Jour 17 – On the road again


Ce 17ème jour n’est pas des plus exaltant. On s’en est bien sorti de l’aventure quotidienne, mais il faut l’admettre, aujourd’hui, sur l’échelle de Scoville, on est à 0. Cette journée est un poivron.

On s’est levé, on s’est pas bousculé, Manu, en bon chasseur cueilleur est allé chercher du petit déjeuner pendant que j’écris et mets en ligne la veille.

Pour changer, j’ai pris pancake avec les super patates, et un sausage pattie.

On partage les patates et les saucisses, je n’avais pas encore ouvert la boite à pancakes.

Elles sont plus grandes que ma main. Et épaisses. Je vous laisse deviner ce que Manu a pris. (mais c’est facile, alors y’a rien à gagner).

On quitte notre logement de trois nuits, on range, on vire le bordel. En montant dans la voiture, y’a deux corneilles qui m’engueulent et deux écureuils qui font les cons.

De fait, ça fait drôle de quitter cette ville si belle, si étrange, si excessive, si triste parfois, et tellement pleine de musiques et d’histoires.

Parce qu’il y a de la misère partout. Des gens dorment dans leur voiture, ou dehors. ils ont des panneaux qui disent des trucs comme « Too ugly to prostitute » ou « Tired of sucking dicks », et les porteurs de ces pancartes là, c’était des jeunes mecs. Je me souviens que la dernière fois, j’avais vu une fille qui en avait une qui disait « Will twerk for a dollar ».

C’est difficile de voir au delà des endroits qu’on a arpenté. Même d’avoir logé dans le quartier Treme, qui plus populaire, ça nous permis de voir un NOLA plus résidentiel, et plus calme.

Alors quand même, en écrivant, je suis allée taper « How safe is Treme ».

La réponse d’internet :

« It is one of the inner-city downtown areas with a high crime rate. Despite police presence, crime rates are 266 percent higher than the national average, and violent crimes are 327 percent higher. »

Oups. Bon bah écoutez, en vrai, c’était super cool.

Je farfouille l’internet du trajet en quête de merveilleux.
C’est un échec. Tout du long. En plus, je n’arrête pas de m’endormir. On écoute Affaires Sensibles, et des fois, j’avoue, Drouelle me berce un peu.


On s’arrête dans un magasin de souvenirs sur la route, pour voir. La devanture était rigolote, y’avait un gros crocodile et des requins qui sortent des murs. On aurait pu rester dehors (mais il fait trop chaud), dedans, tout est nulmoche.


 
Oh, je repense à un truc que j’ai oublié de dire.
Le jour du bayou, sur la route, on a croisé un roadkill d’alligator. Il était énorme. Il a dû se faire rouler dessus par un camion, parce que c’était un très gros alligator, même aplati.
On en voit beaucoup des trucs écrasés. Des armadillos, des racoons, des écureuils, des chats, des chiens. Les alligators, c’est plus rare quand même.
 
On s’arrête en route, dans un supermarché pour le déjeuner. J’entame à peine mon corndog en plastique, et je mange plutôt des framboises. Les pancakes de ce matin étaient vraiment débiles.
 
On passe du Mississippi à l’Alabama (Sweet home) et de l’Alabama à la Floride. On dort à Pensacola.
Je vois sur la route un bayou où on peut marcher.
Il y en a souvent, des parcs, des réserves naturelles, avec un ponton qui zigzague au milieu, pour profiter du paysage sans se faire manger par quoique ce soit.
On se gare, et on choisit la balade 1 mile plutôt que celle qui fait 7,2miles. Je me répète, mais il fait chaud. À peine sortis de la voiture, les gouttes de sueur dégringolent le long de nos colonnes. La casquette de Manu vire éponge, et je m’agrippe à mon thé glacé.


 
C’est une très jolie forêt. On avance. Le moment le plus excitant, c’est quand on passe au-dessus, depuis notre ponton, d’un petit champ de plantes carnivores. Celles qui font des trompettes. C’est la première fois que j’en vois dans leur état sauvage et pas à 27 balles à Jardiland. Voilà, c’était LE moment foufou.
AH NON !
On avance encore, et la balade ne s’appelle pas bayou pour rien. Arrivés au bout du ponton, y’a une grande étendue d’eau. Mais le ponton s’arrête là, il faut faire le chemin inverse, ça ne fait pas une boucle.
Heureusement, Manu en se penchant un peu voit dans l’eau un très beau et gros crabe bleu.
Ayé, je suis au bout de cet époustouflant moment.

Ce soir j’ai choisi le Airbnb parce que la chambre s’appelle « The mermaid room ». La dame, elle me bat largeos en mermaid. Y’a des sirènes partout. Je vais lui piquer l’idée des fleurs avec des coquillages, c’est du plus bel effet. Je suis un peu jaja. J’avoue.


 
On va manger dans un truc de soulf food. Mon bloody mary avait le bon goût d’avoir, en plus de deux olives et d’un gumbo : une aile de poulet frit posée au-dessus.
Pardon, mais c’est du génie !


 
On partage deux entrées et une petit cup de gumbo (alors oui, le gumbo, c’est le plat, mais c’est aussi le légume, c’est l’enfer pour raconter). On sort de là comme si on avait mangé deux éléphants.

Retour au pays des sirènes. Demain, on a très plein beaucoup de route pour rentrer à Tampa.

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