Toute la journée, Manu a chanté « Sur la route de Memphis » parce qu’on était sur la route de Memphis. Ça m’a un peu changée de « Nashville ou Belleville ». Mais j’aime bien Eddy Mitchell, alors ça va. Mais Manu, je crois pas tant que ça. Il a la maladie des chansons qui vont avec les endroits. Des fois ça va, mais par exemple, je pense qu’on ira jamais au Connemara, ça va être chiant sinon.
On par de notre Airbnb formidable(hier, on a même rencontré leur deux chiens, des danois géants qui bavent), on dit au revoir aux oiseaux (y’avait des BUSES dans leur jardin) et on hit the road. J’ai vu qu’on moins d’une heure de route y’a un endroit un peu à l’ancienne pour un petit dej dans un micro bled. Quand on arrive, y’a que des pickup garés devant. Théoriquement, les tarifs était imbattable. 1,50$ l’oeuf, 4,50$ les biscuits and gravy. On donne une carte sans prix, et finalement, à l’arrivée ça fait 23$ pour deux, ce qui n’est pas tant moins que dans les endroits plus exotiques chics. Tant pis, c’était pas mal, mais pas ouf. (le gravy, c’était clairement du gravy mix, soit une poudre qu’on trouve au supermarché).

ensuite c’est la route. On fait la premère partie sur une grosse artère, jusqu’à Jackshon, et pour la suite, sur la route de Memphis, on opte pour l’itinéraire bis. Ça rajoute un peu, mais ça permet de voir toutes les églises de Jésus, de Dieu et ses pots. C’est bien mieux. Finalement, on est un peu Saint Jacques de Compostelle au ketchup.
On s’arrête dans un supermarché pour manger une salade en plastique. Pas ouf, pas cher.

Manu, mignon comme tout, voit un truc sur la route où y’a écrit GIN. Il a vraiment cru que c’était une distillerie. J’ai un peu la maladie, j’avoue, d’avoir du mal à rentrer dans un endroit sans vérifier sur mon téléphone les notes, les avis et tout de l’internet. Et après avoir vu le logo, je doutais un peu du cocktail à venir. C’était en réalité une fabrique de coton. On a bien fait de pas rentrer pour demander une visite. On aurait jamais comment s’en sortir. « Mais sinon, vous mettez du genièvre dans vos pelotes ? »

Memphis Tennessee. Les quartiers se succèdent et ne ressemblent pas. Au choix : grosses maisons qui se la raconte, ou quartier pourri où l’angoisse monte.
En arrivant en Airbnb, y’a un petit guide. J’avoue, j’ai peu fait mes devoir sur Memphis. J’ai réservé Graceland il y a plusieurs mois déjà pour étaler les frais, mais sinon, beh, je ne sais pas trop ce qu’on va faire.
On découvre dans le guide : Beale street. Si vous avez lu hier, c’est comme Broadway à Nashville. Des bar, de la musique, de la wouhouuu fête.
Il fait chaud et lourd. Par rapport à Nashville, c’est un peu plus dur. Je suis en jean, je sue tant. Je me hais de ce choix vestimentaire. Je regrette ce short en jean que je ne possède pas, et ces santiags que je n’ai pas achetées.
On se gare, et on arrive devant l’arche qui annonce cette rue interdite aux voitures. C’est pareil que Broadway, mais avec personne (bon, ok, il est 17h) mais la veille à Nashville, à la même heure voir plus tôt, c’était déjà le bordel. C’est le même principe, un bar, une vitrine ouverte et de la musique. Mais : y’a du blues pour de vrai, de la P-Funk (je suis une inconditionnelle fan de Parliament/Funkadelic). À la place de Sweet home Alabama, y’a Atomic dog et We want the funk. je suis réjouie. J’ai de la place pour faire des photos, et je réitère : il fait chaud.



Il y a un magasin rigolo : A. SHWAB. Y’a tout à peu près. Des instruments, des gadgets, un bar, des chausettes, des habites classes, des t-shirts bien et/ou ringardos, des bonbecs, un petit musée car il a ouvert en 1876. Y’a même un rayon franc-maçon, mais c’est précisé qu’il faut présenter sa carte de membre pour acheter une casquette ou un pins. Fichtre.
Mais surtout, ils ont LE pyjama Elvis. C’est 40$. J’HÉSITE. Je verrais demain. Je… AAAAAAH !!!





Elvis est partout, du slip aux déco de noël, en passant par le mug et le porte-clé.
On continue la balade et on va faire un stop dans le « Village Victorien ». En vrai c’est et cool et frustrant, car ce sont une poignée de maison incroyables, mais en très petite quantité. Ça valait le détour, c’est un avant goût de New Orleans. Mais on aurait bien aimé que ça dure un peu plus.

Sur mon site adoré, Atlas Obscura, j’ai trouvé un bar qui s’appelle Earnestine and Hazel’s. Dive bar, pas trop cher, hyper ancien, un peu tout pété. Allons-y.
Je spoile, mais les prix annoncés sur l’internet sont loin de ce qu’on a payé en serrant les dents (je suis à deux doigts de me demander si y’a des tarifs touristes, internet dit que non. MAIS QUE CROIRE ? LA TERRE SERAIT-ELLE PLATE ? C’est ce qu’ils disent, all around the world).
En revanche, malgré l’addition déconcertante, cet endroit est Formidable. Avec un grand F. Quand on arrive devant, on dirait une vieux magasin brocante pourri fermé au public. Dedans, c’est assez grand. Je Le RDC a un grand comptoir, un juke box super, des tables, l’ambiance est tamisée et y’a que des chansons bien dans le juke box.


On commande une première canette de bière (pas de pression ici). Et la serveuse, plutôt sympa dès le début nous dit qu’on peut aller voir l’étage, qu’en plus c’est hanté.
L’étage vaut le détour. C’est tout pourri, tout pété. y’a un couloir, avec des pièces déglinguées. Des toilettes avec des baignoires recouvertes. Des petits salons avec des meubles qui s’effondre. C’est super. Au bout du couloir, y’a un autre comptoir, c’est le bar de Nate, qui travaille là depuis la nuit des temps. Je vous mets un lien là avec toute l’histoire, au cas où. On n’ose pas trop s’attarder là : Nate discute avec des dames.




Retour en bas, on cause avec un musicien qui était prof de français et il est très content de parler français avec nous.
Il nous invite à venir le voir jouer dans le rade d’en face un peu plus tard.
On commande un Soul Burger (LE burger de Earnestine and Hazel’s) qui s’avère être assez nul et à 9$ au lieu de 6$ (damn you, internet). Mais on est content quand même. On a plongé dans Memphis, même si on a démarré la soirée fort trop tôt, et qu’on capitule assez vite, au lieu de faire la foire au bout de la nuit.
On passe voir où le prof joue, mais c’est, pardon, un peu tarte. Des chaises alignées, on dirait un récital de poésie avec du vin. On décide de rentrer, et s’acheter des bières à boire au Airbnb, tranquillou.
C’est donc en terminant cette très bonne bière locale (car l’eau de Memphis, c’est la mieux des USA -j’ai oublié pourquoi mais on me l’ai dit et je l’ai lu-) que je termine ce petit compte rendu du jour.
TOUTES LES PHOTOS :
































































