Le réveil sonne à 4h. Du matin. C’est tôt quand même. Il fait super nuit mais on a super rendez-vous à Crystal Water à 6h. Et c’est un peu loin, 1H30 de route au nord.

Les yeux pochés, on prend la route en serrant les fesses pour être à l’heure.
5h56. On arrive, on se gare, on est à l’heure !

Ce matin, on va peut-être nager avec des manatees. On dit des lamantins en français, mais manatee c’est plus joyeux.
On est 6 en tout à faire le « tour » (prononcer le touwr). Une famille néerlandaise et nous.
On nous file des combinaisons de plongée, et tant bien que mal, on les enfile.
On a aussi droit à des masques et des tubas. Une fois équipés, le jeune capitaine Michael nous fait voir en vidéo les informations pratiques et tous les interdits si on croise des manatees, qui se résument en gros à : NE PAS TOUCHER, NE FAITES PAS DE BORDEL.
Faut pas paniquer, faut pas s’agiter, faut pas faire poc poc sur la bestiole. Faut avoir un peu de bon sens. mais sur les vidéos, y’a des exemples filmés, et effectivement, les gens sont des gros nazes, qui font poc poc.
On monte sur le bateau qui va pas vite, et on part en quête d’un gros nez qui pourrait faire surface.
Le soleil se lève doucement, c’est vraiment beau.

Le cadre ? Un genre de chenal, avec des tonnes de maisons millions de dollars, des bateaux garés qui valent d’autres millions. En ce moment, ce n’est pas la saison des manatees. En temps normal, Il peut y en avoir des centaines. Là, on peut faire une grosse division et chercher plus longtemps. Michael du bateau a même un drône pour chercher vue de haut.
On en trouve un, qui broute. J’ai un peu de mal à me faire une place dans le groupe et je loupe un peu tout. Je ne veux pas trop m’approcher pour pas l’embêter, mais l’eau est très trouble, et il faut être vraiment juste à côté pour voir son super gros nez. Je vois surtout des pieds des autres.



Mais à un moment, il passe juste en dessous de moi, son dos frôle mon ventre, j’arrête de respirer. Je pense aux règles, j’ai peur d’avoir été sur son chemin, ça m’inquiète. Je me dis que j’ai fait une bêtise. Il aurait fallu que je sois plus agile, que je me pousse. AAAH.

Bon après, j’ai demandé à nos accompagnateurs si j’avais fait une connerie. Réponse : Si le manatee fonce droit sur toi, bah c’est comme ça. Faut attendre à la cool.
Quelle animal fou et formidable. Une sirène hippopotame, avec des yeux gentils, qui broute et pète. Moi, je veux être réincarnée en manatee. Aucun prédateur, c’est méga sympa et ça a un gros nez formidable.
Manu fait un chouette face à face en surface, quand le manatee fait un coup de respiration. Ou alors il lui a craché au visage, on ne sait pas. Mais c’était super.

On remonte sur le bateau, on continue la balade.

Au deuxième plouf, je ne sais encore pas bien m’imposer, je me prends encore des pieds des autres dans le visage. L’eau est très très trouble à ce nouvel endroit. On se croirait dans des fesses vertes. Je tente de faire des photos, mais c’est un bel échec.
Les autres remontent sur le bateau, et je reste un peu dans l’eau avec la gentille demoiselle qui nous abreuve de fun manatees facts.
Le manatee est juste là. Il s’appelle Triangle, à cause d’une cicatrice.
Il s’approche et me colle, je suis allongée à la surface de l’eau, il nage juste en dessous. Ses papattes avant m’enlacent presque au passage. 600 kgs de formidable qui se colle à moi. Alors je suis émue et je pleure un peu dans mon masque.
Je sais bien hein, qu’il allait brouter plus loin, et que je sois sur son passage n’était qu’un hoquet de trajet. Mais même. Je m’en fous. J’ai eu mon manatee moment.

Après ça, plus rien n’a d’importance, on rentre au port après un tour à une source d’eau claire sous marine (comment on dit, vu que c’est pas la mer ?). (Dis comme ça, ça a l’air magique et super, mais en fait, c’est un trou froid au fond de l’eau près d’un ponton à un million de dollars.).
J’ai tenté de faire des photos avec la pochette étanche que ma soeur m’a prêtée. Alors ça marche, c’est étanche, mais en eau trouble, de fait, on ne voit rien. (j’ai donc acheté le pack de photo prises par la demoiselle du touwr).

C’est un prout de manatee, je crois.
On se rhabille, on dit merci, on flotte de l’experience qu’on vient de vivre, et on mange la fin de sandwich cubain de la veille sur le parking en se disant que tout ça était vraiment formidable.

Direction donuts. Ingestion donuts. Very good donuts.
What do we do now ?
Je regarde les alentours, y’a un parc, avec une balade à faire. 12$. Banco.
Nous voici arrivé à Homosassa State Park.
Alors en général, les trucs avec des animaux dans des cages, très peu pour nous. Donc au début, on se dit que zut flute. On pensait que c’était une balade dans un parc à arbres, mais y’a des animaux partout. On est d’ailleurs accueilli par Lu, l’hippopotame, qui broute et fait caca en spray.

MAIS ! C’est en fait un refuge pour animaux tout cassés par la vie. Lu était acteur, il a 60 ans, c’est sa maison de retraite. Et en fait, un peu partout dans le parc, ce sont des animaux sauvés d’un roadkill, d’un accident, d’une attaque. Il manque des ailes, des yeux, et les gens qui travaillent là parlent aux animaux, ils ont tous un nom. Et mention spéciale au couple de grues : Levi and Peepers. Peepers ne peut pas voler, à cause d’une blessure, Levi en revanche reste avec Peepers dans le parc, alors qu’il peut voler, parce qu’elles s’aiment. ❤

Dans le parc, il y a aussi des manatees, qui ne peuvent pas retourner dans la nature. Certains sont là pour toujours, disait la dame qui jetait des salades (les manatees mangent 10% de leur poids par jour, je crois que y’a pas assez à brouter sur place, faut jeter des salades).

Y’a des vidéos à la toute fin du post
C’est impressionnant de les voir en entier, d’un peu plus loin. Maintenant que je suis connue dans toute la Floride pour être celle qui murmurait à l’oreille des manatees, c’est clairement mon animal totem. Je reste un moment, what a day.
Fin de la balade. On se redirige vers la voiture.
Je n’ai pas précisé la température : four. Ressenti : four humide.
On va faire un bout de route, c’est très construit, c’est un big bof, on se rentre, avec une pause chez Natalie, un diner super de bord de route. On mange la moitié de notre déjeuner pour garder le reste pour ce soir. On commence à choper le truc du doggy bag au lieu de se forcer à finir les quantités débiles de bouffes servies partout.
Retour maison, pause rien, puis balade au mall (centre commercial) en fin d’aprem. Y’a plein de conneries Donjon et Dragons et E.T. Je résiste.

On hésite un peu pour la soirée, mais il se trouve que ce soir, j’ai vu qu’il y avait une scène ouverte de ukulele à 40 minutes, à Dunedin, à l’ouest de Tampa.
C’est un Tiki Bar, c’est parti mon Tiki !

Quand on arrive, Il y a déjà de la musique. Un ukulele, une guitare, un U-bass. Le public ? 8 personnes.
On s’assoit à une table, et on commande un verre pour se donner le courage d’aller se présenter dans ces moments-là on sent qu’on est vraiment français).
J’avais envoyé des messages sur leur groupe FB mais je pense qu’ils n’ont pas vu.
Parce que bon, on déboule, on n’a rien préparé, on n’a pas de ukulele.
Je finis par y aller. Je me présente. « On fait partie de l’organisation du Cabaret du Uke à Paris, on aimerait bien faire un morceau ou deux, tout ça ».
Et là, l’accueil américain. La joie, on nous prête des ukes, on nous inscrit pour faire des chansons.
Ici, les gens font 4/5 morceaux à la cool (bon à Paris, je gère une lsite de 20 à 30 inscrits, là y’a 5 personnes qui jouent. C’est pas pareil). Avec Manu, on s’écrit des grilles d’accords à l’arraches sur un set de table. Celles qu’on connait le mieux.
Le monsieur au U-bass nous propose de jouer avec nous. Rhololo mais super ! Et ben punaise, ce type était très fort. On a joué Wayfaring stranger, Waimanalo Blues, Sweet Sue (Krouk si tu me lis, j’ai fait toi !), et on leur a expliqué qu’on concluait le Cabaret avec cette chanson « My girl’s pussy » et ils ont beaucoup ri. (Cette chanson ne parle pas vraiment de petit chat).
Manu a boeufé avec eux sur scène, a chanté d’autres chanson. Tonight you belon to me, Jamaica Farewell, tout ça.
Ça a fait un bien fou de jouer. Punaise, les sourires, leurs compliments adorables, ils en ont réclamé d’autres, et tout. On a discuté joyeusement. Tous retraités, anciens avocats, gens de la finance, dont un qui est musicien (Bluegrass ,guitare, mandoline), il vient d’Asheville, il nous a donné des adresses (on y a dans quelques jours). Tony, le joueur de basse, formidablement gentil. Il m’a donné son numéro de téléphone, si jamais on est à droite à gauche et qu’on connait personne, il connait plein de gens dans le ukulele américain.
On a beaucoup remercié, c’était une super soirée.
On rentre manger la fin de notre déjeuner, il est 23h, et on tombe de fatigue joyeuse.
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