Quand le titre de l’article passe à la dizaine, le voyage se rapproche de la fin. Cette parenthèse en amoureux, si indispensable doit à un moment rebasculer dans la vraie vie. La vraie vie est bien aussi mais y’a plus d’impôts, trop de boulot, plus d’aller/retour, plus de gestion, plus de lessives, plus de nuits blanches, plus d’inquiétudes. Il est bon de pouvoir faire semblant que le seul truc important du jour ce soit de choisir si on va faire des courses dans un Plodine ou un Konzum. (Et pour Plodine, indéniablement, le jingle sera sur l’air du jeu Motus. PLO PLO PLODINE, TADATATA DADA TADATA TA DA DA. Chantez avec nous !)
À l’issue de la grillade de la veille nous avons décidé de prendre le ferry de 9h du matin. Il faut y être une heure avant. Je me réveille tranquillou à 4h30 du matin… Les nuits sont courtes quand même. Je laisse Manu dormir (il conduit, moi je fous rien) en écrivant la veille. Je range quelques trucs en silence, et je me fais un café mauvais. J’aime bien ranger le matin. Je fais ça quand je suis à Paris. Comme c’est toujours un peu la course entre Etampes et Paris, j’ai rarement le temps de m’occuper de l’appartement, et le soir, je suis souvent trop vide pour avoir l’énergie de me lancer. Alors au réveil, pendant que la Bialetti me prépare un café bon, je m’affaire, un peu téléguidée par la somnolence matinale. Et c’est la perspective du moindre effort en rentrant le soir.
Punaise, j’aurais dû commencer cette note par « Cher journal ». Pardon, mes considération ménagères ne sont pas passionnantes.
Donc bon bref, on se réveille à deux à un moment, on termine de boucler bagages, et au revoir Mljet (ça se dit Mliette je crois, un monsieur croate, celui tout nu de la plage jolie, nous a dit qu’il fallait prononcer toutes les lettres. What you read is what you say).
On embarque la voiture sur le ferry, on grimpe dans le vent du pont, mes cheveux font un bordel sans nom.
Un peu comme pour les tunnels, le concept du ferry de metal (rempli de voitures en metal et de genre qui viennent de petit-déjeuner) qui ne coule pas m’émerveille complètement. Mais le bateau ne me terrifie jamais. C’est un des endroits que je préfère. Un jour j’aimerai bien faire un boattrip.
J’imagine une réunion marketing avec le thème « Faire flotter des trucs » où le mec qui a inventé le radeau dit à ses potes que si ça flotte sur 1,50mn ça peut carrément flotter sur gigantesque. Dans cette réunion, il n’y aurait eu que moi pour dire « Dis donc Jean-José, t’es pas dingue, on va tous se noyer avec tes conneries ! » Heureusement que j’était à la réunion avocat-crevettes dans la salle à côté. Un franc succès d’ailleurs.
Le GPS nous refait des blagues à conséquences moins conséquentes que la fois précédente. On perd genre 8mn. Aujourd’hui, nous nous rendons à Sinj, un petite ville dans les terres. Il faut dire au revoir à la mer pour ces vacances. Onn repasse la frontière de la Bosnie dans l’autre sens, là encore, on ne nous demande rien sur le COVID. Mais nos papiers quand même. D’ailleurs, je n’en ai pas parlé, mais, le COVID ici semble ne pas exister. À part deux fois où à l’arrivée, nos hôtes ont mis des masques pour nous faire visiter, à part dans les supermarchés, zéro masque, nulle part.

Comme je n’ai pas beaucoup dormi, je sombre en micro siestes qui me semblent durer des plombes. Mais comme je culpabilise de laisser Manu tout seul, je sieste mal, et finalement 30 minutes.
On fait un stop au TOMMY. C’est le troisième supermarché qu’on trouve partout en Croatie. Coup de bol, il y a une Pekarna avec des bureks et d’autres trucs. Pour une fois, c’est bon dis donc. ils font les bureks au fromage en forme d’escargot. Il va falloir que j’essaye de faire ça. C’est cool à manger. C’est comme un pain aux raisins, mais au fromage : cool. OH ! Et le fromage ici, ça se dit SIR. J’aime bien. C’est élégant.

Arrivés à Sinj, on doit attendre un peu pour que le Airbnb soit ready. On gare la voiture, on marche un peu, et on s’installe sur la place où se trouve notre logement. C’est une grande place piétonne (du coup on prendra ce qu’il faut dans les valises pour ne pas tout trimballer dans les côtes) avec des tas de bars. Eau qui pique et un coca, et le fils de la famille vient nous chercher pour tout nous montrer.

L’immeuble date de 1800 et quelques. Les murs de pierre sont épais comme mes fesses, et gardent le frais (pas comme mes fesses). Tout a été refait, c’est de loin l’endroit le plus classe des vacances. Tout sent bon, la cuisine est jaune, il y a une machine à café. Le jeune homme et sa maman nous conseillent une konoba pour ce soir. Youpi. Une fois qu’ils sont partis, on décide de ne rien faire un peu. Pour voir comment c’est.
C’est bien mais c’est bizarre. Alors pendant la pause, je cherche quoi faire ensuite.
Il me semble que pas loin, il y a la source d’une grosse rivière qui se jette dans l’Adriatique, et que ça vaut le coup d’aller voir. Je GPS, on se dirige vers, sauf que j’ai mal cherché, et que finalement l’endroit voulu est à 40 bornes. RATÉ. On se retrouve près de la rivière mais voilà quoi.
Je n’aime pas capituler, je cherche ce qu’on pourrait aller voir de moins loin.
AH ! Il y a un truc fortifié en haut d’une petite montagne qui domine Sinj !!!
Il faut se garer près du cimetière, et grimper. En chemin, nous allons croiser Jésus. Des tas de Jésus. 14 en tout. Sur la promenade qui grimpe (ce n’est pas du tout un plat pays la Croatie), il y a donc cette installation, ce chemin de croix, avec toutes les étapes de la crucifixion.



Batman condamne Jésus 



Plusieurs sculpteurs se partagent ces différents moments clés. Et si certaines ne me rien du tout. Une en particulier est vraiment très très puissante. Le chagrin, la posture, la texture. Aucune crise de foi en vue hein. Mais cette sculpture, bon sang.
Nous continuons l’ascension, et en haut, il y a une petite église, et une vue à 360° qui méritait la grimpette sous le soleil.
Retour à la maison, glace et coup de frais avant d’aller diner. Je crois bien que je suis saoule de fatigue.
Dans la konoba où nous esperions découvrir de plats un peu typique, c’est finalement toujours un peu la même chose. C’est bon, mais zéro découverte. On a même mangé des crêpes en dessert (c’était le seul dessert).
Dodo.
Et toutes les photos sont là : https://chezsib.wordpress.com/2021/08/20/j-11-toutes-les-photos-2/






















