J 9 – Urbex (ouais, encore !) et Mljet

Nous quittons ce matin Rogovnika, et il semblerait qu’il y a un poil de route pour atteindre le ferry. Comme la Croatie, c’est un peu l’Urbex pour les nuls, je me dis que sur la route, il y a forcément un truc tout pété à visiter. Je cherche 3 minutes sur internet, et c’est trouvé. C’est à mi-chemin, et sans détour. C’est adjugé.
Les petits villages se succèdent sur le bord de route, avec son lot de maisons pas terminées, et ses stations balnéaires bondées. C’est incroyable tout ce monde.

Mais sinon, oui c’est beau.



On bifurque pour entrer dans l’une d’elle : Krvavica. Le bâtiment à visiter : The Children’s Maritime Health Resort of Military Insured Persons. C’était un genre de sanatorium pour enfants de militaires, l’ambiance devait être super.
Il a été construit au début des années 60. Comme l’hôtel précédent, il a servi de centre pour réfugiés pendant la guerre de 1991, avant d’être définitivement abandonné.

On se faisait la remarque hier en discutant du monsieur de la plage des tout nus, que les gens nos âges ont connu la guerre. Ils avaient 20 ans.

Exactement comme les lieux précédents, c’est en bord de plage. J’imagine que c’était prévu pour que les enfants respirent mieux.

Je jette un œil sur Google Earth quand on s’approche, c’est rond.

On se fraye un chemin parmi les vacanciers qui mangent des glaces, et on entre par la porte principale. Un grand hall, avec une rampe pour grimper à l’étage. Il y a une cour intérieur en extérieur. Ça donne un peu le tournis.


On se balade d’abord au RDC. Bien entendu, les murs sont recouverts de tags, mais pas seulement. Un artiste récurrent a signé pas mal de grands muraux. C’est plutôt beau. Quelques fenêtres ne sont pas encore brisées, mais la plupart font du raffut sous nos pieds. Je regrette un peu d’avoir oublié de mettre mes baskets. Je fais extra gaffe, sans rappel à l’ordre.

Il y a beaucoup de meubles en miettes, des télés, des panneaux de bois, et des tas de poubelles. Le RDC devait être dédié aux soins, aux salles d’activités, car on découvre les chambres à l’étage, avec les salles de bain incluses. Encore une fois, difficile de se projeter dans ce qui a pu être, quand tout est si détruit.

Je me demande si quand on remontera, en passant par les terres, nous trouverons des endroits abandonnés un peu plus préservés.
Ce qui donne le ton d’une visite, souvent, c’est le silence. Chaque bruit peut vouloir dire quelque chose. On reste à l’affut, d’un rat, d’une blatte, d’un anaconda ou de quelqu’un qui fait peur. Là, c’est très déconcertant parce que le bruit de la plage en fête couvre presque nos pas dans les débris. De enfants jouent, la mer fait des trucs maritimes, des crêpes tombent par terre, pendant que nous errons dans des couloirs en ruines.


Nous devons reprendre la route, car il en reste pas mal, de la route.

D’ailleurs, mes GPS font n’importe quoi, on part d’un côté, ensuite, Manu loupe une sortie parce que le GPS explique mal (pour de vrai hein, je sais plus lequel c’est qui annonce super mal les sorties) donc on roule presque une heure, pour se retrouver à….. Krvavica ! On a tourné en rond, c’est bien, ce n’est pas du tout agaçant.

Le GPS propose mille trajets mais globalement rien n’est rapide pour atteindre Prapratno. J’opte pour la route des plages, comme ça on pourra dire du mal de l’architecture et être horrifiés par le trop de monde en se demandant quoi manger. Il faut des bases solides pour passer des vacances équilibrées voyez-vous.

Alors on fait ça. Les paysages sont foufous, on grimpe des montagnes, parfois on les traverse grâce à des tunnels de plusieurs km (ça m’angoisse un peu, je ne comprends pas comment ça peut tenir. Quand je faisais des tunnels de sable pour faire passer des billes à la plage, le tunnel finissait toujours par s’effondrer. Ok, une montagne, c’est pas du sable, mais même. Ok, je ne suis pas ingénieure, mais même. Nous sommes des billes.)

Je n’avais pas fait attention que sur notre route, nous devions passer la frontière de Bosnie Herzégovine. J’avais mal regardé. Léger ralentissement. Là encore on ne nous demande rien, ni à l’entrée, ni à la sortie. (La BH coupe la Croatie en deux pour avoir un accès à l’Adriatique).

En chemin, on passe à Ston et on a un aperçu d’un château fortifié, et d’un genre de muraille qui grimpe sur la montagne. Ca grimpe rude. On voit depuis la voiture des gens escalader, et d’après les panneaux, des fous y font régulièrement un marathon. LA BONNE IDEE.

On doit embarquer sur le ferry de 17h00, et il est 15h. Ce n’est pas vraiment Calais. En bas d’une petite montagne, un unique café, deux files sur la route pour que les voitures attendent sous un soleil de plomb, et une mini baraque pour acheter des billets pour la traversée. Je bois un jus de pomme, Manu une bière. Il y a un vent doux qui fait du bien, on est à l’ombre, et le ferry va arriver.


La manœuvre est impressionnante. Ce gros machin de métal fait un genre de créneau sur l’eau. On remonte dans la voiture bouillante. (Lorette, toi qui m’a prêtée cette glacière électrique, si tu me lis, sache que chaque jour, quand je bois de l’eau encore fraîche, j’ai envie de te prendre dans mes bras).

Nous sommes arrivés quasi les premiers, alors nous roulons à bord en premier.

On grimpe à l’étage pour voir la mer, Manu, ma migraine et moi. Je somnole en plissant les yeux. Manu a des airs de loup de mer. L’eau est bleue sombre, je guette au loin en espérant voir un dauphin, on se rapproche de l’île de Mljet. C’est verdoyant et escarpé. Vu d’ici, très peu de plages, la montagne plonge directement dans les vagues tout autour de l’île.

Nous cherchons notre Airbnb. Manu peste un poil, c’est un peu comme conduire en Irlande, toute très très étroite, à double sens, sans murets mais avec du vide côté conducteur. On trouve notre hôte pour les deux prochaines nuits.

Tour au supermarché, hésitation sur le diner : acheter de quoi grignoter ou tenter un des deux restau de la petite ville du ferry. On se dite qu’on tentera la Konoba pas mal notée sur le web de l’internet.

On pousse jusqu’à une plage qui nous fait bof envie, petite, bondée, il est 18h30, je crois qu’on est fatigués.

Direction Sobra pour boire un verre et manger. On jette un œil à la carte, les tarifs sont insulaires… Je ne me plains pas, hein. On a une chance folle d’avoir pu partir en amoureux, mais les restrictions budgétaires peuvent parfois buter un peu le fun et l’enthousiasme. Les plats sont vraiment chers, surtout pour le pays et pour l’offre. Je suis sûre que c’est super mais en plus, les frais de banque à chaque retrait sont aberrants (15 euros), et les restaurants n’aiment pas être payés en CB. Brrref, on se contente donc d’une bière, et on va voir ce que donne le bar/pizza à côté de chez nous. Pizza à 52 kunas, soit moins de 7 euros !

C’est finalement un super plan, les pizza sont bonnes, il n’y a que des locaux. C’est très reposant.

On rentre faire dodo.

Le verre de gin comme verre à dent, c’est cool

Il y a plein d’autres photos là : https://chezsib.wordpress.com/2021/08/18/j-9-toutes-les-photos/

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