Jour 6 : Inverbervie ->Eyemouth (combo gagnant)

(j’ai mis toutes les photos. à la fin de l’article)

Cette nuit, je me suis réveillée vers 2h, et comme avant d’aller me coucher, j’ai lu des histoires de fantômes sur le château où on dort, j’hésite à me lever pour faire pipi. J’ai toujours eu peur dans les maisons, je me lève rarement sans cavaler vite sous la couette au retour d’un réveil nocturne. C’est un peu ridicule, puisque fondamentalement, je ne crois en rien. Sauf aux trucs qui peuvent apparaître d’un coup pour faire hurler de terreur exprès la nuit.
Il est censé y avoir trois fantômes dans ce château. deux servantes, et une homme en cape. J’ai pu faire pipi en paix, et je les remercie.
Le rendez-vous était pris pour 8h30 et le petit déjeuner dans le petit salon. On entre dans la pièce et c’est déjà surchargé de nourriture. Petits gâteaux, shortbreads, pain, yaourts, fruits, céréales, sauces et confiture, on ne sait où donner de la tête. Y’a même de la moutarde. Comme nous avions convenu du full english breakfast, Robbie file en cuisine une fois la cuisson des oeufs choisie.
Hier soir on a parlé du haggis (on a surtout dit qu’on avait pas réussi à en manger), et il déboule avec une assiette géante, avec de la saucisse (genre de boudin blanc), du lorne (la saucisse carré), du bacon, des oeufs, le fameux haggis, des champignons, l’étrange bout de tomate cuite qu’on retrouve à chaque fois, le tattie scone, cette petite crêpe à la patate et bien entendu : les beans. Je me méfie parce que quand même, depuis le début du voyage, il y a un enjeu de digestion (en temps normal, je mange deux petits suisses et un fruit de la passion le matin. Ce nouveau régime me convient bof, malgré qu’il soit délicieux). Ouais, alllezzz, faisons des blagues de prouts. Comme ça on est débarrassé. Tire mon doigt, pffonn.
Oui bah n’empêche, les petits suisses, c’est pas du tout comme des haricots. Voilà. OUAIS J AI MAL AU VENTRE OK ?

Après ce merveilleux gros petit déjeuner, Robbie nous propose une balade dans le château avec des explications. Le salon où nous avons mangé, c’était à priori, le fumoir des hommes. Il rigole en me disant qu’à l’époque, je n’aurais probablement pas pu rentrer dans cette pièce.

Notre chambre, était surement le salon des femmes. Ensuite, il nous amène vers une très grande pièce où l’odeur de feu froid nous accueille. La cheminée est immense. Elle dois faire 3 mètre de large, c’est fou. Pour tenir les bûches, il y a un genre de lit en metal dans l’âtre. Je demande si ça sert à faire cuire les enfants, Robbie dit qu’il en a souvent eu envie.
Sur les murs, il y a des épées et des boucliers. Je fais remarquer, que si nous, on mettais des objets de déco du genre au mur, ça serait très ringard, mais que comme lui il a un château, c’est un peu la classe.
Je n’ai pas fait de photo. de tout ça, je ne voulais pas être impolie.

Sentant notre intérêt, il nous sort des tas de répliques et des tas d’armes anciennes. Sur la graaaande table en bois -le seul meuble qu’ils ont gardé à leur arrivée- on voit un Zombicide (c’est un jeu de société d’invasion de zombie). Ça nous fait marrer, on dit que nous aussi on joue, et soudainement, on sent qu’on est bien plus rigolos. Ils demandent à quoi on joue, et là, le gros coming out : son activité principale n’est pas du tout Airbnb dans le château, c’est fabricant de figurines pour les jeux. Pour me la péter, je dis que je fabrique des dés (ça marche, il est super impressionné). Du coup, on a le droit à la visite de son atelier. Imprimantes 3D, bientôt un scanner, des moules, des outiles, et pas loin de 40 000 figurines.
Il nous montre l’épaisseur des murs du château, et trouve que dans les quizz « Pourriez vous survivre à une attaque de zombie », il ne trouve jamais la question « Vivez-vous dans un château ? » qui lui rapporterait tout un tas de point.
Il a raison, c’est qu’on se sent pas mal protégés.

On visite bien sûr d’autres pièces, des recoins étranges, des portes qui mènent à des pièce minus, des escaliers aux plafonds trop bas. Il nous montre les différentes architectures du château selon les époques, c’est passionnant !

On discute encore un peu, on joue avec un des chiens.
C’était vraiment super. Si vous allez en Ecosse, passez donc une nuit au Hallgreen Castle à Inverbervie, c’est méga chouette.

Il faut hit the road. Car mine de rien, la longue visite a pas mal entamé la matinée, et on aimerait aussi faire un ou deux trucs sur la route. On ne sait pas quoi, mais hé…

Grâce à Waze et autre Google maps, je vois qu’il y a une ruine sur notre chemin. Le Château Rouge. Petite route de bord de mer, on se gare un peu comme on peu, il y a un chemin étroit qui grimpe aux vieux cailloux. Les hautes herbes chatouillent, et il y a des buissons qui font un peu comme notre glycine en été, leurs cossent explosent et ça fait des petits pocs qui rythme le bruissement ambient.
Ils ont mis des barrières en métal autour du château, c’est un peu moche, mais comme on peut passer de l’autre côté, ça redevient très joli et je peux faire des photos sans que ça se voit.
Je ne pense qu’il y ait de fantôme ici, parce qu’ils attraperaient froid.
On redescend la colline avec le bruit de la mer en fond. Merci Red Castle, t’étais très beau.

Ah oui tiens d’ailleurs, je n’ai pas précisé deux choses :

-Hier il a un peu plu, mais aujourd’hui, il y a du soleil partout.

-Les midges ? On est à deux doigts de dire que c’est une légende urbaine. Ces petites mouches qui piquent nous ont été évoquées plein de fois par plein de gens, on n’en a pas croisé une. Il y en a peut-être plus dans l’ouest ouest. Ouf en tout cas, nous sommes saufs.

Soleil partout, midges nulle part.

J’ajoute sur notre parcours, je vous le donne dans le mille, une DISTILLERIE !
Et à l’arrivée, la JOIE, une vache velue ! Si je dois être réincarnée en vache, ça sera celle-là. Nez luisant et soyeuseté.

C’est moi, en vache.

Pendant tout le voyage, à chaque fois qu’on s’arrête à une distillerie, Manu envoie un message à deux compères qui s’y connaissent (coucou Ness, coucou Thierry) histoire qu’on ne perde pas de temps à goûter du whisky de supermarché.
J’avais repéré cet endroit il y a quelques jours, car, ok, ils produisent du whisky, mais aussi de la vodka (on s’en fout) et surtout, DU GIN !!! (et Manu a confirmation que c’était bien comme petit nom.)

Ouf, malgré le fait que ce soit dimanche, c’est ouvert. On ne peut pas faire de « tour », mais à la boutique, une dame nous accueille, nous explique tout en sortant des boites d’herbes et d’épices. Elle nous fait renifler, nous parle de leur visitor center fraichement ouvert (il y a trois mois) et nous propose de goûter les gins. Il y en a trois. Tous délicieux. Je suis si contente ! On goûte aussi un whisky follement bon (mais c’est 250 pounds la bouteille, alors on n’en a pas acheté). Je repars guillerette à souhait, une bouteille sous le bras.

Pour le bon équilibre des choses , il eut fallu que nous visitions un château ensuite, mais c’est une autre distillerie qui s’est mise sous nos pneus. On s’arrête, et miracle ! Ils font une visite, avec les explications, la dégustation finale, tout le tralala ! C’est même pas cher (12,50 pounds). C’est un long cours d’histoire, ponctué de fun facts. On monte dans la salle des machines (j’ai peur de mal traduire les mots savants), on apprend des tas de trucs. Puis un tour au hangar pour voir les tonneaux de différentes tailles et origines et à la fin, on goûte leur Aqua Vitae (un alcool dans lequel on fait mariner des plantes, mais pas en fût) et un de leur whisky (où on ne fait rien mariner, mais qui vieillit en fût).

Manu, fin connaisseur.

On a appris que lorsque le whisky vieillit dans son tonneau, il perd 3% de quantité par évaporation et par an. Ce qui explique le tarifs des vieux whiskys (les tonneaux sont à peine pleins). On a appris que c’est le contact avec le cuivre de l’alambic qui influe aussi sur la saveur de ce dernier. Et leur Aqua Vitae était fabriquée au départ pour désinfecter, soigner des tas de trucs (c’était un peu leur gel hydroalcoolique de jadis). Et puis un jour, ils se sont dit que ça pouvait ptêt se boire, et banco, ils ont trouvé que ça soignait aussi le chagrin. (Je pense que c’était un scientifique de bistrot qui a fait cette analyse).

Au moment de la dégustation, pour les conducteurs, ils font des petits pots à emporter. C’est malin ! Je bois donc toute seule les deux breuvages. C’est fort quand même leurs âneries, et Manu repart avec un tout petit sac.

La visite ayant duré un peu plus d’une heure et demi, il est temps de reprendre la route pour l’avant dernier soir du voyage. J’ai trouvé un Airbnb près de la mer, dans les Scottish Border. C’est au sud d’Edinburgh sur la côte est. Soit encore 2h de route. On ne déjeunera pas aujourd’hui, le petit déjeuner a carrément fait l’affaire pour la journée.

On arrive à Eyemouth (Oeilbouche, oui). La maison est mignonne comme tout, la dame nous montre qu’on a une reading room à dispo, un grand bout de jardin, et notre chambre, et la salle de bain, et un petit déjeuner demain matin.

On file manger avant qu’il ne soit trop tard, car il est 18h30 bien tassé.

On hésite à aller à Eyemouth, mais ça semble touristiquement bord de plagesque, alors on opte pour un bar belge dans les terres.

Le lieu est sympa, il y a de la bière, le menu un peu restreint, alors on burger. Peu après nous, arrive une drag queen en noir et tartan. On s’est demandé si il y allait avoir un spectacle, même si ça paraissait hautement improbable. Et non, c’était un casual sunday.


Au milieu du bar, il y a une longue table d’un truc pour jouer : le Schufl. Manu bout d’envie d’essayer. Mais on se fait coiffer au poteau par une famille allemande. On attend notre tour. En gros, c’est un peu un mélange de curling, de boules et de la vieille pub pour Pliz.

C’est super rigolo à prendre en main. Bon, malgré quelques beaux coups, je perds.
La table est réservée pour une heure, et dans notre dernier quart d’heure, on propose la dernière partie à la famille allemande. Le papa et son fils viennent jouer contre nous, et oui, on gagne. HIGH FIVE.
Gib mir fünf.

Il est temps de rentrer, en attendant demain, pour la dernière journée.

Et hop, toutes les photos du jour ! :

Laisser un commentaire