J 8 – Urbex, old friend and wounds

On se lève et j’ai un peu mal à la tête du vin blanc d’hier. Manu part en quête de petit déjeuner pendant que je raconte la journée d’hier.
Globalement, depuis les super gâteaux mille-feuilles-à-une-feuille du début, on n’est pas transcendé par les viennoiseries. Beaucoup de pâtes, un peu dense. Peu d’intérêt. Ce matin Manu m’a ramené un truc au fromage (trop de pâtes) et un genre chausson aux pommes, clairement inspiré du strüdel.

La journée peut commencer.Surtout avec ce fabuleux mug.

Il y a deux jours, j’ai reçu un message « Hey, on est en Croatie aussi, si jamais ça vous dit qu’on boive un verre ou qu’on déjeune ! » (je ne fais pas un copier-coller hein, c’est de mémoire). Alors ben ça alors, c’est un message d’un ancien camarade de classe (oui je parle comme ma grand-mère) du primaire/collège. Je pense qu’on ne n’est pas vu depuis 1992. J’ai tendance à exagérer les dates pour les figures de styles, mais là pour de vrai, ça devait être entre 90 et 92. 50km nous sépare en plus de ces quelques années, le rendez-vous est pris !

En y allant on s’arrête à un hôtel délabré qu’on a vu depuis notre spot de baignade d’hier. De plus, notre Capitaine de bateau d’un soir nous a un peu raconté son histoire (ou en tout cas, sa version). C’était un hôtel ultra moderne dans les années 70, le plus grand hôtel naturiste jamais construit. Il est à flanc de colline, face au coucher de soleil, et grâce à toutes les vitres de verre réfléchissant, ça donnait l’impression tous les soirs, que l’hôtel était en feu.

C’est l’hôtel Marina Lučica.

Exactement comme pour les deux hôtel précédents, l’accès est facile comme tout. Les gens passent côté pour aller à la plage, et se servent même de l’espace pour se garer à l’ombre.
Il n’est pas trop tard dans la matinée, il n’y a personne, nous partons en exploration.
C’est bien entendu dévasté. Il ne reste pas un interrupteur, pas un chiotte, pas un meuble. À part un peu de carrelage bleu dans les salles de bain, un papier peint rouge rose à carreaux sur quelques panneaux, il ne reste que des débris. C’est très difficile de se faire une idée de la tronche qu’il devait avoir.


Il reste des ébauches de plafond un peu funky. Mais c’est guère tout.

Ce coup-ci, quelques rambardes persistent, on peut monter et descendre en filoutant un peu. Tout en haut, ce qui devait être le restaurant, on trouve une gigantesque cuisine carrelée de « blanc ».

Le restaurant et sa vue
Les cuisines

On se fait quelque frayeurs en s’approchant des trous qui contenaient les ascenseurs. Il y a beaucoup de verre par terre, ça crisse quand on marche. La vue est si belle. Chaque chambre donne sur le petit mignon village de Primošten.
Des plantes poussent partout et refont la déco. Oh joie, oh surprise, je trouve même des cactus ! Je choppe un sac plastique qui traine, et je détache quelques oreilles pour les ramener dans mon jardin. Au passage, je me fourre environ 10 000 épines dans les doigts (il m’en reste encore au moins deux dans le pouce au moment où je tape). Mais ça valait le coup.

Les couloirs sont infinis. Et pour cause, en cherchant sur internet, je découvre ce soir qu’il y avait 700 chambres. De tout ça, il ne reste qu’une coque de béton un peu triste et fascinante. On ne trouve pas de piscine, peut-être que la proximité de la mer ne rendaient pas cette construction indispensable. C’est tout de même étrange. Même un coup d’oeil à Google Earth ne nous a pas aidé.

Dans beaucoup de chambres, il y a, à droite de là où devait se trouver le lit, des genres de tubes, structures de métal, qui devait contenir de l’électricité. Et oh TRIOMPHE heureux, je trouve le seul abat-jour encore accroché. Je suis contente. La joie ne tient pas à grand-chose. Une lampe pourri dans un hôtel foutu, et voi-là.

On grimpe, on contourne, on descend. On ne s’aventure pas au sous-sol, qui sert de décharge publique. D’ailleurs, sur le côté de l’hôtel, qui devait probablement être un des espace parking, il y a une montagne de détritus récents. C’est vraiment un beau gâchis ma bonne dame.

Il semblerait qu’avant d’être complètement pillé, l’hôtel a servi de camp de réfugiés pendant la guerre, entre 90 et 95.
Pour ressortir, Manu arrive en respirant très fort à grimper courageusement un escalier sans rambarde, courageusement je vais faire le tour parce que faut pas déconner.

J’ai trouvé très peu d’images de l’hôtel en état.

Nous nous remettons en route, vers un autre passé !

Jérôme et sa famille logent à Tribunj, on longe la côte, d’après le plan, la maison qu’ils ont loué est au bord de la mer.

C’est un peu étrange comme perspective de revoir quelqu’un après si longtemps, mais l’avantage, c’est qu’on aura forcément des trucs à se dire.

On arrive, on boit l’apéro, on échange sur ceux qu’on a connu à l’E.A.B (le nom de l’école), ceux qu’on voit encore (pour ma part, ça frôle le néant). Mais c’est rigolo, de faire ressurgir des noms du passé. On convient qu’on n’a jamais été proches, et comme moi, il a une mémoire floue, avec des bribes d’anecdotes. Leurs enfants sont HYPER mignons (et en plus, ils aiment les Créatures Fantastiques (coucou Marie si tu me lis !) (mais ce n’est pas pour ça qu’ils sont mignons hein). Sa femme formidable. On se raconte nos voyages, nos confinements. Cette petite parenthèse hors de notre bulle à deux est super. On se quitte heureux de cette bonne idée de se voir loin de la vraie vie.

Nous repartons vers nos contrées. Un peu de plage, et après nous avons une réservation pour diner.
Le spot d’hier nous semble approprié. Manu a eu une bonne idée. On va se garer près de l’hôtel foutu, et longer la plage à pied. Ça nous évitera la montée sous le soleil exactement. J’en profite pour refaire quelques photos. Je suis toujours à la traîne. Manu cavale devant. Notre spot est pris, on en trouve un autre biiiien mieux, même si un peu moins facile d’accès. On se baigne, je bouquine, Manu plonge. Et d’un coup, j’entends un vague splash suivi de grossiereté et d’un « aouch » (je ne suis pas sûre que Manu disent aouch, mais en tout cas, il s’est fait mal).

Il ressort de l’eau, il a glissé et saigne du bras, de la cuisse et même des fesses. Je mets juste une photo de son bras, sinon il va râler que j’ai mis ses fesses sur internet. Un monsieur qui est venu s’installer près de nous (ce gros relou) dit qu’il faut aller dans la mer pour cicatriser. Je me plonge dans mon bouquin pendant que Manu fait la causette avec ce type.

Sur le chemin du retour, je glisse sur cailloux coupant et je m’entaille le pied, il y a du sang dans ma Birkenstock (ça donne moins bien que « Il y a un serpent dans ma botte »)

Avant tout ça, je vous ai quand même une vidéo de l’eau, pour vous montrer que c’est pas de la déconnade ce que je raconte.

Home sweet home, puis diner. Hier soir, en partant du restaurant, on a réservé la spécialité (il fallait réservé la veille). Du poule grillé. On partage un carpaccio de thon en entrée (merveilleux) puis arrive le poulpe grillé sur un lit de patates. Je vous ai déjà parlé de mon amour pour les patates ? C’est un aliment merveilleux. ET EN PLUS, c’est marrant à dire, c’est une insulte très modérée, et c’est comme ça que j’appelle mon meilleur copain. Patate = amour. C’est tout.

J’ai fait bien sûr des tas d’autres photos aujourd’hui, elles sont là : https://chezsib.wordpress.com/2021/08/17/j-8-toutes-les-photos-2/

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