Jour 1 : Beauvais -> Leeds


Nous sommes arrivés samedi à Beauvais chez ma tante Monique. Après une réunion de famille réjouissante de retrouvailles et de victuailles, nous sommes restés là, pour dire au revoir au fur et à mesure des dépars américains des cousins.
C’était bien d’avoir le temps, de se voir pas en coup de vent, de chanter des chansons tardivement en mangeant.
Mais ce matin faut plier les gaules, faire la valise, réfléchir à si on a tout et surtout si on a rien oublié du au cas où.

C’est pourtant un moment tant attendu : le départ. Mais bien malgré moi, j’aboie un peu de tension en réponse à des questions simples comme « Tu peux rajouter ça dans la valise ? » « AH MAIS TU POUVAIS PAS ME LE DIRE AVANT ? ÇA VA PÉTER LA FERMETURE ÉCLAIR, C’EST SÛR ».

Mais ça va hein, personne n’a pleuré, je n’ai pas tant crié, j’ai fait beaucoup de progrès. Et Manu est étrangement patient.

L’avion est à 16h20, tout est prêt, on peut y aller. (2h30 avant. ÇA VA.)

RAS de l’enregistrement. L’aéroport de Beauvais n’est pas foufou, on attends beaucoup, tout est un peu en retard.
Dans la file d’attente (je suis incapable de dire « queue » pour qualifier une file d’attente. Quand j’étais petite, mon père avait fait une blague un peu dégueu, je suis encore traumatisée) (alors qu’en vrai je dis des tas de gros mots le reste du temps), il y a une famille (dans la file d’attente, mes parenthèse sont trop longues), et le père a choppé une flasque de Jack Daniels au duty free. C’est très joyeux, ils font des blagues et des photos bête de départ en vacances.
1h20 d’avion plus tard, autour du tourniquet des bagages à l’arrivée, c’est pas la même saucisse. Le père est très ivre, et pas in a cool way. Il déblatère des trucs nuls aux mômes (ado), qui sont affreusement gênés. La scène est merdique. Je suis un peu désemparée, notre valise arrive, et il faut y aller. Je groumpf en dedans.

Sans encombres, nous arrivons à la location de voiture. Depuis deux jours, Manu me parle de son angoisse de la conduite à gauche. Je confirme que la prise en main est rude. Pour lui, et pour moi qui suis terrifiée en voiture. Mais en général pas avec lui (je me contente d’une trouille contenue). On sort du truc de car rentals, et à deux km, deux voitures en train de faire un constat. Je reconnais un couple qui était dans notre avion. Ce n’est guère engageant pour la suite, et on faire genre les malins « Haha, on a tenu plus longtemps qu’eux. Ha ha. Ha. Gloups.)
Heureusement, notre Airbnb est à 10 minutes, c’est court, ça laisse pile le temps de transpirer tout un t-shirt. Les anglais conduisent très au milieu de la route, il y a déjà des murets de cailloux partout à gauche, toutes les perspectives semblent faussées. Je prends une voix sympa pour dire des trucs comme « À gauche, et ton levier de vitesse est là. Oh regarde un rond point, hihi. »
On pense tous les deux à demain. Demain, c’est une étape de… 296 km. Hum.

Nous arrivons à Horsforth. Je vous invite à le dire haute voix, avec une pomme de terre dans la bouche pour plus de crédibilité.
C’est chez un monsieur, qui a une Fender et une Epiphone au mur, mais pas que… On regarde un peu la déco en arrivant, et INCROYABLE, il a un disque collector des Gun’s and roses ET un autre de… STEEL PANTHER. Alors là comme ça, ça ne vous dit probablement rien. Mais ce groupe, on l’a découvert en regardant les concerts du Hellfest sur internet avec l’amoureux.


C’est un peu comme si Elmer Food Beat faisait du glam rock. Ils ont des leggings zébrés fluo, des perruques pour faire des longs cheveux, des paroles très pornographiques, des plaisanteries à bases de taille de bites. J’ai honte en écoutant, mais malgré moi, je ris. Pardon.

Je vous traduis à la va-vite un bout d’une chanson qui s’appelle Community Property :

You’re the only girl that I like to screw -> Tu es la seule fille que j’aime tringler
When I’m not on the road -> Quand je ne suis pas en tournée
When I come home, my dinner’s made -> Quand je rentre à la maison, mon diner est prêt,
And the front lawn is mowed -> et la pelouse est tondue (hum)
I’ll kiss your mouth -> Je peux embrasser ta bouche
Even after you swallow my load -> même après que tu aies avalé mon… bon bref, vous voyez l’idée.

Alors voilà, notre hôte a un goût très sûr. _o/

On file au pub le plus proche. 3 minutes à pied. Quel beau pays ! Sur le chemin, étrange coïncidence, on recroise le monsieur nul de l’aéroport qui avait trop bu. Ils étaient un groupe de quatre à l’aéroport, il est maintenant accompagné que d’une jeune fille. On n’aura jamais le fin mot de cette histoire. :/


Le pub est facile à trouver. Ça s’appelle The Bridge, c’est à côté d’un pont. On se sent comme un groupe d’aventuriers qui va à la taverne près d’un pont pendant un partie de Donjons et Dragon.
Je commande une pinte. La bière n’est pas si chaude, et manque de bulles, Manu prend un cidre, qui semble frais et bulleux. On commande à manger. Beef and ale pie pour Manu, je vais au bout du truc, et je prends la steak and kidney pie (rognons, donc). Avec y’a de la purée et des légumes et c’est super.

Il est temps de rentrer, parce que même si le trajet pour aller faire dodo est court, demain c’est demain, et il faut dormir un brin.

Hop, toutes les autres photos :

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