurines partout, de quoi fabriquer n’importe quel personnage, des sets plus ou moins anciens, des supports pour exposer fièrement ses collec’
Very cool premier arrêt.

Je suis tendue du forfait mobile. Impossible de savoir quand et comment je vais cramer le forfait international dont je dispose. L’info est nulle part, c’est pas pratique, ça m’agace. Je profite du wifi à droite à gauche, et je me connecte hyper brièvement pour trouver des trucs.
Et je trouve un truc à faire sur la route.
Vous allez me dire « Ohlala, mais enfin, vous faites toujours la même chose en Amérique. »
Oui un peu. Mais ceux qui aiment les musées, ils vont dans des musées, ceux qui aiment les coups de soleil, ils vont à la plage, moi, je suis intriguée, alors je visite des prisons abandonnées.
J’ai hésité, en me disant que bon, quoi apprendre de plus ? Le système est merdique, les cellules minuscules, toute est mal gaulé, cruel, surpeuplé. Bref.
Mais : c’est la prison de Joliet. Je ne sais pas si ça va vous faire comme à Manu. Un genre de flash : Joliet c’est LA prison des Blues Brothers.
C’est un micro détour. Alors c’est parti.

Tout est en travaux, mais le batiment est gigantesque. On trouve l’entrée du gift shop, on prend nos places, on fait des photos débiles. Pour l’instant, ce n’est pas hyper reel. D’ailleurs, la Prison de Joliet est assez déconcertante. C’est comme un décor de parc d’attraction, avec beaucoup de barbelés et qui tombe en ruine. On dirait presque un chateau.


Je raconte un peu en décousu au fur et à mesure. Mais j’ai un peu filmé (très peu), et j’ai mis l’extrait de la sortie de prison de Jake, pour comparer. C’est assez fou, on reconnait tout.
C’est une visite où tu te débrouilles. Y’a quelques panneaux explicatifs, mais c’est assez succinct. Les instructionS de la petite dame à l’entrée sont faciles : Si la porte est ouverte, vous pouvez y aller, si c’est fermé, faut pas y aller. Et dans les cellules, il ne faut pas fermer les portes derrière soi, car ils n’ont pas les clés, et on se retrouverait bloqué là des heures. Ça ira merci, pour l’immersion, les barreaux partout font déjà très bien leur boulot.
Joliet, c’est un grand carré qui a ouvert ses portes (étrange expression pour une prison, pardon) en 1858. J’apprends en lisant les infos qu’il me manque que John Wayne Gacy y a séjourné. Allons bon bah ça alors. Il y a aussi des centaines d’execution.

En lisant les panneaux, on comprend que c’était une prison où les détenus travaillaient, beaucoup. Il y a des ateliers un peu partout.
Devant la grande buanderie dépourvue d’aération, il est dit que la température pouvait atteindre fastoche 38 degrés. Les habits y étaient lavés direct dans les sacs de linge sans même les sortir, et c’était un peu une planque pour les prisonniers les plus en danger.

Dehors, près des paniers de baskets, on retrouve les mêmes tables qu’à Raiford, mais toutes rouillées. Il y a aussi des cabines téléphoniques, avec des claviers à boutonS et des combinés cassés en deux. Il n’y a pas beaucoup de visiteurs, on est souvent seuls.
Il y a une bibliothèque, une église, une école.
On visite des couloirs de cellules. La prison a fermé en 2002. En un peu plus de 20 ans, on est au delà de la vetusté. Les murs s’épluchent, il y a du verre cassé un peu partout. Tout est rouillé.
Dans les cellules, il y reste le petite bureau scellé, les toilettes et le lavabo en inox. On passe devant quelques piaules où il y a encore un lit. Un lit superposé. À deux dans 3m2.

Pour ceux qui se demandent, oui, j’écris encore à Dale et Dale m’écrit encore (cf récit de l’année dernière). Il devait repasser au tribunal à la rentrée 2023, mais ils ont repoussé, encore et encore. Ses avocats d’appel lui annoncent l’année prochaine.
On n’ira pas le voir le cette année, et je culpabilise beaucoup.
Au milieu de la pelouse, des ouvriers montent une scène. Dans une semaine, il y a un concert spécial Blues Brothers, je pense que c’est pour ça.
D’ailleurs, quand ils ont tourné le film, la prison n’était pas encore fermée.

À un moment, je me suis dit que c’était étrange, cette absence de messages sur les murs, pas de graffitis, rien. Mais je viens de tomber sur un article qui précise qu’avant de rouvrir au public, ils ont tout nettoyé (c’est vraiment curieux parce que c’est globalement pourri, ils ont maintenu le délabrement, mais nettoyé les murs). C’est une ruine stabilisée.
À l’entrée des cellules « solitary », il y a un dicton creusé dans le sol : « It’s never too late to mend ».

(y’a plein d’autres photos tout en bas du post)
On retourne à la voiture moche (mais très confortable). Direction Davenport. On regarde la route, il n’y pas encore trop d’églises, en même temps, on roule beaucoup sur l’Interstate.
On trouve notre Motel 6. Le seul motel du séjour. Beh vous savez quoi, je m’en félicite. Parce que ça commence avec le monsieur de l’accueil, qui me demande gentiment de payer la chambre. Je dis que j’ai payé y’a des mois, en ligne. Ah ok alors, dit-il. C’est bon. (?)
Après avoir passé 12 minutes à recopier mon nom sur sa tablettes, il tente de nous magnétiser des cartes-clés. Il faudra une vingtaine d’essais et une vingtaine de cartes pour que ça marche enfin. (?)
Il a conclu par « Maybe I should get the new ones, they are somewhere ». Oui, peut-être mon bon ami, peut-être.
Une petite fille me dit que je suis soooo pretty. Hihi. Ça c’est gentil.

On grimpe dans notre chambre. Écoutez, c’est à la hauteur des 51 dollars réglés en avril (non).
Il y a des tâches sur les draps. Taches propres ? Taches sales ? Je ne vérifierai pas avec mon nez.
Pendant que j’écris ce soir, les cafards courent un peu partout. Peut-être que c’est une chambre à thème : Joe’s appartment. La baignoire a probablement servi à dépecer quelqu’un.
On pose nos affaires, on va faire un tour au supermarché. Ma cheville me fait de plus en plus mal dis donc, mon épaule aussi.
Par contre, Manu va plutôt super. Son cou lui fait un peu mal de temps en temps, mais c’est incomparable avec ces derniers mois. Et ça, c’est youpi.

Ce supermarché est SUPER. Si on pouvait, on achèterait des valises de sauces et de rub pour faire des BBQ.
Tout est réjouissant. Il y a même une partie dédiée à l’alcool avec plein de tequila, plein de tout. On s’amuse bien. Nous aimons les supermarchés. Peut-être que si on se re-marie un jour, on se mariera dans un supermarché, et ça sera un faux Elvis qui fera la cérémonie dans une baignoire de tequila au gin.
Puis on va manger. Un truc classique de campagne, très bien noté. C’est effectivement bon, et trop copieux, on repart avec des boites pour manger le reste demain.

On enferme tout ça dans nos glacières en arrivant, et on fait des gros fuck aux cafards. Et bim. Ils sont bien attrapés.
Il ne reste qu’une feuille de papier toilette, Manu va nous chercher ça parce que sinon, j’ai rien pour écraser les cafards.
À demain, si vous le voulez bien !

Et hop : toutes les photos du jour :


















































































