Une balade secrète – Urbex facile

On peut sortir de chez nous et ça fait un moment que je demande autour de moi s’il y a des endroit un peu curieux, un peu abandonnés, un peu cassés, un peu comme nous, dans les environs.
Parce que jusqu’à présent, mes photos de lieux abandonnés, c’était grâce un détour sur une carte, une traversée de ville abandonnée aux États Unis d’Amérique… (pardon, ça fait snob dit comme ça :/ ).

L’été dernier, Manu m’avait emmené dans un bout de forêt, et on était tombé sur des drôles de cabanes, dénuées d’occupants. C’était très mystérieux.
Un jour, si j’ai le courage, je raconterai mais j’ai une mémoire de tanche, je ne me souviens plus très bien. Mais pour faire court montrer quelques images, au milieu d’une forêt, il y a des cabanes, des caravanes à l’abandon. Impossible pour la plupart de savoir comment c’est arrivé là. Il n’y a pas vraiment de route, et on a croisé aucun pick-up. C’est un décor idéal de film qui fait peur.
La forêt fait aussi un peu décharge sauvage, et c’est super déprimant. Toit en amiante, bouts de voitures, clairement amenés là exprès. On a visité quelques cabanes, pour certaines, super bien aménagées. impossible de savoir si c’est encore utilisé. On a quand même croisé quelques portails (???) fermés à clé. (je découvre la fonction diaporama de WordPress, vous pouvez faire défiler les photos).



Mais retour à maintenant.
Il se trouve que dans nos copains, il y en a un qui travaille dans un endroit pas du tout abandonné, et j’ai demandé si je pouvais visiter.
Alors dit comme ça, le niveau d’excitation fait une belle chute, mais wait for it.
C’est un lieu de visite et de tourisme, MAIS qui est en rénovation. Parce qu’à certains endroits, c’est tout pété, et vieux, et magnifique.

J’ai embarqué mes trois petits argentiques du moment.
Mon LCA +, mon Olympus XA 2 +, Minox 35 GT. Je vais point and shooter dans la joie.


C’est l’occasion de les tester en situation pour voir lequel (lesquels ?) j’emmène avec moi cet été. (Vous avez vu comme j’essaye de croire encore que mes billets d’avion pour le Texas ne sont pas bons à jeter au feu ?)
Je n’ai pas encore développé mes pellicules, mais j’ai pris des photos à la sauvette avec mon téléphone photographique.

On se retrouve le matin pas très tôt dans le parc du *********. On passe par la porte d’entrée, et on bifurque assez vite vers un passage mystérieux « interdit au public ». Bisque bisque rage les touristes.
L’expression « deux salles, deux ambiances » pourrait presque s’appliquer, sauf que pour être exacte, il faudrait dire « trois niveaux, trois ambiances ».

On a grimpé des escaliers vieux très vieux et bizarrement conçus. D’ailleurs, des tas de poutres en bois ont été rajoutées pour éviter que ça ne tombe. Des épaisseurs de murs ont été enlevées. Parfois il reste des extraits de tapisseries, un trumeau, un bout de cheminée, ou un bidet peu reluisant.


Les bidets, ça me fait penser à ma grand-maman. Il y en avait un dans l’appartement où on vivait. Et j’ai longtemps cru que ça servait à faire tremper des chaussettes ou à prendre trop de place dans une salle de bain. C’est bien plus tard, sans en avoir profité que j’ai découvert à quoi ça servait. Le chagrin.
Enfin là, tout de suite, pendant cette expédition, ce n’était pas le moment de réparer les regrets passés.

Arrivés à un étage, mon camarade guide me dit « Là, on est au niveau où ça craint. C’est du contreplaqué posé sur les poutres que tu as vu l’étage du dessous. Faut y aller doucement et tenter de viser les poutres pour marcher, y’a 6 mètre en dessous, et si tu tu tombes, tu seras comme un accordéon mourant, et en plus je me ferais engueuler, surtout qu’en dessous du dessous, ce sont les flammes de l’enfer, alors même si le vide t’aspire, tu te débrouilles pour pas te faire mal parce que j’ai détesté Cliffhanger avec Sylvester Stallone. » Non, il a pas dit ça du tout, sauf pour les poutres, et les 6 mètres.
J’ai déjà dû le dire à ceux qui lisent parfois ici, mais j’ai le vertige. Je progresse mais c’est ridicule. Là par exemple, à la seconde où il a dit « 6 mètres », je me suis sentie tomber. J’ai senti mes aisselles s’humidifier. Du coup, instinct de survie minable, j’ai posé ma main sur les murs, pour m »assurer. Oui parce que si le plancher se brise sous le poids de mon cul, je pense que les murs lisses seront le soutien idéal à ma chute.


J’ai tremblé en riant jusqu’à ce qu’on arrive sur une terre plus ferme et bien plus solide.
Un peu loin, un autre escalier. On avait eu des indices que les lieux étaient habités. Nous avions d’ailleurs croisé un cadavre en plein milieu d’un couloir. Et en écrivant ces lignes, je revis la sensation de la poussière de chiure de pigeons sur ma langue et mon palais. L’escalier crisse sous nos pieds, c’est comme une forêt près d’un festival de musique. Les animaux savent se venger.


Mon camarade prévoyant et connaisseur s’était équipé d’un masque, moi non. Alors que pourtant, c’est tellement dans l’air du temps. Là haut, c’est la volière en bordel. Les bestioles ne sont pas ravies de notre visite. Je tente des photos, on verra ce que ça donne. Passion contre-jour.



On est monté, et redescendu. Comme tous les lieux en miette, on imagine les splendeurs passées. J’ai passé mon temps à dire que tout était super, parce que tout était super. On a même trouvé un vieux Playboy dans un grenier (oui, avec de la merde de pigeon partout, drôle d’endroit pour se palucher).

Le playboy au sol


J’ai hâte de voir les pelloches, mais en attendant, la fin des quelques photos de téléphone.

Voilà, c’est tout. Merci Mr G. de m’avoir emmenée, c’était bien mieux qu’Eurodisney.

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