C’est le départ de Pag. On file au petit déjeuner sans se laisser avoir du pain au pâté de foie. On attend gentiment notre assiette et revoilà les grosses saucisses ! (C’est pas fou, mais ça cale) et j’ai pensé à demandé une grande tasse pour mon café _o/

Nous quittons l’île lunaire pour une nouvelle petite ville : Rogoznika. C’est au bord de la mer. (comme on longe la côte pour descendre, de facto, tout est au bord de la mer). C’est le 15 août et dimanche. On a prévu notre pique nique de route, du speck, du fromage, du pain, et un genre de Philadelphia local. Il y a une chaîne de supermarché ici qui s’appelle Plodine. Et à chaque fois qu’on en croise un, on invente un nouveau jingle en parodiant un qu’on connaît déjà. Plo-plo-plo-dine padata ta da taa, pa da ta ta da da. (vous l’avez ?). Je pense qu’on a bientôt un album.
J’ai farfouillé hier pour trouver une balade en bateau. J’aime être dans l’eau, mais au moins tout autant, si ce n’est plus, être dessus. C’est réservé pour lundi soir ! Airbnb propose des « activités » proposées par des locaux, hors agence. Je me suis dit que ça valait le coup de tenter. La balade était donc validée, mais, tristesse et damnation, je reçois un message du monsieur qui me dit que demain lundi, il va y avoir le vent Jugo, un vent sud-est pas sympa et est-ce qu’on peut décaler au mardi. Beh non, parce qu’on sera reparti. Alors il propose ce soir même ! Et là, c’est la joie.
On arrive à notre appartement pour les deux prochains jours.
Je n’ai pas encore parlé de l’architecture ici. A part quelques petites maisons anciennes et en pierre, tout est récemment sorti de terre, et ce n’est pas hyper heureux. Il y a beaucoup de maison inachevées. Après avoir regardé les salaires moyens du pays (400 euros pour un.e caissièr.e, 250 euros salaire minimum… ouch), on tient probablement une explication. On a traversé des villages entiers de maison à l’abandon.

Pause pique nique juste après un pont, la mer est folle de beauté. Manu a dit « La bleutitude ! », au moment où je disais « La turquoiseté ! ». Ca sera donc la bleutitude de la turquoiseté. L’eau est si limpide ici si transparente. L’Adriatique, t’es super.
Après avoir posé nos affaires, on file trouver une plage pour être tranquille. On suit ce petit rigolo de GPS. On se gare sur un espace de sable et de cailloux parce qu’on ose pas s’aventurer trop loin avec la voiture. Il y a 1 petit km pour atteindre la mer. Réalistes, on se dit que c’est bon pour ce qu’on a (du gras).
C’était sans compter que la route grimpe et qu’il fait 34 degrés, et qu’il n’y a pas d’ombre. Distance ressentie : 127km.


On longe un petit chemin, on trouve un coin dans les rochers, je coince mon parasol arc-en-ciel. On se baigne en faisant gaffe aux oursins.
L’heure tourne, et c’est bientôt 18h, la balade en bateau.
Sous un soleil de plomb, on retourne à la voiture. Je fais de l’ombre avec le parasol sur les coups de soleil de Manu, mais punaise, ça grimpe aussi dans ce sens là, et on fait pas trop les marioles.
On arrive à la voiture, et là, horreur et damnation, Manu prononce la phrase « J’ai oublié mes lunettes sur un rocher. »
AAAAAAAAH.
Bon, on a croisé des voitures sur le chemin merdique qui monte et qui descend, alors banco, on refait le trajet, mais on ne peut pas aller jusqu’au bout. Alors comme je l’aime et que surtout il n’y a que lui qui peut déplacer la voiture au cas où, je refais les 450m pour retrouver ses binocles.

La remontée est rude, la voiture se coince dans un nid de poule. La tension dans l’habitacle est grande. Les pneus patinent, le dessous de la voiture racle, ça sent bizarre, ça craint.
Manu fait une marche arrière, la voiture se laisse glisser dans la descente, et il arrive nous extirper de ce bordel. De retour au parking initial, on inspecte tout, je m’allonge par terre pour regarder sous la voiture, tout semble en ordre et rien ne fuit. Pfiou. On s’inquiète pour le reste de la journée si, grands mécanos que nous sommes, nous n’aurions pas loupé une panne à venir.
Go go du bateau. On retrouve le monsieur, Jure, devant un des bars du port. Un grand type aux dents usées par le tabac, maigrichon avec une marinière. Il nous présente Antonio, le skipper. Un mec en polo, bien plus costaud, qui ne parle pas anglais mais qui sourit franc.

Le bateau, c’est ancien petit bateau en bois, on embarque. Jure annonce la balade, on va passer voir une petite cave, on peut se baigner si on veut, et on va pêcher. Il a vieil air de punk à chien sans chien. Il nous raconte des tas de trucs par dessus le bruit moteur qui fait un raffut du diable. Je vais le répéter souvent, mais la mer, la mer ! Elle est si belle. Jure nous parle de sa famille, qui a toujours vécu ici, lui a été Zagreb un temps, mais il est rervenu pour être près de chez ses parents. Il reste évasif quand il évoque son fils de 6 ans, il joue de la basse, il est un poil complotiste aussi. Par exemple, il fume, mais c’est de la propagande pourrie qui dit qu’on peut mourir d’un cancer à cause de la clope. Ou alors, on accuse la pêche massive de vider les océans, mais c’est n’importe quoi parce que quand même, la mer, c’est grand. Par contre, oui, le massacre des requins pour leurs ailerons, ça bute l’équilibre, ça c’est sûr. En vrai, c’est chouette hein 😀
On arrive vers l’île à la caverne. Et le long, un catamaran luxueux est échoué merdiquement par l’avant sur les cailloux. Les coques sont toutes les deux abîmées, ça se voit. A l’arrière, des russes avec femmes et enfants boivent des coups, super détendus. Jure et Antonio demandent si y’a besoin d’aide. L’un d’entre eux, rigolards dit que non, tout va bien. Huhu, bah ok.
C’est visiblement l’évènement du siècle, Antonio et Jure appellent des tas de gens, dont je pense une autorité portuaire pour voir si il faut faire quelque chose. On voit une grosse bête du coin de l’oeil, impossible de savoir si c’est une baleine ou un dauphin, mais ça a fait pshit.
La caverne n’estpas gigantesque, mais l’accoustique est folle. Une fois le moteur coupé, c’est une caisse de résonance étrange. On peut voir des oursins partout. On se gare devant, et on se baigne là. Jure se baigne avec nous, et Antonio fait un tour avec son masque et son harpon, pour chasser du poisson. Bredouille Antonio. On repart, je vois un dauphin qui saute au loin ! Un vrai saut de dauphin, comme sur les tatouages de dauphins ! Wouhou !!
Le soleil commence à descendre, Jure nous raconte les vigne qui poussent dans le sable et les cailloux, et qu’il faut boire le vin, le Babić.

On rentre tranquillement vers le port, le coucher de soleil qui donne une couleur orangée aux vaguelettes m’émeut complètement. On croise la catamaran de russes bourrés escorté par un bateau officiel. Au moins, ils n’ont pas coulé.

Jure nous montre un petit restau où on mange délicieux. J’en ai même oublié de prendre en photo la suite des plats tellement nous étions emballés.

Retour maison, une dernière bière sous la lune. C’était très bien cette journée.


Toutes les photos : https://chezsib.wordpress.com/2021/08/16/j-7-toutes-les-photos-2/







