Ce matin, il faut bien l’admettre, c’est difficile de faire comme si de rien n’était. On est habité par hier, et ça risque de durer un moment. Dale m’a écrit, j’ai répondu, la joie de s’être vu est là, bien installée. Et merci pour tout vos messages si gentils.
The trip must go on, comme disait le boucher de Freddy Mercury.
Comme je l’ai dit, on a dormi dans une ferme, dans la petite ville de Pembroke. Il y a des tas de chats et des tas de chatons, alors c’est mignon. Il y a 30 poules, deux chiens, des canard et des oies, deux lamas, deux alpacas. Certains sont régulièrement tondus (les trucs à tondre) pour faire de la laine et des pulls (pas les poules par exemple), mais Pat, la propriétaire, dit qu’avec ces températures, la laine n’a que peu de succès. Mais ces bestioles sont sa joie de chaque jour et elle rit à chaque fois qu’ils font une ânerie. Enfin, une montonnerie, une alpacarie, je ne sais pas…

Guirlande de chats
Avant de se diriger vers le prochain Airbnb à 320 bornes de là, on décide de faire un détour par Savannah. Tout le monde dit que c’est joli et on doit pouvoir un petit déjeuner.
Figurez-vous qu’on a pris une mouche en stop depuis la Floride, elle voyage avec nous. Au début c’était agaçant, mais finalement, on l’a appelé Flofly (Florida Fly) (mais on prononce Flofli). J’hésite à lui mettre un bouchon d’eau quand on part se balader.

Arrivés au Visitors Center, y’a partout la pub pour le musée de la Prohibition.
Comme l’alcool des fois c’est sympa, on se dit que pourquoi pas.
On se balade un peu sous le soleil qui écrabouille, pour aller de la voiture au centre historique. C’est gentiment touristique, y’a des boutiques de souvenirs avec quelques trucs cool (cette année, j’ai décidé d’acheter une décoration de Noël par État visité). Les souvenirs aux USA sont souvent assez cool finalement. Bien plus qu’en Écosse l’année dernière, où j’ai été tant déçue (pas un seul truc sympa avec Nessie, sans déconner).

On trouve un super endroit de petit déjeuner. Des waffles au maïs, avec un genre de sausage gravy. Ils font aussi des croissants, et je pense qu’ils ont réglé cette sombre histoire de pain au chocolat vs chocolatine. Ils appellent ça : un croissant au chocolat. AH ON FAIT MOINS LES MALINS LES RÉGIONAUX ?!


Je prends des places pour faire un tour pendant la prohibition.
On entre dans le musée. Y’a des statues en cire, des repro des vieilles affiches. C’est vraiment cool. On apprend des tas d’anecdotes épatantes. Ma préférée restera l’histoire de Carry Nation.
Carry a épousé un mec, contre l’avis de sa famille qui trouvait que c’était un alcoolo nulet bon à rien.
De fait, ils n’avaient pas tout à fait tort, machin est bien mort assez rapidement à cause de la picole excessive, laissant dans la mouise sa femme et sa fille. Mais : super cool, Carry s’est remariée, mais elle était super colère après l’alcool. Elle a lancé une section locale de la Woman’s Christian Temperance Union (WCTU) dans son bled et elle a demandé à Dieu ce qu’elle pouvait faire au sujet de ces saloperies de saloons. Dieu lui a dit (sympa le mec) « Va a Kiowa. Je serait à tes côtés. »

Alors v’la notre Carry nationale qui déboule à Kiowa, avec des pierre des briques et elle a pulvérisé le premier saloon sur son chemin. Et après, elle a vadrouillé, et elle pétait tous les saloons qu’elle voyait. Elle avait une arme fétiche : une petite hache. Et comme elle était maline, elle s’attaquait à des saloons illégaux, ce qui fait qu’elle passait genre une nuit en prison par principe, une petite amende, et c’était reparti ma Carry.
Le truc, là où Carry devait pas s’y connaître en marketing, c’est que les gens, ils étaient intrigués, alors ils allaient dans les saloons qu’elle avait dévasté, et allaient y claquer leur bon argent. L’arroseuse arrosée.
Je vous mets une photo de Madame Nation, qui malgré son pas très bon caractère, avait un peu la classe :

Mon prochain personnage de Donjon et Dragon sera inspiré de Carry Nation
J’avoue, j’ai beaucoup rigolé.
Dans les zinzins, y’a aussi Billy Sunday, un ex joueur de baseball qui s’est lancé dans une croisade anti-alcool et pro-prohibition. Il aimait bien bouger partout pour montrer qu’il était vraiment super en colère.
Ce qui est intéressant, c’est que dans ces grandes visions pour ce futur sans alcool, ceux qui étaient anti liquide démoniaque, se disaient que les hommes allaient dépenser ce bon argent économisé dans les commerces, les restaurants, les théâtres, sauf que beh… la motivation pour sortir a perdu quelques points avec l’absence de picolade. Les gens restaient chez eux à boire leur alcool de contrebande.
Et des tas d’industries de céréales ont beaucoup souffert, les fabricants de barils, de liège, les fameux restaurants, etc…
Le système carcéral s’est également beaucoup construit à cette époque. Les prisons étaient pleines à craquer, il fallait dégorger, alors ils ont mis en place la « probation ». On condamne mais on ne remplit pas plus les prisons.
Ah et l’alcool de contrebande : zéro contrôle. Donc des doses de méthanol qui rendait zinzin ou décédé. Et comme en plus, c’était un peu dégueulasse au goût, les barmen inventaient des cocktails pour planquer (bon, ça c’est bien, un peu…).
Ensuite, il y avait toute une section sur les différentes façons de planquer l’alcool à l’époque. Dans des berceaux (of course), dans des oeufs vides, scellés à la cire, dans des théières, dans des faux bretzels en porcelaine.


Les voitures aussi, on été modifiées. Pas tant pour cacher des trucs, mais pour aller plus vite et échapper à la police
Bon et pour dire à quel point c’était une idée de merde tout ça, les grands fans de la prohibition, c’était ces gros cons du KKK. CQFD.

On passe à la mafia et Al Capone, avec quelques citations pas piquées des hannetons.
Il y a tout de même eu des tas de morts.

Cela a aussi été une période de révolution pour les femmes. Terminé les robes victoriennes qui cachent les chevilles. Les cheveux sont courts, des femmes sont engagées politiquement. C’est l’amorce de quelque chose.




À un moment, on se retrouve dans une grosse porte en métal. Dans une fente. de boîte aux lettres, les yeux d’un type (c’est un film, je ne suis pas dupe), et une grosse voix qui dit que faut dire le mot de passe. C’est écrit sur la porte. « Telle them GUS sent you. »

Et là, la porte s’ouvre. Sur un bar caché. Un speakeasy, avec un barman, de la musique.
Un cocktail est inclu dans la visite (parce que j’ai payé à l’entrée, c’est pas magique non plus). On peut choisir parmi des cocktails de l’époque. Je dis que je veux bien du gin merci beaucoup monsieur. Je prends un « Aviation » et Manu un « French 75 ». C’est super super bon. Et surtout, dans le mien, y’a une petite cerise. Je me dis que. ça va être naze comme un fruit confit. Je croque dedans du bout des lèvres. Oh bon sang. C’est comme un bonbon bon. Je vais demander au barman ce que c’est. des cerises Maraschino, c’est italien. C’est génial, il m’en faut mille boites pour tout mes futurs gin tonic.




Et en plus, il n’y est pas allé mollo avec le dos de la cuillère. Je termine la visite enjouée, et le retour à la voiture est un peu fastidieux. Alcool + 12h15 + 41 degrés + marche à pied.
Un peu plus loin sur la route, je découvre qu’un monsieur a construit un centre de bienvenue pour les UFO. SYMPA LE MEC !
Alors on y va. Le UFO Welcome Center est un peu tout pété. Ça a été construit à 1994, mais quand même, ça a encore un peu de la gueule. Il semblerait qu’avant, c’était payant. (bon, là, de ce qu’on voit au travers des barrières de métal, c’est une gros décharge). Quelques photos et off we go.

En ce moment, je regarde Walking Dead (je n’ai pas vu la fin, j’ai repris au milieu). Et sur la route, je regarde, et j’imagine les endroits qui feraient des bonnes planques, ou des sources de bouffes.
La maison du soir, je l’avais choisi parce que la proprio est coroner et que j’espérais discuter un peu avec elle. La maison est grande et glaciale, et la proprio bosse. de nuit, elle rentre à 5h00 du mat.

J’ai pu avoir Valentine au téléphone, pour parler d’hier. Elle m’a conseillé de tout noter. Et effectivement, en lui racontant, en lui parlant, je réalise qu’il y a tant à ne pas oublier.
Demain, on a dit qu’on ferait ça dans la voiture avant Manu. Se refaire les conversations, même les toutes petites choses. Pour ne rien oublier.
On s’installe dans notre chambre, et par message, elle est paaas hyper chaleureuse. J’ai quand même demandé où manger et elle a conseillé un mexicain qui s’est avéré super. Le petit déjeuner des waffles étaient loin, on avait faim. Et ils avaient des margaritas de plusieurs tailles. Manu a pris la moyenne, je n’ose imaginer la taille de la grande.

TOUTES LES PHOTOS :
























































































