(je n’ai pas eu le temps d’insérer les photos dans l’article, on est un peu à la bourre ce matin, mais elles sont toutes à la fin !)
Ce matin, il faut partir d’Inverness. Nos hôtes ivres de la veille demeureront invisibles, tant de mystères 😀
On tente une bakery pour changer de style de petit déj. Pardon l’écosse, mais on est meilleur en boulangerie en France, et je suis antichauvinisme.
On se met donc en route. Il n’y a pas tant de bornes à faire, mais on s’est promis de ne pas copier la veille.
En démarrant, Manu me dit « Dès qu’on voit un château ou un distillerie, on s’arrête ». Je pense que c’est faire un peu des plans sur la comête, mais soit. J’aime son enthousiasme.
Je l’ai peut-être déjà dit, mais je ne démarre sans petit-déjeuner. Alors on fait quelques km gémissant, on s’arrête à Kairn, je trouve le Kairn Café sur l’internet, et on va y manger.
Peu de monde dans ce petit diner à l’anglaise. Pour le petit déjeuner, plusieurs offres : ça va de 5 à 12 options dans l’assiettes. Quand la fin tiraille, il faut toute proportion gardée, mais c’est pas fastoche. J’opte pour : Brown pudding (boudin en tranche), scrambled eggs (des œufs), lorne (un genre de saucisse carré, c’est bon), beans (pour la digestion, hum), tattie scones (soit un genre de crêpe à la patate), et hash brown (un autre truc à la patate. Quel beau pays). Alors… hier, c’était globalement la même chose, mêmes éléments. Mais WOOOO ! Là, c’est pas la même saucisse (même si j’en ai pas pris). Tout est délicieux fou ! Je mange en faisant hmmmm, et j’ai une pensée émue pour mon ami Paolo qui fait la même chose quand il vient manger.
Après ça, en route mauvaise troupe (comprendre : sieste pour Bylline, et conduite attentive pour Manu.)
Très rapidement « OH UN CHATEAU ! ON Y VA! ». La thématique de la journée commence à se matérialiser. Go go gadget au château. On reste à l’extérieur pour admirer le vieux cailloux. Le Brodie Castle est très beau, mais un peu raide. On fait quand même un peu ah et oh.
Ensuite, on tente d’atteindre un truc, mais la route est bloquée, j’ai oublié ce que c’était, gros détour pour petite déception.
On avance encore du trajet « OH UNE DISTILLERIE ! ON Y VA ! »
Sauf que contrairement à hier, on décide de faire une dégustation. Manu justifie le truc : C’est comme à Hawaï, ne pas essayer le surf là-bas, c’est absurde. On est en Écosse, faut qu’on essaye le whisky ».
Parce que la vérité vraie, c’est qu’on n’aime pas trop trop ça. Ou plutôt, je pense qu’on passe à côté du truc. Et que moi j’aime le gin, et la tequila. Et que Manu aime le pastis et la tequila. Mais voyez-vous. Ça nous chagrin cette lacune, alors, on demande au monsieur, qui nous propose ce qu’ils appellent des « flights ». En gros, c’est un combo de dégustation, qui existe avec des whiskys très chers, des whisky avec du chocolat, des whisky rares, etc. On prend une option assez basique, chez Glen Moray. Le jeune homme explicatif s’installe avec nous le temps de nous briefer. Chaque tonneau est défini, temps de vieillissement, changement de bain, chansons qu’on lui a chantées, la totale. En vrai, c’est super, et ça donne envie. On regarde nos trois godets, il y a un ordre (un peu comme pour le fromage).
Le premier : 2014, fût de cognac, 60,2%. C’est fort plus que bon, même si je sens bien que c’est censé être bon. Le deuxième, fût de marsala, 2007, c’est fruité, mais ça brûle aussi. On a des pipettes à eau pour couper si on veut, mais ça a une drôle d’action gustative sur le whisky. Je ne sais qu’en penser. Je ne suis pas super convaincue. Je pense que toute cette science m’échappe encore beaucoup.
Le dernier whisky, un rare tourbé de la distillerie m’émeut un peu plus. C’est plutôt bon. Mon gosier est moins fragile, et j’ai l’impression de boire du filet mignon fumé.
Trois petits verres et puis s’en vont.
On reprend ensuite la route, Bylline sieste de whisky, et Manu conduit avec bravoure. « OH UN CHÂTEAU ! ON Y VA ! »
Ce sont les ruines de Huntly, c’est joli très. C’est un peu tout pété. Je parcours l’historique du château, mais niveau fun facts, ce n’est pas hyper exaltant. Rachats, legs et autres rebondissements mous. Il y a eu le feu, mais en gros, voilà. Ils ont reconstruit en mieux. Pas de fantômes, pas de rien. Mais c’était joli.
Ensuite « OH UNE DISTILLERIE ! » etc. Vous voyez le truc ? On n’a pas redégusté de whisky mais on a fait du petit tour de boutique (on espérait pouvoir faire une visite, mais il se trouve que les gens bien organisés réservent à l’avance. Et la spontanéité, hein ?
La route se poursuit, on cherche le paysage qui manque un peu de vaches poilues. C’est tout de même un des symboles de l’écosse. Ça, du chardon, y’en a, mais si peu de vaches poilues. Il y a peut-être des nids, loin, des routes, allez savoir.
« OH UN CHÂTEAU ! ON Y VA ! » Cette fois, c’est le Fryvie Castle. Pas immense, très bien entretenu, la boutique de souvenir, on fait le tour depuis dehors, sans la visite.
Mais ce matin, en lisant l’histoire du château, après les différentes histoires de passation de propriété, nous voilà dans le vif du sujet : il est bien hanté. AH ! (je regrette maintenant que nous n’ayons pas visité). (Parce que depuis le début de ce voyage, je trouve qu’il y a bien plus de moutons que de fantômes. Ou de vaches poilues.)
Alors : En 1920, pendant des travaux de rénovations, le squelette d’une femme a été découvert derrière un mur. Ces restes ont été inhumés dans le cimetière de Fryvie, et ça n’a pas loupé, les propriétaires ont commencé à entendre des bruits étranges, un sacré bordel.
Ils ont exhumé la dame, et l’ont replacée derrière son petit mur. Fin du grabuge.
Il y a, en plus, une pièce qui doit rester scellée, sous peine de désastre (je n’ai pas plus d’info sur la nature du désastre).
On continue notre bout de route « OH UNE DISTILLERIE ! ON Y VA ! » sauf qu’il est 16h30, et tout ferme. C’est vraiment tôt quand même.
Nous avons dépassé Aberdeen, notre lieu de dodo tant attendu, on longe la mer, les mouettes font les mouettes.
Sur la gauche, un panneau : Dunnottar Castle. Oui, oh un château, on y va.
Difficile de décrire la magie du lieu. La lumière de presque fin de journée tangue entre nuage et éclaircies. Au milieu des hautes herbes, un chemin qui file vers la mer. Au bout de ce chemin, sur un rocher gigantesque, se dresse ce qu’il reste de Dunnottar.
C’est comme un petit village ramassé au bout du monde. Pour le coup, c’est le château idéal pour se jeter par une fenêtre dans les rocher en cas de gros chagrin ou trahison.
Les mouettes sont les nouvelles propriétaires. Le site a fermé, alors on ne peut pas visiter, mais on peut se promener sur les falaises qui l’entourent. J’essaye d’imaginer ce qui se passe derrière les remparts. Mais comme ce matin j’ai internet, je peux aller jeter un œil :
Woooo, je regrette fort fort que nous soyons arrivés trop tard pour visiter.
Nous errons un peu, et remontons en voiture. Direction Averbervie !
Ce soir, petite folie, j’ai réservé dans un vieux vieux château dégoté sur Airbnb. J’ai hâte de le découvrir.
Au bout d’une allée, il nous attend. Le propriétaire, Robbie, nous attend. Un monsieur qui ressemble un peu au père Noël sans barbe. Il est si gentil, son accent est doux, et il nous promet une balade dans le château demain matin, après le petit déjeuner.
Notre chambre est zinzin. Un grand lit à baldaquin en bois foncé. Des meubles lourds, un cabinet à alcool, et tout est là pour nous accueillir. Shortbread, thé, café, petite bouteille d’eau.
Il nous dit d’ailleurs que si on veut s’acheter du vin au petit magasin, nous devons bien sûr utiliser les beaux verres en cristal du cabinet à alcool, car ça n’a pas de sens de boire du bin dans des gobelets.
Il nous parle du petit déjeuner de demain matin, s’assure qu’on en n’a pas marre des petits déjeuner avec tant de viande. (spoiler : non, ça va).
Il nous montre la salle où la magie aura lieu, c’est fou, un petit salon si charmant, avec au loin la vue sur la mer.
Ce monsieur est vraiment gentil, et drôle.
Il nous conseille un endroit où manger dans le village, c’est à 5 minutes à pied en passant par la plage.
On prend un roasted beef, avec des légumes et de la purée. On s’enfiler deux pintes dans un raffut du diable. Il y a foot à la télé, des chiens partout, et les gens parlent fort. C’est vivant et cool.
On s’arrête au retour pour effectivement s’acheter une bouteille de vin à boire dans des verres chics. Manu m’appelle « Her ladyship », et je l’appelle « His lordship ».
J’ai lu sur internet que le château est hanté, Robbie assure à Manu que non.




































































