J 13 et 14 – Du Paradis, des crampes, de la torture et de la flotte.

Nous quittons la maison du monsieur au maïs, et direction les lacs de Plitvice. Pour le coup, c’est vraiment L’Attraction touristique de Croatie. Une série de lacs, de cascades, et ce, au milieu des montagnes. J’ai pris des billets à l’avance, pour 8h, à l’ouverture. Les sandwichs sont prêts, on a 6km à faire, un saut de puce.
Le parking est déjà bondé. Mais on n’attend pas pour entrer. Ça va assez vite.

Il y a plusieurs parcours, de différentes longueurs. Dès l’arrivée, une petite estrade en bois au-dessus d’un premier ensemble de merveilleux laisse présager de bien belles cartes postales. Je n’ai pas assez dormi pour faire de la poésie valable, mais putain que c’est beau.

Le rythme de visite est déconcertant. En file indienne, on avance sur des pontons qui longent le paradis. Dès que quelqu’un s’arrête pour faire une photo, ça fait un effet auto-tamponneuse. Il faut garder le rythme. Ça grimpe, ça descend, il y a parfois un mini itinéraire bis pour pouvoir grimper dans une caverne (on l’a fait, c’était beau, mais je sens encore aujourd’hui les courbatures), ou voir une cascade grandiose. Au milieu des étendues d’eau limpide, les poissons nous regardent passer sans crainte, comme des vaches regardent passer les trains.
On peut voir sous la surface, des troncs d’arbres tombés ici ou là. Et parfois, c’est turquoise, bleu, bleu turquoise, avec un soupçon de vert. Selon les angles, la lumière et la hauteur, les variations sont infinies.

On hésite sur l’itinéraire, et surtout les plans sont super mal foutus. On grimpe dans un petit bateau (masqués dis donc, ça faisait un moment en dehors des supermarchés qu’on ne nous avait pas demandé de faire ça). On suit un autre chemin, on pige rien, on se perd un peu, mais on avance et partout où nous allons c’est magnifique. Mais il y a beaucoup d’escaliers. J’ai dit que j’avais des courbatures ?

J’ai honte, mais à un moment, on s’assoit sur un banc, et devant un lac, un couple se prend en photo. Il a un appareil énorme, un truc qui en impose. Et elle, elle pose. Elle vient vérifier ce que ça donne. Elle désapprouve, reprend L’EXACTE même pose. Il re-shoot (je pense que c’est comme ça qu’il dit, c’est un professionnel), mais visiblement, ce coup-ci, c’était bon. Mais ensuite, elle lui a confié son téléphone, pour refaire tout pareil, et là, ça avait l’air super. On a refait les dialogues de loin, c’était comme un roman photo vivant.
On a ri comme des crétins cruels.
Un peu plus tard, on a voulu faire pareil, mais c’est Manu qui a posé.

Il est incroyable

Petit à petit, la foule s’aère, on est moins les uns sur les autres. Une aire de pique-nique par-ci, un chemin qui vire à gauche par là. C’est moins la cohue et c’est plus agréable. Parce que oui, c’est merveilleux, mais pour trouver un moment de paix, de sérénité et de communion avec la nature, faut y mettre un peu du sien.

Ah, et ce qui est bien, c’est qu’il ne fait pas trop chaud sauf vers la fin. On Plitivice-crapahute de 8h à 13h en gros, avec des petites pauses. On aura parcouru 15km et quelques (d’après la police de mon téléphone), 97km d’après les organisateurs (nos guibolles). Ça grimpait rude. Parfois, on a même dit des gros mots. Je regrette un poil de ne pas avoir mis mes baskets et d’avoir gardé mes Birkenstock. Oh well.

Pour le coup, malgré la foule, malgré le côté file d’attente pour Space Mountain, ça vaut VRAIMENT le détour. Quelle magie visuelle.

On repart, on continue notre remontée vers le grand nord, nous dormons ce soir à Zagreb.
Ce trajet est plutôt sans encombre et on trouve notre logement en milieu d’après-midi.
L’appartement est hyper mignon, et normalement, pas trop loin de la vieille ville.


On est content, on va pouvoir se balader dans les rues, boire un verre, et manger un bout.

C’est un quartier animé, il y a des bars partout, et des magasins de souvenirs. La cathédrale n’est pas loin, elle est en travaux. Une des tours a été très abimée pendant un tremblement de terre en mars 2020.

Dans une petite rue piétonne, Manu me pointe du doigt une pancarte « Musée de la torture ». On ricane, on avance, et finalement « Manuuuu, on y va ? » (j’ai vérifié sur internet que ce ne soit pas trop pourri avant). Demi tour et GO !
Le musée est minus, plongé dans la pénombre, mais mon téléphone ne se démerde pas trop mal et je peux vous montrer quelques-uns des objets étonnants que vous n’aimeriez pas avoir chez vous.

La dame de la caisse nous confie une tablette, il y a des chiffres à scanner pour avoir une explication de l’instrument, et il y a parfois même une vidéo de démonstration. Youpi.

On retrouve certains classiques, la poire qui s’ouvre dans l’orifice choisi, les pinces arracheuses de différents trucs, les broyeurs de ceci ou de cela. Des objets de honte, de souffrance, de mort. Tant de créativité, d’artisanat mis au service de l’horreur. En revanche, parfois notre guide-tablette précisait que tel objet n’avait été décrit que dans la littérature, mais n’avait probablement jamais existé ou mis en service.

On termine notre petit tour où on a beaucoup froncé les sourcils, et on va se trouver un coin pour se reposer et boire un verre avant de manger.
C’est tout trouvé : TOLKIEN’S HOUSE. Hin hin hin.

On boit de la bière de Tolkien, et dans le menu, il y a des blagues et des noms de cocktails rigolos. C’est très bien. On va ensuite dans un petit restau où on mange des struklis, spécialité de la région. C’est de la pâte, avec du fromage et c’est gratiné, et on peut choisir un goût. Je prends truffe, Manu prend poivron. Un plat, c’est 42 kunas, soit 4,60. Incroyable, et c’est fou bon. On prend du vin maison (dans les restaus, ils ont souvent leur house wine).


On rentre à l’appartement. Il faut bien le dire, je suis légèrement titubante (courbatures + bières + vin + vin). Manu me promet qu’il reste 5 minutes de trajet. Dans le doute, je mets un minuteur, qui sonnera à la seconde où on met la clé dans la porte.
Il triomphe, t shirt par-dessus la tête et tout le bordel.

Et c’est le jour suivant, le 14ème. Impossible d’écrire la veille pour cause de digestion, et impossible d’écrire le matin pour cause de grosse route et de km, il faut partir.



Si J 13 fut le jour préféré de Manu, J 14 fut celui que nous avons détesté de concert. 450km : 10h de trajet. L’enfer. Autoroutes fermées pour cause de travaux, détours par milliers, attente d’un million d’années pour déjeuner, et pour conclure, pluie torrentielle sur les trois dernières heures. On a même high-fivé cette journée de merde.

Quand on arrive au Airbnb : porte close, il n’y a personne. Ah.
Le numéro de téléphone des proprio me renvoie à une compagnie de carte de crédit. Ah.
Et donc, il pleut.
Il est 20h, on a faim, je sonne, personne ne répond.
J’écris un mot sur un papier avec mon eyeliner pour dire qu’on va manger et qu’on revient après. Je suis trempée.

On a vu en arrivant dans Haiming un petit restau qui avait l’air encore ouvert (oui parce que c’est dimanche aussi). On entre, c’est quasi vide, mais on nous accueille avec tellement de gentillesse. On explique la situation, et le jeune patron du restau trouve le numéro de téléphone des gens chez qui on dort et les prévient qu’on est là.

Il nous traduit la carte de l’allemand à l’anglais. On sent qu’ils allaient bientôt fermer mais on nous sert un poulet frit délicieux avec une salade de patate. Je suis un peu déconcertée par les jeunes serveuses, qui sont habillées traditionnel-bavarois. Donc robe à décolletés qui écrabouillent les nichons. Des gros tatouages dépassent de leurs jupes, mais quand même, cet uniforme est…. Bbrrref.

On repart à notre Airbnb. Et pas des moindres. Comme on ne pouvait pas aller aux USA, j’ai trouvé en Allemagne, dans ce petit village de Haiming, un ranch. Avec un saloon. Un Wildwest Airbnb. Et y’a des chevaux ! Yipee ya yeah.

Une jeune fille nous accueille, nous amène au saloon, où son papa boit une bière avec un ami en terrasse. Il nous invite à le rejoindre. On va d’abord voir notre extraordinaire chambre. Tout y est, même le corset.

On retourne donc boire des coups au saloon, il met Johnny Cash en fond musical, il nous file des plaids pour qu’on ait pas froid. On se dépatouille avec de l’anglais, des bouts d’allemand. Il parle beaucoup de Napoléon et des gens célèbres qui sont venus dans son ranch. On n’ose pas demander pourquoi dans le saloon, il y a un drapeau confédéré accroché au plafond. Hum… Déco ? Conviction ? Ignorance ? Je crois que je préfère ne pas savoir. SURTOUT PAS.

On file se coucher dans notre cabane en bois au lit immense. Cette chambre est vraiment incroyable, en revanche, il faut marcher 2 minutes pour trouver les toilettes et il pleut. Nous ferons donc pipi derrière la cabane.
En cherchant une couverture de rab, je trouve un autre drapeau confédéré. On a cherché des cagoules blanches et pointues, mais on en a pas trouvé… Chelou quand même.

DODO.

Et toutes les photos sont là : https://chezsib.wordpress.com/2021/08/23/j-13-et-14-toutes-les-photos/

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