Nous disons au revoir à Rovinj et à notre petite caverne. Il est tôt, c’est bien.
Aujourd’hui, nous n’avons pas tant de route, 250km et un poil. Nous allons sur l’île de Krk. J’ai choisi cet endroit parce que nous avons un ami super qui s’appelle Krouk, et qui a eu un groupe qui s’appellait Krk, alors en planifiant le voyage, j’ai dit banco.
Oui, ça tient à peu de choses les décisions. Mais ça me réjouit, à chaque panneau, on pense lui.
En chemin, il faut petit déjeuner quand même. Alors on fait un court stop dans un petit marché qui fait aussi bakery, et je choppe un burek. J’en fais des fois selon la recette arménienne de la famille du papa des filles, mais là, ce n’est pas tout à fait pareil. C’est entre la banitsa et le burek. Je pense que c’est de la pâte filo, avec un fromage, genre feta, mais en gratin. C’est super comme petit déj. Vous devriez essayer.

Le route est montagnée, oui, un peu comme Gilbert, mais en plus vert. Il y a des tas de lacets, de ralentissements et des zinzins qui roulent à toute berzingue. On s’arrête une ou deux fois, quand il y a un espace qui le permet pour qu’on puisse regarder le paysage-comme-il-est-joli. Je n’ai pas fait beaucoup de photo, parce que ça ne rend rien en photo, un peu comme les couchers de soleil, les arc-en-ciel, ou la pluie.
Les vignes et les oliviers défilent.

Pour accéder à l’île, c’est assez facile, il y a un pont. C’est bien les ponts. En plus, il est gratuit là. On traverse le bout de mer pour se rendre à Vrbnik (je crois qu’on prononce Veurbnik, mais c’est à vérifier). Après le pont de Krk (à prononcer comme vous pouvez), il reste une trentaine de km pour arriver à Vrbnik. Sur la route, toujours plus de vignes. Mais pendant un furtif instant, je vois des petites biches (faons ?) qui cavalent au milieu du raisin et des oliviers, c’est aussi magique que bref.
Vrbnik (oui c’est pas facile à dire hein) est bien jolie et surtout plus petite et moins bondée. Il y a des hauteurs, un port, on dirait le sud avec le linge étendu sur la terrasse, et tout le bordel.

Nous prenons possession de nos appartements après avoir mangé un bout dans un petit restau. Notre réservation booking est une petite maison, en haut d’un escalier, dans une cour. Trois étage, une pièce par niveau, c’est mignon comme tout. Et en plus, on a une cuisine ! Ce soir, c’est décidé, on se fait à manger. Mais d’abord, direction la mer !
On a bien senti que les plages du coin allaient être blindées (confirmé par notre hôte), alors nous optons pour le camp naturiste à 30 minutes de route. Oui, avec des gens tout nus, sans vêtements.
Pour y accéder quand on n’est pas membre (haha) du camping, il faut payer pour se garer et profiter de la plage. Au diable l’avarice, après tout, on va faire des économies de maillots de bain.

Ma réticence était conséquente il y a quelques années. Et puis un jour, par exemple, aujourd’hui, j’en a plus rien à secouer (n’allez pas imaginer une scène d’ébrouage sur la plage hein). Il y a des gens, des jeunes, des vieux, des fermes, des mous. Si il y a bien un endroit où le terme body positive prend tout son sens, c’est là. Parce que ok, j’ai fait des progrès du « ça vaaaa, je peux me baigner à poil », je ne suis si zen. Mais ces gens sont beaux d’être autant en paix avec tout ce qui les compose. Je suis un tout petit peu jalouse. Et je me demande comment réparer ces blessures de chaque matin quand je me regarde et que plus rien ne me convient.
Notons que pendant le séjour en Bretagne, ma grand-mère m’a dit : « Tu es mince comme une libellule ! » J’ai protesté un peu « Oh bah non, j’ai grossi, tu sais. » Et elle m’a dit « C’est que tu te regardes trop ! ». Elle est super ma grand-mère.
Revenons-en à nos capitons frétillants. La mer est BELLE. L’eau est transparente, il y a des petits poissons pas farouches du tout qui viennent nageouiller pas loin. Il fait vraiment chaud et on n’a pas de parasol. Je fais des tas d’A/R entre ma serviette et l’eau, pour lire un peu et me rafraichir ensuite. Je finis par trouver un compromis : je vais lire dans l’eau. Expérience formidable. Le léger courant me berce, parfois une page est éclaboussée, j’ai frais, c’est parfait.
Après avoir rentabilisé notre place de parking, nous rentrons à Vrbnik, avec un escale au supermarché pour choper le diner de ce soir, ainsi qu’un parasol, parce que 7 euros, si on peut éviter de brûler vif, ça nous paraît malin.

On s’arrête acheter du miel sur la route (c’est un peu comme le vin et l’huile d’olive, il y en a partout), et après une douche et une petite balade dans la ville (4km, c’est moins qu’hier, mais ça grimpe), on rentre et Manu fait le diner. Au passage on est passé dans un truc touristique à souhait, où ils vendent des truffes (plus cher qu’au supermarché), de l’huile d’olive, du miel et DU GIN ! DU GIN DE L’ÎLE de KRK ! Le monsieur nous fait goûter, et c’est bon dis donc. Après, il nous fait goûter, attention la bouche : du gin aux truffes. Alors pardon, mais c’est n’importe quoi. L’idée est bien. Mais quand même. On ne peut pas mélanger tous les trucs délicieux et croire que ça sera forcément doublement délicieux. Bon en même temps, on fait bien de l’avocat crevette. Je pourrais ptêt me lancer dans le gin avocat-crevette…
Pour le vrai diner, on a pris des pâtes fraîches, et un pesto aux truffes. Oui madame. C’est la mode. On mange sur la petite terrasse de devant notre maison d’un jour, et ce, à l’ombre de la vigne vierge qui croule sous le raisin (immangeable, j’ai dû vérifier avant de faire n’importe quoi pour le dessert.)
Pour conclure paisiblement, nous avons entamé un livre dont vous êtes le héros, et on a fait plein de bagarre.
Pour voir toutes les photos, c’est par ici : https://chezsib.wordpress.com/2021/08/13/j-4-toutes-les-photos-2/







