J 6 – Pag et vadrouilles

C’est le matin, on se lève vraiment tôt sans alibi du décalage horaire. Mais en général à 6h30 on est debout. Oh vieillesse ennemie, toi déjà ?

Nous descendons vers 7h30 pour le petit déjeuner, mais ça ne commence qu’à 8h. Manu attend en bas, je remonte écrire un peu, et trier les photos de la veille.
Je demande un café, j’oublie qu’on n’est pas à la maison où aux USA, et la gentille jeune fille me ramène un genre de ristretto de 1cm de haut dans une petite tasse. J’ai demandé de l’eau pour rallonger. Elle nous donne du pain, beurre confiture, miel et pâté de foie. Manu choisit le miel, j’opte pour le pâté de foie en barquette à languette. C’est à la hauteur de l’emballage, mais je n’aime pas trop le sucré, donc ça ira bien comme ça. C’était sans prévoir qu’une suite arriverait 5 minutes plus tard. Une omelette, deux gigantesques saucisses et des tranches de tomate concombre. Quelle folie.

Il faut décider de ce qu’on fait de nous pour la journée. On doit faire le constat qu’on est nuls en farniente. En voiture Simone, allons voir le reste de l’île. Pag est tout en longueur, je trouve une plage FKK (soit, gens tounus) à l’autre bout parce que c’est plus marrant. On fait un stop à la ville de Pag sur l’île de Pag. Ça grouille de gens, on se sauve sans même se garer.

On tombe quand même sur un hôtel abandonné et très pourri. Comme le palace en bord de mer, avec des gens qui nagent juste en dessous. On fait un tour, je prends quelques photos. ACAB est de retour, Satan aussi. La bonne ambiance. La ville est pourtant ultra touristique, c’est vraiment étonnant, cet espace au bord de l’effondrement.
On repart, la mer nous attend.

La route est vraiment belle, on croise des tas de stands de fromage, car le formage de Pag est réputé, c’est un brebis, à pâte dure à priori, on n’a pas encore testé. À certains endroits, le paysage est moins lunaire, il y a un peu plus de verdure, mais le murs de cailloux sont partout. Je me demande comment et quand ça s’est construit. Parce que là il fait 35 degrés à 10h du matin, j’ai bof envie de faire des piles de pierres.

Arrivés au bout de l’île, la plage est censée se trouver derrière un petit village mignon comme tout, mais on ne trouve pas le chemin. Manu demande, la dame du café restaurant n’en a jamais entendu parler. Damn you, internet !
Mais elle nous indique un autre petit chemin côtier, une enfilade de petites plages de galets où visiblement on peut bien faire ce qu’on veut avec nos slips.

MAIS. Je suis relou. Si c’est ok cadré, officiel avec des panneaux, des banderoles, un permis, ça vaaaaa. Autant, au pifomètre, j’ai moyen envie de montrer mes fesses. Je me dis que tout le monde n’a pas envie de les voir.
Donc je râle. Manu fait l’inventaire des gens « Là ils sont tout nus » « Là ils ont des des habits, mais eux, ils sont tout nus ». Je groumpf. On trouve une petite plage, et j’oblige Manu a mettre son maillot. Il râle que ça serre et que c’est nul. De l’autre côté du rocher où on est installé, il y a une mère et sa fille, en maillots. Je pérore. « AH TU VOIS ! ».
Et quelques minutes plus tard, le patriarche de la famille arrive de je ne sais où, et enlève son slip. (…) Suivi de près par la maman. Manu triomphe en silence. Je fais comme si j’avais gagné en disant un truc genre « J’men fous. »
Après un peu plus loin, y’a un monsieur en bateau à poil qui fait du snorkeling. Bon ok ok… Les gens tout nus ont triomphé. En vrai on est super bien installé, sous notre parasol très beau, dans un petit coin de plage d’une toute petite plage, planqués de tous. L’eau est transparente, c’est pratique parce qu’on voit bien les oursins au fond.
On n’a qu’une paire de godasses en plastique, alors on se les lance pour rentrer dans l’eau à tour de rôle. Je continue mon livre tragiquement angoissant, et après quelques 10 baignades, on plie les gaules.

Stop au supermarché. Demain c’est dimanche et c’est le 15 aout, on choppe de quoi faire des sandwich. Mine de rien, on fait de sacré économies à manger pour 4/6 euros le midi.

On trouve aussi un change pour transformer en Kuna nos derniers euros de la brocante du mois de juin. Ah oui, la monnaie en Croatie, c’est donc le Kuna. 1 kuna = 0,31 centimes d’euros.

Retour à la chambre et prospection de lieu de diner. J’ai lu partout qu’il faut aller dans les Konoba (tavernes) pour manger bien. Parce qu’il faut bien que jusque là, ça n’a pas été foufou du repas. Difficile de s’extirper des trucs à touristes qui proposent toujours la même chose. Spaghetti, risotto, pizza, et grill. J’ai pourtant potassé mon sujet, mais nulle part on ne trouve de plats typiques à découvrir.

Adjugé, 8km, j’ai trouvé une adresse.

On tourne sur une petite route de terre. Dehors, des tables en bois, on entend de la musique, et des gens qui chantent. Qui chantent FORT avec tellement d’enthousiasme. Je ne sais pas comment on dit tourner les serviettes en croate, mais vous voyez l’idée. Ça a l’air super.

Une dame nous accueille avec un sourire franc. (Oui parce que je n’en ai pas encore parlé, mais on essuie de la malamabilité assez souvent…) Elle s’excuse presque du bordel ambiant, mais on dit que la fête c’est super et qu’on est très content d’être là.
Elle nous propose du vin qu’ils fabriquent : banco. Pas de menu, elle nous dit qu’il y a de l’agneau à la broche : banco. L’agneau de pré salé, c’est une spécialité de l’île. Elle nous demande si on veut autre chose, une salade de tomate concombre ? On demande s’il y a autre chose, et elle nous dit que non, alors BANCO LA SALADE DE TOMATES CONCOMBRES.

Elle nous amène une carafe de vin blanc, puis la salade. Sans déconner, je pense que ce sont les meilleures tomates que j’ai mangé de ma vie entière. FOU. Puis elle arrive avec un plateau géant avec de l’agneau et, oh joie, des patates. J’aime les patates. C’est une passion, un amour pas secret. Et pourtant, j’en ai tellement mangé quand j’étais petite, je ne me suis jamais lassée. (Oui, car tous les midis, chez ma grand-mère chez qui on vivait petites avec Margaux ma soeur, le midi, c’était des patates, et du jambon. À ce jour, Margaux ne peut plus manger de jambon tellement on en a ingurgité. Les patates, c’était sous toutes leurs formes. Purée, bouillies, sautées, noisettes… Aaah, les patates.)
On attaque : c’est si bon. La viande est parfaite, les patates sont folles, elles sont cuites dans le jus de l’agneau. On écoute la fête en se régalant.
Pour voir ce qu’y s’y passe, on va quand même faire un tour aux toilettes à l’intérieur. Deux familles, un micro, une sono à fond, des enfants qui dansent. Un samedi soir.


Pour finir, elle nous propose du shnaps, à la cerise, sucré. Moi j’aime bien, Manu bof, alors je finis son godet.
On repart se coucher, guillerets, et comme il est presque 22h, on s’endort comme des gros fêtards que nous sommes.

Pour voir toutes les photos du jour : https://chezsib.wordpress.com/2021/08/15/j-6-toutes-les-photos-2/

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