Ce matin, on profite de la caravane, et on traine jusqu’à 10h, le temps de ranger un peu, de prendre une douche et de manger des pancakes au micro onde. Aujourd’hui, on a moins de 200km à faire.

Avant de prendre la route, je regarde toujours si y’a des trucs un peu marrant à faire. Je vérifie tous les sites possibles, les cartes, j’internet beaucoup. Bilan du matin : c’est pas ouf. C’est ballot parce qu’on a le temps.
Comme souvent, j’ai peur en voiture (c’est surtout que tout le monde conduit très vite dans ce pays, même et surtout les gros camions qui brillent) je re-regarde si y’a des attractions, des endroits beaux.
Un petit détour m’annonce un musée : Abita Mystery House and the UCM Museum in Abita Springs.
J’aime le mystère. Allons-y.
À la seconde où on arrive, j’aime déjà cet endroit. Une grosse cabane en bois. Y’a du bordel dehors, un super capharnaüm. Y’a des tas de panneaux qui invite à rentrer, à visiter, à prendre des photos, à tout.
J’ai vu que l’entrée, c’est 5 dollars. Ça vaaaaaa.

Voici la description officielle, qui ne fait pas honneur à cette merveille :
Also known as the UCM Museum is a roadside attraction in Abita Springs near New Orleans. It is a folk art environment with 1000s of found objects, and home made inventions. Tourists see a miniature Southern town with push-buttons that activate animated “displays.” On exhibit are odd collections, memorabilia, pure junk, and old arcade machines that are fun to play. Abita Springs, Louisiana is a historic small town known for its brewery, spring water, and bicycle trails.
On arrive dans le gift shop. Des tas de trucs sont affichés partout, y’a des bêtises en plastique, des dinosaures, des cartes postales, des t-shirts, et un monsieur derrière son comptoir.

Il a une pilosité de visage blanche, des joues sympa et il annonce : « It’s free to go in, you’ll pay to get out. » J’ai ri. Ensuite, il nous dit de prendre des quarters (des pièces de 25 cents) qui sont dans un panier en osier devant lui. « For the machines, and the pinballs… you’ll see. » Je prends 5 quarters.
On ouvre la porte. La porte vers le bordel le plus merveilleux dans lequel je ne sois jamais rentrée. Ça va être difficile de tout décrire. Ça commence par un « palier » derrière la grosse cabane en bois, et y’a une autre cabane en bois. Et là, c’est formidable. TOUT. On ne sait plus où donner de la tête, car, de fait, y’a objets, des affiches, des automates, des taxidermies folles. On mets des quarters dans des machines qui font bouger des trucs, qui prédisent ce qu’on va manger (j’ai eu des tiques et des crevettes).
Je retourne chercher des quarters pour faire plus de machines rigolotes, je dis au monsieur que tout est génial et je repars en courant.
J’ai filmé des tas de trucs pour vous montrer, et j’ai pris PLEIN de photos. Impossible de choisir quoi photographier. (et c’est très long à intercaler dans le post, tout est à la fin !)
J’ai un petit faible pour les hybrides alligator/un autre animal. J’avoue, j’ai ri à tout.




On retourne dehors, y’a une autre cabane (c’est grand en fait !), et puis un jardin avec une soucoupe volante, la maison des sauces piquantes, et le BASSIGATOR (un mélange de perche – le poisson – et d’alligator). En sortant, j’ai demandé au proprio qui l’avait pêché, il m’a dit « I did. If you want one, you have to go fishing. » Ce monsieur est vraiment drôle.
Il y a aussi le chat des voisins qui colle. et qui est si choubidou.
Il y a aussi le 32 foot alligator. La blague en français marche un peu moins. Mais dans la boite où ça annonce cet alligator, au lieu d’un alligator géant, c’est bien un alligator avec 32 pattes. Pardon mais je trouve ce monsieur vraiment vraiment drôle.


Il y a aussi plein de dioramas, et quand on appuie sur des boutons, ça fait bouger des trucs. Il y a des tas d’objets animés, un piano à manivelle, des pancartes, des panneaux. Je vous laisse jeter un oeil à ce joyeux foutoir sur les photos de la fin (y’a d’autres vidéos aussi).
En partant, on discute donc avec le monsieur, entre temps une dame très sympa est arrivée. On cause voyage, la France, ils nous conseillent d’aller manger dans un truc pas loin, qui est super. Ils nous apprennent des mots de Louisiane. Bref, c’est vraiment cool.

Comme on est sorti, je sors mon billet pour payer les entrée et les cartes postale qu’on a choisies. Et là, le monsieur dit en montrant Manu : « Oh no, it’s free. He’s a teacher, he doesn’t make any money. » Et il rit. Il nous a donc offert les deux entrées et 10 cartes postales super.
C’était génial, voilà tout.






On va là où ils nous ont dit de manger. Chez Vera. Y’a du catfish. Je n’ai jamais mangé de poisson-chat, alors je prends ça. J’aime le poisson et les chats. Et de fait, c’est très très bon. Manu était certain que c’était bourré d’arêtes. Y’a pas une arête. (je pensais qu’il savait tout, finalement non, il n’y connaît rien poisson-chat).
Il a pris un shrimp tacos, qui est aussi méga bon. Merci la Mystery House !

On termine la route pour New Orleans. Petit à petit le paysage change. Les noms des villes et des rues deviennent presque français. Y’a du bayou partout. Idem, on passe de maisons chics au village de mobiles homes aux maisons pétées partout.
Arrive le grand pont qui amène à NOLA (c’est l’abréviation pour New Orleans. Si je ne sais pas trop comment ça se place à l’oral, à l’écrit, c’est pratique.) C’est un super long pont. Autour, y’a des pélicans qui volètent. C’est chouette.
Oh et ça me rappelle, à propos de pélicans, que partout où on va, les routes sont survolées par des gros rapaces. On roule un peu le nez en l’air. Aigles, vautours, c’est incroyable, et bien moins naze que nos gros nuls de pigeons.
Comme on est un peu en avance, j’avais vu qu’il y avait un parc d’attraction abandonné à l’entrée de NOLA. On tente d’aller y faire un tour, la route est pourrie. On se croirait à Cuba dis donc. C’est un gros fail, j’avais bien lu que c’était interdit, on ne comptait pas y entrer, mais au moins regarder au travers des grilles, mais même avant ça, à l’entrée de la rue, y’a une voiture avec de la police pas aimable qui nous fait signe de faire demi tour. C’était autoritaire, on. amême pas tenté le « Ohlala on est français, no comprendo.. »
Caramba, raté ! C’est con, de loin, ça avait l’air super bien.
On arrive dans le quartier où on loge. C’est un appartement minus, de 15m2, qui avait le mérite de coûter pas cher. En revanche, on est un peu loin du centre, genre 30 minutes à pieds. Ça éliminera le poisson chat. Mais on est en plein Treme. Coucou à ceux qui ont vu cette série formidable.



On se met en route. Je suis à deux doigts de remercier Jésus et sa soeur pour le vent qui souffle et qui éteint un peu la moiteur.
Manu reconnaît tout, c’est un peu mignon, il a le plan de. la ville en tête, il sait d’avance où sont certaines rues. Il y connaît rien e poisson chat, mais il est fort en plan de tête.


On entre dans les magasins pour se faire air climatiser les dessous de bras
C’est lundi, c’est assez calme, quelques touristes, quelques gens ivres (il est tôt).
Cette ville est déconcertante de beauté, de n’importe quoi, d’excès. J’avais oublié que j’avais du mal à savoir si je l’aime ou si je ne sais. pas quoi en penser.
Ce n’est probablement pas la ville la plus safe de l’Amérique. En même temps, les gens viennent là pour boire des daiquiris de douze litres, vomir dans la rue, et mettre des sous dans les décolletés des serveuses. Ça se tient un poil qu’à force ça agace un peu les gens qui habitent là..



Il y a des panneaux sur les maisons. « STOP THE VIOLENCE ». « STOP RACISM ». C’est mieux que les trucs pro Trump des bords de route.
On a chaud, et comme je suis débile, je n’ai pas de short. Comme j’avais peur d’avoir les cuisses qui frottent (c’est un véritable problème dont tout le monde devrait parler sans cesse pour qu’on arrête d’avoir honte, nous les dames aux cuisses qui frottent) j’ai mis un pantalon. J’ai l’impression d’avoir mis un pantalon de ski doublé en moumoute polaire Damart. Alors j’achète un short. Je garde la polaire pour ce soir, et demain, tant pis, je mets un shorts.
Pour ceux qui s’inquiétaient follement : Manu a trouvé sa casquette. Celle dont il rêvait, avec des tas de paramètres professionnels de fan de casquettes et de l’équipe des Saints.
Et moi, j’ai trouvé un magasin de décorations de noël OUFISSIME. Bon sang de bois, si je voulais acheter tout ce qui me fait envie, il faudrait que j’hypothèque mon appart. Je repars. de là, la mort dans l’âme, avec deux achats très (trop) raisonnables. Mais rendez-vous compte, il. y avait TOUT. Des paquets. Des chips, un Docteur Maboul, des sirènes mâles un peu sexy, des animaux, tous les animaux, des squelettes. Je suis à deux doigts d’aller au casino pour me faire un budget déco X-MAS.



Ensuite, on va dans un bar que nous avait conseillé un couple de New Yorkais de passage à Paris au Holy Holster. The Abbey. C’est un peu pourri sympa. Tout le monde est méga bourré là dedans mais c’est calmos. Y’a. pas de musique, y’a un juke box qui s’allumera deux fois : une chanson super (Nancy Sinatra et Lee Hazlewood – Some Velvet Morning), et après quelqu’un a mis Céline Dion pour déconner (la chanson du Céline Dion challenge pour les fans de Tik Tok) mais la barmaid a coupé assez vite. On a ri.

Une jeune mec sans t shirt qui remet son t-shirt rentre dans le bar, demande une tequila ananas. Il demande à ce que la dame charge son verre parce que tu comprends c’est son anniversaire. Il paye 4 dollars et puis s’en va. Tu m’étonnes que tout le monde est ivre dans cette ville.
Après on rentre dans la chaleur de la nuit. Même s’il n’est pas trop tard. En rentrant, il faut manger. Nous sommes luisants.

Je vais vous partager la recette de notre diner.
Ingrédients :
- Un sachet de salade en plastique avec son fond de sauce dans un autre sachet
- Deux buns de hot dogs de la veille
- Deux saucisses dans le même état
- Un reste de deviled eggs salad
- Un reste de cheddar rapé que vous trimballez depuis la ville des hippies (Asheville).
Mettez la salade en plastique dans une assiette. Versez le fond de sauce par dessus. Touillez gaiement.
Ouvrez la boite de salade aux oeufs, ajoutez une fourchette. La fourchette doit tenir dans la boite en plastique.
Mettez le cheddar rapé dans les buns.
Faites d’abord cuire les saucisses au micron ondes. Elles doivent être à température » se brûler un peu à la première bouchée, mais après ça va ».
Mettez les buns fourrés au cheddar dans le petit four pour faire griller et fondre le fromage. Mettez la minuterie.
Réalisez au bout de trois minutes que le four n’est pas branché.
Tentez de brancher le four, mais réalisez que le fil électrique est trop court pour atteindre la prise.
Capitulez.
Mettez les buns au cheddar au micro-onde, ça fera bien l’affaire.
Disposez dans les assiettes du placard en bas droite de l’évier, et servez.
C’est prêt ! Bonne dégustation !

On prend une douche tièdofroide (c’est la température disponible) pour rincer la journée.
Il est 22h30. Dodo maintenant. Et j’en peux plus des bruits de clim. C’est comme dormir dans un moteur d’avion.
TOUTES LES PHOTOS :


























































































































































