C’est le matin, on range nos affaires, et Manu croise notre hôte, qui, figurez-vous, fut un champion de hockey dans les années 70 et par la suite, entraineur de l’équipe de Slovénie. Les formalités de au revoir faites, on rembarque dans le bolide, direction la Croatie.
Pour y aller, nous devons traverser la Slovénie, du Nord au Sud. On écoute une vidéo des rudiments du slovène pour pouvoir être à minima polis. Manu répète en boucle MERCI (hvla) et BONJOUR (dobro jutro). Manque de bol, nous quittons le pays avant même que Manu n’ait pu partager sa divine prononciation. Il était triste. Je cite : « Moi qui étais presque bilingue… ».

Avant d’arriver en Croatie, on fait un bout d’autoroute, pour bifurquer vers un petit village de montagne. On entend les cigales (ou alors des tas de serpents qui sifflent sur nos têtes). Il y a des vignes, tout est très très vert. Les arbres se serrent les uns contre les autres et nous donnes chaud. Oui parce que soudainement, on a chaud.
Le village s’appelle Hrastovlje (c’est indéniablement compliqué à prononcer et « T’habites Hrastovlje », ce n’est pas drôle du tout). Il y a quelques maisons, une auberge, des vignes, et cette église fortifiée assez dingue. Des remparts, et l’église au milieu. Et il est midi. Les cloches sonnent pile quand on s’approche. Et pas qu’un peu :
À l’intérieur, un monsieur fait une visite (ou alors il parle tout seul), il annonce 10 minutes pour la prochaine visite avec un air un poil autoritaire, nous battons en retraite. Mais cultivons-nous un peu : c’était l’église de la sainte trinité. (vous pouvez cliquer).
À part nous, un couple erre, il n’y a pas foule et c’est très bien.

En voiture Simone, demi tour, direction Motovun. Dans mes recherches, j’ai vu que Motovun était un petit village perché en haut d’une montagne, il parait que c’est très jolie c’est au nord centre de l’Istrie.
Avant d’arriver en Croatie, on s’arrête dans un microscopique supermarché pour tenter de trouver un truc à manger. Coup de bol, ils ont du pain, payable au poids et à la coupe, idem pour le fromage et la charcuterie, résultat, 4,27 euros plus tard, nous voilà partis avec deux sandwichs bon.
C’est la frontière ! Pour la première fois, on nous demande papiers d’identité et certificat de COVID, le tout, fort malaimablement. (note : le reste de l’Europe est une vraie passoire). On s’arrête un peu plus loin, le long de la route pour manger nos sandwichs.
Donc, comme je disais, direction Motovun.
Quand on s’approche, on la voit depuis les routes de montagne. Arrivée en bas, on entame la grimpette. La consommation d’essence de la voiture fait un bond très conséquent. Aux portes de la ville, c’est un peu notre enfer vacancier qui s’étale devant nos yeux. Oui ça a l’air très joli, mais il y a mille monde au m2. Il faut se garer, payer un parking, il y a des navettes, impossible de savoir la marche à suivre. Onn se regarde, on hésite, mais pas longtemps. Notre conclusion est que hors saison, ça doit être super mais qu’aujourd’hui, en digestion de sandwich, ça ne va pas être possible. Demi tour. On se plante de route, donc on redescend la montagne, avant de devoir la regrimper pour prendre la route qui passe de l’autre côté. Haha, on a rit.


Ce soir, on dort à Rovinj. C’est une petite ville le long de la mer. J’ai trouvé un Airbnb un peu excentré qu’on a même un peu de mal à trouver. C’est vieillot et tout à fait charmant. On a un logement pour nous tout seul, avec une terrasse bordée de roche. La mer n’est pas loin à pied, genre 700 m. Banco, allons ploufer.
La plage, ce sont des cailloux surtout, mais la mer est bonne, merci l’Adriatique ! Après une entrée hésitante et maladroite et surtout un poil ridicule, on barbote un moment avant de sécher sur l’herbe. En face de nous, on vois Rovinj. Un grand clocher dépasse, ça a l’air de grimper. J’en lis un peu plus sur la ville. « Perle de l’Istrie », « Venise miniature ». Adjugé, allons voir cette merveille.
Mais allons y en voiture. C’est la même saucisse que pour Motovun. Parking payant à l’entrée de la ville et des milliers de personne. Mais bon, flûte, ça a effectivement l’air très beau.
On se fraie un chemin dans la foule. Un petit marché à touristes amorce la balade. On goûte quand même un pesto aux truffes (ou devrais je dire : on nous fourre des petites cuillère en plastique dans la bouche) et c’est délicieux fou. J’ai envie d’acheter le stand. Le goût de la truffe reste. C’est un bonus pour la balade.
Par terre, des pavés très clairs et lisses. Ça doit être sacrément casse gueule quand il pleut. Les rues sont étroites, montent et descendent. Les restau se bousculent et les ateliers d’arts sont légions. Je regarde le linge qui sèche aux fenêtres et je me dis que ça doit être étrange d’habiter là où tout est pris d’assaut par les amateurs de selfie.
J’ai parfois honte de prendre ci ou ça en photo. Un vol d’intimité pour la joie du cliché. Et surtout, les gens ne profitent de rien, ils posent, quelqu’un appuie sur le déclencheur, et direction la prochaine photo. On escalade jusqu’à l’église. J’hésite à rentrer, mais un panneau indiquant qu’il faut avoir les bras couverts me fait reculer. (un peu comme l’ail et les vampires). Et pourtant, quand je regarde les gens qui vont et viennent, ils sont tous à poil-rien-à-foutre. #soupir.
Mais oui, Rovinj est belle. C’est l’Italie en condensé. On trouve un bar avec de la musique formidable pour boire un verre. En revanche, une fois nos Sprtiz avalés, pour trouver à manger, c’est une autre affaire. On tente un endroit qui fait un genre de fish and chips chic et pas cher, mais il y a plein d’attente, Manu prend une petite table, je pensais qu’il fallait être placé, bref, malentendu, et on finit par capituler, agacés. Les aléas du direct.
On a quand même marché pas loin de 8km. Ça compense un peu les heures de voitures.

On rentre se coucher avec le chat de la voisine qui miaule, et même si je ne parle pas croate, je pense qu’il veut des croquettes.

Pour voir toutes les photos, c’est là : https://chezsib.wordpress.com/2021/08/12/j-3-toutes-les-photos-2/








