Jour 2 : Leeds -> Dumfries (spoiler : j’ai gagné)

(j’ai mis toutes les photos à la toute fin de l’article)

La nuit fut un poil agitée, le lit est fait de coussins velus, et la couette est assortie. C’est très étonnant. Mais surtout ça tient chaud, bien trop chaud. J’ai lutté, et j’ai raté. Heureusement, au vrai réveil où il faut se mettre debout, j’ai trouvé une tasse Better Call Saul dans le placard. J’aime boire dans un mug qui me réjouit.

Petits plis de visage du matin

On dit au revoir à Rob, on plie les gaules, on remonte trois fois parce qu’on a oublié des trucs, et c’est parti.
Dans la nuit, le sens de conduite n’a pas changé. C’est toujours à gauche, c’est fou. Alors on démarre tendus, mais finalement, après une erreur de sens de rond point, et une brève dérive sur la mauvaise route, Manu tient le truc, vous pouvez dorénavant l’appeler Manu Macleod of the Mackay.

Plein d’essence, et avant de quitter cette douce banlieue de Leeds, on va jeter un oeil à la Kirstall Abbey. C’est un ancien monastère cistercien en ruine. Et beh, le jour où j’en deviens une, je veux bien avoir cette classe. Grandiose, majestuosité, délabrement fascinant. C’est gigantesque et tout pété, mais y’a quand même du cailloux qui a résisté à un bon paquet de siècles (j’ai mis un lien wikipedia, je vous épargne le cours d’histoire). On se balade autour en faisant des whoo et des whouu. J’espère qu’ils organisaient des super fêtes. Sinon, c’est vraiment du gâchis.

Pardon, mais ça en jette.

La grande fenêtre que l’on voit, c’est celle du presbytère. Je n’ai pas réussi à trouver comment et au travers de quoi la lumière entrait dans le bâtiment. Vitraux ? Verre ? Rideaux de perles ? Mystère.

On s’extirpe de Leeds, on passe un certain temps derrière un tracteur géant, et guette les things to do on the road.

Je ne suis pas très efficace du bon plan, je guette mon site adoré Atlas Obscura, globalement sans succès. La matinée défile et il est temps de manger (car pas de petit déjeuner). Internet me trouve à proximité un endroit appelé DINER 51. C’est un peu comme un diner de la Route 66, mais version Ricard. La café est largement trop cuit, et je retrouve le temps d’une gorgée le goût des USA.

Je prends un small english breakfast. C’est classique, oeuf au plat, saucisse, beans, jambon, et une tomate cuite (étrange innovation) et Manu choisit un chili dog qu’il a ponctué par « J’aurais dû prendre comme toi ». Heureusement, à la station service d’à côté, un panneau magique. Ils vendent des Dunkin Donuts. Manu choppe une boîte, on en mange un chacun et je ponctue le mien par « Je n’aurais pas dû prendre comme toi. » (oui c’est bon, mais bon sang, c’est si gras).

Les petites routes sont bordées de petites agneaux, les grosses routes sont borées par la même chose, entrecoupées de vaches, chevaux et tilapins. C’est vert, c’est plein de verts différents.

Rapide arrêt au château de Brougham, près de Penrith. C’est joli tout plein, Il est en cours de rénovation, et des céramistes y ont élus logis. Derrière, un peu cachée, une petite église de l’angoisse avec quelques gens morts.

Pratique.

On fait un stop dans un grand supermarché pour acheter des pansements (Manu a un bobo au pied) et du désinfectant. On fait chaque rayon consciencieusement parce que les supermarchés, c’est passionnant.

TEQUILA !

On se rapproche tranquillou de Carlisle, la grand ville avant l’Écosse et notre Airbnb du soir. On gare et balade. Il y a tout un tas de magasins, la ville est mignonne, on marche 4/5km dans le petites rues, autour de la cathédrale et près du château. La devise des armoiries est : « BE JUST AND FEAR NOT ». Vous avez deux heures.
En tout cas, c’est chic, y’a des dragons dessus.

Les 300 km du jour ont été parcourus (+ 7,4 à pied me dit mon téléphone). On arrive à Cannonbie, il pleut. Manu réalise qu’il a oublié son unique sweat dans le pub d’hier soir. J’ai deux pulls, un blouson et un imper mais il n’en veut pas :/

La dame du Airbnb nous accueille, elle est super adorable, et propose de nous déposer dans un pub non loin, et de revenir nous chercher plus tard en voiture. Elle nous a précisé que l’endroit était un peu… dépassé, retro, mais pas in a cool way. Alors effectivement. C’est vieillot pas rigolo. Mais rigolo quand même. Elle nous a aussi prévenu que les gens risquaient de nous regarder du coin de l’oeil, mais finalement, pas tant. L’ambiance est calme. Des gens dinent, et boivent de la bière sur fond de télé pas fort. Très peu d’échanges, c’est la polka des fourchettes comme dirait Manu. On est carrément les plus jeunes de la salle.

La monsieur du bar vient prendre nos commandes. Je choisis du battered cod (morue panée) et Manu une grosse saucisse (grosse saucisse). En l’écrivant, je réalise l’ironie du truc. Mais surtout, à la fin, Manu ponctuera par « J’aurais dû prendre comme toi. » Apprendra-t-il un jour ? L’avenir se construit.

J’ai bien vu qu’il avait vu la table de billard en arrivant, mon amoureux. Bon j’ai vu qu’il avait vu, mais surtout il a dit « On fait une partie après ? » J’avoue que faire les activités où les locaux sont très forts, ce n’est pas trop mon truc. J’ai peur de l’humiliation. J’ai à peine voulu faire du surf à Hawaï, j’ai hésité à boire du vin à Bordeaux, est-ce que vraiment je dois jouer au billard au Cross Keys Hotel ?
Manu fait son sourire réjoui, alors oui, je dois. Deux pintes et une morue plus tard, me voilà la queue à la main, en train d’en enduire le bout d’une poudre bleue.

Les gens sympa du fond _o/

Première partie : ce n’est pas l’humiliation, Bon ok. Manu s’en sort pas mal, et gagne, je ne peux pas dire haut la main, mais bon, il gagne quoi. J’aime qu’il soit heureux, alors c’est bien comme ça .
Deuxième partie : des progrès sont constatés, mais l’exercice est un peu chaud, Manu gagne encore. Pas de quoi en faire un fromage. Il est très musclé après tout.
Troisième partie : la tension monte, mes boules jaunes disparaissent, il me rattrape avec ses rouges, la table est quasi vide. Une chacun, plus la noir. Ça cogne de la bande, ça loupe et ça rate, et finalement, plus une couleurs sur la table, il reste la 8 ball. La fébrilité est à son comble. Insérer ici des tas de termes techniques. Et avec panache, j’envoie la petite dernière au trou, et c’est LE TRIOMPHE ! Le pub est vide alors je vais pérorer auprès du patron, et plusieurs fois auprès de Manu. J’AI GAGNÉ.

Plaisanterie classique.



On passe ensuite aux fléchettes. Alors ok, Manu touche le milieu de la cible. Il sait ce qu’il fait, On sent le professionnel du comptoir. Mais, la magie est là, mon score descend petit à petit, je suis devant. Arf, je rate, et il est à deux doigts de gagner. Je dois faire 16 et la partie est finie. Manu me montre « Faut que tu vises là. » Sympa le mec. Je tire, je pointe, je ne sais pas comment on dit, et BIM : 16.
Je gagne, sans aucune humilité, j’ai même fait une petite danse.

Après avoir parlé de ma victoire au patron, on paye et on s’en va. Il y a quelques midges (je pense que nous y reviendrons au cours de ce voyage), mais rien de foufou. (mais moi j’ai un pull et un blouson). La dame du Airbnb vient nous chercher (on a l’impression d’avoir 14 ans), et on rentre écrire, se laver et faire dodo. Le lit est follement confortable, et je lutte de toutes mes forces pour ne pas m’endormir en tapotant les touches. D’ailleurs, ronpchit.

Et hop, toutes les photos du jour :

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