J 3 : Dumfried -> Stirling (Till death…)

Comme chantait ma grand-mère : « Hop dès le matin, lève toi, l’heure sonne, hop, dès le matin lève toi gaiement. »
Je crois quand même que les changements de lit me rappellent que je suis un peu décrépie. J’ai le dos qui grince un peu, alors que pourtant, c’est un des lits les plus confortables de toute ma vie. Je voudrais l’emmener avec moi.

On quitte notre logement de la nuit. La gentille dame, que Manu appelle « Moman » (pour rappel, elle est venue nous chercher au Pub à 21h15 hier soir) nous monte de l’eau chaude avant notre départ.

Comme dit précédemment, Manu oublié son pull dans le pub numéro 1, et figurez-vous qu’on a parfois froid. Par exemple, ce matin, il pleut, alors on a froid. Sensation presque nouvelle, en tout cas oubliée.
On pourrait presque faire semblant ici que ce n’est pas la fin du monde et que la planète ne va pas cramer demain. Toujours est-il que Manu a besoin d’un pull. On se dirige vers Gretna, on y trouve une zone commerciale outlet, c’est à dire moins cher. Nous errons, Manu trouve un pull qu’il ne trouve pas convaincant mais hé, y’a des manches et une capuche, ça fera le job. On repart dans l’autre sens pour petit déjeuner. Léger fail de trajet, car on repasse devant notre Airbnb, et une fois le petit déjeuner passé, on repasse une nouvelle fois devant pour se remettre sur la bonne route. Grmbl.

Mais tout de même, ce petit déj merveilleux. Avec une petite dame à l’accent écossais si joli qui nous appelle par des noms mignons en me servant mon café. Oui parce que je ne l’ai pas dit, mais en Écosse, les gens sont gentils. Très très très. Ils sourient, font merci en voiture, disent bonjour dans la rue, ça réchauffe (mais il faut quand même mettre des pulls).

Ensuite, c’est de la route. On hésite beaucoup sur la tournure des évènements. On profite des petits moutons des bords de route qui mâchouillent de l’herbe avec des vaches majestueuses. Alors que faire ?qui Direct Stirling ? Visite d’une distillerie de gin sur place ? Etape à Glasgow parce qu’on passe à côté ? Plouf plouf, je trouve un musée qui me fait rêver (pardon gin adoré) et Manu a envie d’y faire un tour. Nos premier embouteillages écossais. Glasgow, nous voilouw
Ah ! J’ai oublié ! Maintenant que Manu est un peu l’aigle de la route de l’Écosse, on peut mettre de la musique. On a fait des playslists en mangeant ce matin. Sauf que : petit déjeuner + voiture + musique = j’avoue, je m’endors un peu.

On se gare dans un parking Glasgowien avant une longue balade. Le musée que j’ai envi ede voir s’appelle le Huntarian Museum. C’est un musée au sein de l’université de Glasgow. Les bâtiments sont majestueux. Instantanément, on se dit qu’étudier ici doit être si inspirant ! Chaque élève doit être amené à faire de grande chose, ça ne peut être autrement. L’exposition permanente que nous alons découvrir, c’est la collection d’un certain Willian Hunter. (d’où le nom du musée).

Sa biographie nous accueille, et c’est assez fascinant. Je vous laisse jeter un œil en cliquant sur son p’tit nom.

Bref, en plus d’être un anatomiste très réputé, c’était également un collectionneur de curiosités. Il a fait fabriquer des modèles de plâtre (ou de cire ?) à partir de cadavres pour faciliter l’étude de certain cas. Lui et son frère on fait beaucoup de recherches (il était d’abord obstétricien). Une rumeur gronde (ce n’est pas précisé dans le musée, bien sûr) que lui, son frère et tout particulièrement leur mentor William Smellie, auraient commandité des meurtres pour obtenir des cadavres d’études (ou ils auraient fermé les yeux sur la provenance des cadavres)… MYSTÈRE MYSTERIEUX.

J’avoue que je vadrouille au milieu des vitrines de bocaux, remplie de joie. Oh ! Un crâne rongé par la syphilis ! On une belle oreille ! Et ça ? Sapristi, une fracture mal soignée, ça a dû faire mal. Il y a aussi des insectes, des animaux pas tout a fait réussi, des cailloux (mais j’ai moins pris de photos de cailloux, ou de fossiles). Je pensé plein de fois « Oh mais je l’ai pas ça ! ». Manu me fait part de son malaise. De fait, les mains amputées pour cause de tumeur ne font pas rêver. Les instruments médicaux pourraient se confondre avec les objets de tortures du Moyen Âge. On se projette un peu trop et on serre les dents (ou les fesses).

À l’issue de la visite, on fait un petit tour dans la grande cour attenante au musée. C’est du bel œuvre ça madame.

(à la fin de l’article, y’a plein d’autres photos de l’expo)

On demande le chemin vers le city centre à des étudiants. Merveilleuse musique que leur accent ! On sourit beaucoup, et même si en temps normal, je me débrouille pas mal du décorticage, huhu, là c’est chaud. Mais ils ont fait des gestes avec les mains, et on part dans la bonne direction.

C’est une chouette, il y a moult à découvrir. On arrive dans la grande rue piétonne principale truffée de magasins. On avait en tête une balade un peu plus typique, mais tant pis, et en plus y a Forbidden Planet alors on va faire un tour dans les BD, les goodies, et Donjons et Dragons. Le magasin est sur deux étages, c’est plutôt cool. Je suis sage et je n’achète rien. (alors que je voulais repartir avec 20 mugs au moins. J’aime mon café dans des mugs réjouissants).

Sur le retour vers la voiture, je choppe un bubble tea délicieux, et je me refais la réflexion que tout le monde est si gentil aimable dans ce pays (j’ai mis 8 minutes à choisir et personne n’a perdu patience).

On a une sacrée trotte pour retrouver le parking, preuve en est, mon appli de téléphone me dit qu’hier, nous avons marché en tout 12,2 km.

Il est déjà 17h30, et nous sommes attendus au Bed and Breakfast du soir.

Après un bout d’autoroute vers Stirling, on se retrouve sur des touuuuutes petites route qui serpentent au milieu des agneaux mignons. Se croiser ? Impossible. Visibilité ? Zéro. Angoisse ? Totale. Il y a des petits murets sur les côtés. Ça monte et ça descend comme un toboggan. On commence à avoir un peu faim, car le petit déjeuner est loin loin. Nos estomacs font l’ascenseur en suivant le mouvement. À un moment, il y a même un tout petit cours d’eau qui passe au travers de notre chemin. Nous rions, tendus.

Dernière grimpette et on arrive à la Drum Farm. L’hôtesse est chou comme tout. La chambre est super, elle nous fait cocher des trucs pour le petit déjeuner (on a tout coché) et nous indique un petit cahier avec des conseils de restau du coin. On s’assure qu’il ne faut pas reprendre la petite route de la flippe, et non, ç’en est une autre ! (mais qui s’avèrera être de la flippe aussi). On opte pour un pub. Vive la pub food.

Sauf que là, il est 19h30. Et le temps qu’on arrive… Le premier pub ne fait plus à manger depuis plusieurs mois (groumpf), et les autres ont arrêté de servir à… 19h30 ! Dans le dernier pub tenté, tout de tartan vétu, le patron nous indique un endroit qui devrait être ouvert. J’appelle pour être sûre. La cuisine ferme à 20h30. Il est 19h55. On se magne le cul.

On grimpe dans les hauteurs de Stirling, Le restau est à côté du château, tout ce quartier ancien est magnifique et sent bon le vieux caillou. Manu me pose devant pour que j’assure nos places et nos diners.  

Ouf, on mange. J’ai pris des scampi panés (mais j’ai dit que merci, pas de frites : j’ai eu de la purée à la place ❤ ), Manu prend le haddock pané. C’est bon, et y’a encore des petits pois et même des légumes. On aura mangé beaucoup de petits pois pendant ce voyage.

En sortant, oh joie, on découvre que le restaurant est juste à côté du cimetière Mars Wark. La beauté de cet endroit ! Le jour s’éclipse, la lumière est étrange. L’herbe autour des pierres tombales est si verte. Sur beaucoup de tombe sont taillé des urnes drapée d’un voile. En écrivant ces lignes, je découvre que cela représente le voile du deuil.  Au milieu des pierres grises, un bocal de verre immense protège des statues de marbre blanc. Je vous laisse apprécier le descriptif en image.

Il y a aussi un petit escalier sur une mini colline, qui permet de s’assoir sur un banc 5 minutes avec toi et regarder les morts tant que y’en a.

Je déplore un peu les nouvelles modes des tombes en marbre pas toujours chics des cimetière français.

Retour au B&B. Je me fais une petite camomille, et les guiboles en compote, je commence à écrire. Très vite je sombre et Manu me copie.

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