Jour 13 – Mississippi

J’écris présentement d’un endroit formidable. Mais je spoile.

Ce matin, il est temps de dire au revoir à Elvis et de plirer nos bagages pour partir vers le Mississipi.

On a pas mal de route aujourd’hui, 500 bornes, un truc du genre. Avec les arrêts, les pause, le déjeuner, ça fait quasi la journée.

Je ne sais pas si je l’ai déjà dit mais Manu un genre de to-do list : il veut être allé dans les 50 états de l’Amérique. Il se trouve que l’Arkansas est de l’autre côté du Mississippi, ça fait un détour d’à peine 30 minutes. Allons petit déjeuner en Arkansas pour faire une croix de plus.
Sauf que c’est dimanche. Si on avait voulu aller à la messe, on aurait eu l’embarras du choix. Parce que j’insiste, il y a vraiment beaucoup d’églises dans ce pays. (Dans les 380 000 dit internet, je pense qu’en 15 jours, on a dû en voir la moitié, à peu près.) En revanche, pour petit déjeuner, c’est moins facile que. deréciter trois Notre Père et 27 Je vous salue Marie.


Y’a un seul truc ouvert à distance raisonnable : un truc de donuts. J’avoue que j’avais envie d’un vrai petit déj, et pas de truc à trous. Manu est super content.


Dans le truc de donuts y’a des genres de petits hot dogs, je prends ça ! Ohlalala ! C’est très mauvais ! On dirait un pitch avec une vieille knackie, et le tout réchauffé au micro-onde. C’est une amère déception. C’est comme un biscuit sans gravy. Un repas sans fromage. Une chaise à trois pieds. Un retour au boulot. Une endive.

On repart, Manu a quand même mangé un donuts custard (la crème jaune à la vanille), et il était vriament heureux. Je n’ai toujours. pasréussi à en refaire en France. Comme on dit « C’est pas ça ». C’est pas. le même effet.

Parfois on parle à son diabète, comme s’il était avec nous en voyage. Ses analyses avant de partir était super, alors banco du donuts.

TRIGGER WARNING : ça va saigner.

Oui, bon j’ai eu mes règles en avance, je pensais être peinard tout du long du voyage. (je crois que c’est le principe du blog, on peut tout raconter et faire comme si les gens ne lisaient pas). Mais me bonne dame, à 45 ans, les aléas du direct sont nombreux.

Alors, de fait, j’avoue avoir parfois été modérément aimable avec mon époux ces deux derniers jours. Je le cite : « Hé ho, t’es pas ma mère. » (Coucou Denise). Je suis surtout soulagée de la provenance de ces quelques boutons de figures et de me sentir enflée malgré toutes ces bonnes salades en plastique. L’explication est là. Cette injustice mens.tr.uelle est si pénible.


D’ici deux jours, je devrais être exactement comme aujourd’hui, mais en ressenti, ça sera 100 fois mieux. Thank you Jesus ! (je commence. à piger l’utilité de ce bon vieux JC).

Tout ça pour dire que je dors beaucoup dans la voiture aujourd’hui. La fatigue intersidérale et incontrôlable. Je fais de mon mieux pour écouter Fabrice Drouelle nous parler de sectes sympas, ou pour écouter notre nouvel ami de route Hank William III.

C’est le petit fils du géant de la country Hank Williams, qui fait plutôt ça comme musique :

C’est le fils du nouveau mec de la country, Hank Willam Junior

Et donc, Hank William III, il est un peu plus rock n’roll. Il fait du « COW PUNK » :

Les parole sont super.

Mais notre préférée, c’est celle-là :

Alors, faut s’y voir, dans un voiture, avec le paysage qui défile, et dire en choeur : IN THE MISSISSIPPI MUD en se secouant les épaules, à la cool. (faites le chez vous, faites des videos, taguez nous, ça va être génial).

Sur la route, y’a Clarksdale. (vous allez me dire : ok super, et ?).
C’est à un croisement, dans cette ville, que Robert Johnson aurait vendu son âme au diable en échange de talent (je la fais courte). C’est là qu’est né le blues. On s’arrête le temps de quelque photo dans l’air humide. On n’a rien vendu, mais je le regrette un peu.

Le temps fils et c’est l’heure de manger, et rappelons-le, c’est dimanche.
On cherche un premier truc, c’est un échec, on se re-barre sur la route après avoir fait trois tour d’un pâté de maison abandonné.


On reprend la route.
Oh d’ailleurs la route. Difficile de s’arrêter pour faire du reportage photo, mais y’a du grand écart entre les certains bouts de village chic, et des nuages de caravanes pourries, de mobiles homes. Des décharges qui finalement s’avèrent être habitées.
L’essence est aussi de moins en moins chère. On est passé de 3,85$ le gallon à 3,19$ dans les parages (0,84€ le litre).

Je dégote un truc sur internet qui s’appelle Thelma’s kitchen. Comme c’est le prénom de la fille de ma copine Oriane, je me dis que la destin est là.

On arrive dans un espace qui ressemble à un terrain vague, mais au fond y’a une cabane, y’a des voitures garées, allons-y !

Sans le dire avec l’accent : c’est le sud ici. Des tables, avec des blancs et des noirs qui mangent en famille. C’est dimanche, alors certains messieurs dames sont chics au possible, et d’autre ont des t-shirts tie and dye.
Y’a comme un stand de self, avec deux dames qui servent dans des plat en inox posés sur des flammes pour garder chaud. Du meatloaf, du poulet, des chicken wings. La dame voit qu’on a l’air perdu alors elle nous explique avec son accent costaud. Même si on est tous les deux bilingues, y’a des fois, c’est chaud. Elle a des dents en or incroyables sur son sourire accueillant. Business is business, une fois qu’on a fait notre speech de « On est français, Paris, tout ça », elle nous encourage à mettre une bonne note sur google, et qu’on devrait faire une photo avec la patronne, Thelma. Même dans le fin fond du Mississipi, internet est là (bon en même, on y est allé parce que j’ai lu les reviews sur internet, alors bravo la mère la morale.)

Bah de fait, la patronne Thelma, elle est très sympa. On refait le « français, Paris, tout ça. » Elle nous explique qu’elle travaille avec toute sa famille parce que les gens de l’extérieur n’aiment pas quand elle les engueule et qu’elle leur dit quoi faire. À plusieurs reprise, il a été question de Dieu, alors on a souri poliment.
On fait une photo avec elle dehors et elle me donne même son numéro de téléphone pour que je lui envoie ❤ (et oui, on a bien mangé, c’était super).

Après, j’ai fait une sieste.

Fin de la route, on arrive à notre Airbnb du soir, probablement le plus sexy du voyage.
C’est une vieille caravane vintage, dans une forêt. Les proprios en ont retapé plusieurs sur leur terrain. Mais c’est bien foutu, on est isolé des autres, et en même temps, y’a pas d’autres invités. Héhéhé.

(merci Charlotte de m’avoir aidée à choisir, c’est super une fois sur place)(car j’étais au boulot quand je tergiversais de la réservation, et Chacha a voté, très judicieusement)(c’est mon année des parenthèses).

On va au supermarché pour se bidouiller une bouffe avec le micro onde et le mini grill. Et des bières pour boire en écoutant les bestioles nous vrombir dans les oreilles.
Vous pouvez ouvrir les votes sur nombre de piqures demain matin.

Hot dog, salade, super. On regarde le lendemain en profitant de la chaleur humide du dehors. On capitule, et on va se coucher à 21h1, en regaradant Walking Dead. Au milieu d’une forêt, dans une caravane. C’est tellement à-propos.



Si je dois râler pour un truc, c’est que partout où on dort, les climatisations font un raffut du diable.

Une réflexion sur “Jour 13 – Mississippi

  1. Quel plaisir de retrouver tes aventures américano-estivales 😍
    Et quel plaisir de pouvoir les lire sur ton blog (je ne m’autorise que 5 minutes d’insta par jour pour me sevrer, ça n’aurait sans doute pas suffi à me régaler de tes récits).

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